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Endocrinologie et diabétologie · Maladie auto-immune

On vient de vous parler de diabète de type 1 : comprendre, et apprendre à vivre avec

Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · Validation médicale en cours

On vient de vous dire, ou de dire à votre enfant, qu'il s'agit d'un diabète de type 1. C'est une maladie auto-immune : les défenses de l'organisme ont détruit les cellules qui fabriquent l'insuline. Personne n'y est pour rien, et surtout pas votre alimentation. Cette fiche traite le mécanisme, les examens, l'insuline et ses technologies, l'hypoglycémie, l'acidocétose, la première année, l'ALD et l'état réel de la recherche en 2026.

Quelle différence entre diabète de type 1 et type 2 ?

En bref : le type 1 est auto-immun : plus d'insuline du tout, il faut en injecter dès le premier jour et à vie. Le type 2 est métabolique et se traite d'abord par l'hygiène de vie et des comprimés.
Type 1Type 2
MécanismeAuto-immun : destruction des cellules à insulineInsuline présente mais moins efficace
ÂgeEnfance, adolescence, jeune adulte, mais possible à tout âgeLe plus souvent après 40 ans
PoidsNormal ou amaigrissement récentSurpoids fréquent, pas systématique
DébutBrutal, en quelques joursSilencieux, découvert par hasard
InsulineDès le premier jour, à vieParfois après des années
Part des casEnviron 6 %Environ 92 %

Les personnes de type 1 subissent l'amalgame tous les jours : remarques sur le sucre, régimes conseillés par un voisin, « tu peux manger ça, toi ? » devant un gâteau d'anniversaire. Rien dans l'alimentation d'avant le diagnostic n'a provoqué la maladie. Voir diabète de type 2 et HTA et diabète.

Que se passe-t-il dans le pancréas ?

En bref : les cellules bêta des îlots de Langerhans fabriquent l'insuline, qui fait entrer le sucre dans les cellules. Le système immunitaire les détruit ; les auto-anticorps du sang en sont la trace.

Sans insuline, le sucre reste dans le sang pendant que les cellules manquent d'énergie. D'où l'amaigrissement malgré une alimentation normale.

L'attaque commence des mois, parfois des années avant les symptômes, et laisse des marqueurs mesurables : anti-GAD, anti-IA2, anti-ZnT8. La Société Francophone du Diabète décrit trois stades. Stade 1 : deux auto-anticorps, glycémie normale. Stade 2 : la glycémie dérape sans symptôme. Stade 3 : la maladie se déclare.

La lune de miel. Après le début de l'insuline, les cellules restantes se reposent et travaillent à nouveau un peu. Les besoins chutent, parfois de moitié. Cette rémission partielle démarre entre le premier et le troisième mois et dure de quelques mois à deux ans. Arrêter l'insuline alors conduit droit à l'acidocétose, l'accumulation dangereuse d'acide dans le sang faute d'insuline.

Quels sont les premiers signes du diabète de type 1 ?

En bref : syndrome cardinal : soif intense, urines abondantes, amaigrissement rapide, fatigue. Chez un enfant déjà propre, le retour du pipi au lit impose une glycémie le jour même.
  • 1
    Soif permanente. Boire des litres, se réveiller la nuit pour boire.
  • 2
    Urines très abondantes. Le sucre passe dans les urines et entraîne l'eau. Une énurésie qui réapparaît doit faire consulter.
  • 3
    Amaigrissement rapide. Plusieurs kilos en deux à quatre semaines, appétit conservé.
  • 4
    Fatigue inhabituelle. Résultats scolaires en baisse, arrêt du sport.
  • 5
    Signes moins visibles. Vision floue passagère, mycoses génitales répétées, infections cutanées.

En France, en 2023, 42,3 % des enfants sont arrivés à l'hôpital en acidocétose au moment du diagnostic, dont 17,5 % sous une forme sévère, selon l'Observatoire de l'association Aide aux Jeunes Diabétiques relayé par l'ARS Île-de-France en 2025. Un retard évitable : une glycémie prend trente secondes.

Acidocétose : quand faut-il appeler le 15 ?

En bref : faute d'insuline, le corps fabrique des corps cétoniques qui acidifient le sang. Vomissements, haleine à odeur de dissolvant, respiration rapide, cétonémie supérieure à 3 mmol/L : appelez le 15.
Signes d'alarme : appelez le 15 immédiatement
  • ! Vomissements répétés avec une glycémie élevée
  • ! Cétonémie supérieure à 3 mmol/L, ou deux croix sur la bandelette
  • ! Respiration rapide et profonde, souffle court au repos
  • ! Somnolence anormale, confusion
  • ! Perte de connaissance ou convulsions, quelle que soit la glycémie
  • ! Hypoglycémie qui ne remonte pas malgré deux resucrages
Consultez votre médecin rapidement (sous 48 h)
  • Glycémies au-dessus de 2,50 g/L plus de 24 heures sans cétones
  • Plaie du pied qui ne cicatrise pas
  • Boule ou creux aux endroits d'injection
  • Hypoglycémies répétées, ou plus ressenties
  • Fièvre ou gastro-entérite : les besoins changent

Quel numéro. Le 15 est le SAMU, pour l'urgence vitale. Le 112 est le numéro européen, depuis l'étranger ou en cas de doute. Le 116 117 est la permanence de soins, la nuit et le week-end, quand ce n'est pas vital. Sinon, les urgences.

L'erreur classique. Arrêter l'insuline parce qu'on ne mange pas. C'est l'inverse : quand on vomit, l'insuline lente est maintenue et les besoins augmentent souvent. On mesure la cétonémie toutes les 3 à 4 heures, on boit, on injecte les suppléments prévus par le protocole.

Risque de récidive. Une première acidocétose en annonce souvent d'autres. Ce qui l'augmente : oubli d'insuline, cathéter bouché, infection, adolescence, troubles alimentaires, isolement. Ce qui le réduit : des stylos de secours même sous pompe, des bandelettes non périmées et un numéro direct vers la diabétologie.

Quels examens confirment le diagnostic ?

En bref : le diagnostic repose sur une glycémie élevée avec des symptômes. Les auto-anticorps confirment l'origine auto-immune, le peptide C mesure l'insuline restante. Examens remboursés à 100 % au titre de l'ALD.
ExamenÀ quoi ça sert et comment ça se passe
GlycémiePose le diagnostic : au moins 2 g/L avec des symptômes suffit. Piqûre au doigt, puis prise de sang. Presque indolore.
HbA1cMoyenne des glycémies des 3 derniers mois. Prise de sang sans être à jeun, résultat en 24 à 48 h.
Cétonémie, cétonurieRepère le manque d'insuline. Goutte de sang au doigt, ou bandelette urinaire, moins fiable.
Anti-GAD, anti-IA2, anti-ZnT8Confirment l'origine auto-immune. Une prise de sang, résultat en une à trois semaines.
Peptide CMesure l'insuline encore produite. Prise de sang, parfois après un repas test.
Bilan associéMaladies auto-immunes souvent liées : thyroïde, maladie cœliaque. Voir hypothyroïdie.

Aucune imagerie n'est utile ici. Voir imagerie médicale.

Que se passe-t-il sans insuline ?

En bref : non traité, le diabète de type 1 tue en quelques jours à quelques semaines. Aucun régime, aucune plante et aucun complément ne remplace l'insuline.

Sans insuline, l'évolution est toujours la même et rapide. Le sucre s'accumule dans le sang, passe dans les urines et entraîne l'eau : soif, urines abondantes, fatigue et perte de plusieurs kilos en quelques jours à quelques semaines. Le corps brûle ses graisses et produit des corps cétoniques qui acidifient le sang. C'est l'acidocétose : vomissements, douleurs au ventre, respiration rapide, puis coma en 24 à 48 heures et décès en quelques jours.

La fiche arrêter son traitement détaille pourquoi certaines décisions d'arrêt ne se rattrapent pas.

Comment se passent les injections d'insuline ?

En bref : schéma de référence, le basal-bolus : une insuline lente pour le fond, une rapide avant chaque repas. Les doses suivent la glycémie, les glucides et l'activité prévue.

Les deux insulines. La lente, ou basale, agit environ 24 heures et couvre les besoins permanents, nuit et jeûne inclus. La rapide, ou bolus, agit en quelques minutes, couvre le repas ou corrige une glycémie trop haute.

Les injections. Stylo et aiguille très fine, dans la graisse sous la peau : ventre (absorption la plus rapide), cuisses, fesses, bras. On change de point à chaque fois, à un ou deux centimètres du précédent, et d'aiguille à chaque injection.

Les lipodystrophies. Piquer toujours au même endroit crée sous la peau des boules dures ou des creux. L'insuline y est absorbée n'importe comment, d'où des glycémies imprévisibles. C'est la première chose à vérifier devant un équilibre qui se dégrade. Il faut abandonner la zone abîmée, ce qui oblige souvent à baisser les doses.

L'insulinothérapie fonctionnelle. Programme d'éducation thérapeutique : compter les glucides d'un repas, calculer son ratio (unités pour 10 g de glucides) et son facteur de correction. Le but n'est pas de manger moins mais de manger ce qu'on veut en dosant juste. Voir prendre son traitement tous les jours.

Pompe, capteur, boucle fermée : comment ça marche ?

En bref : capteur et pompe reliés par un algorithme forment une boucle fermée hybride, qui ajuste le débit d'insuline toute seule. Hybride veut dire que l'utilisateur annonce encore ses repas.

Le capteur. Porté sur le bras ou le ventre, changé tous les 10 à 15 jours selon les modèles, il mesure le glucose sous la peau. Valeurs, tendance et alarmes s'affichent sur un lecteur ou un téléphone. Il donne le temps dans la cible, devenu aussi important que l'HbA1c.

La pompe. Un boîtier relié à un fin cathéter, ou un patch sans tubulure. Elle délivre en continu de petites doses d'insuline rapide, plus un bolus à la demande. Le cathéter se change tous les deux à trois jours.

Ce que la boucle fermée fait, et ne fait pas. L'algorithme lit le capteur toutes les cinq minutes et ajuste le débit. Elle réduit fortement les hypoglycémies, surtout la nuit, et augmente le temps dans la cible. Elle ne devine pas les repas, ne dispense pas de compter les glucides, ne supprime ni les changements de cathéter ni les alarmes, et ne guérit rien.

La prise en charge. La HAS a réévalué ces systèmes le 24 septembre 2024 : suppression des seuils d'HbA1c et de l'obligation d'avoir déjà utilisé une pompe, primo-prescription possible en centre hospitalier ou non, public ou privé. Le patient choisit le prestataire ou la pharmacie qui le formera.

Ce que disent les recommandations américaines 2026. Dans ses recommandations 2026, publiées en décembre 2025, l'Association américaine du diabète (ADA) conseille un capteur dès le diagnostic pour toute personne traitée par insuline, enfant ou adulte. Dans le type 1, elle fait de la boucle fermée le mode d'administration de l'insuline à privilégier, avec une formation à son usage répétée si besoin. En France, le choix se fait avec votre diabétologue, dans le cadre de prise en charge fixé par la HAS.

Comment reconnaître et resucrer une hypoglycémie ?

En bref : une hypoglycémie est une glycémie sous 0,70 g/L. Règle des 15 : 15 g de sucre, 15 minutes d'attente, recontrôle. Si la personne est inconsciente : glucagon et appel du 15.

Les signes. Tremblements, sueurs froides, palpitations, faim brutale, pâleur, irritabilité. Puis difficulté à se concentrer, mots qui ne viennent pas, vision trouble. Chez le jeune enfant, cela ressemble souvent à un caprice.

  • 1
    15 g de sucres rapides. Trois morceaux de sucre, un berlingot de jus de fruit, 100 ml de soda non light, ou un gel glucosé.
  • 2
    Attendre 15 minutes sans rien reprendre.
  • 3
    Recontrôler. Si la glycémie reste sous 0,70 g/L, recommencer une fois.
  • 4
    Compléter si le repas est loin avec du pain.
  • ✓
    Pas de chocolat : le gras retarde la remontée.

Le glucagon. Hormone qui fait remonter la glycémie, à utiliser quand la personne est inconsciente ou convulse. Il existe en injection et en poudre nasale à 3 mg, remboursée à 65 % depuis le 29 janvier 2022 chez les patients traités par insuline à partir de 4 ans. La forme nasale se souffle dans une narine. Chaque famille et chaque école doit en avoir un, non périmé.

Les hypoglycémies non ressenties. Après des années, les signes d'alerte disparaissent et la personne passe directement au malaise grave. Cela se signale au médecin : les objectifs sont remontés le temps de restaurer la perception, et le capteur avec alarmes devient indispensable.

La peur de l'hypoglycémie nocturne pousse à laisser volontairement les glycémies trop hautes. Parlez-en en consultation : les alarmes et la boucle fermée ont été conçues d'abord pour ça.

Comment se passe la première année ?

En bref : les symptômes cèdent en quelques jours. La lune de miel s'installe vers le premier ou le troisième mois et finit entre six mois et deux ans. Objectif à un an : une HbA1c au maximum à 7 %.

Avec une insulinothérapie bien conduite, la première année suit un déroulé régulier. Les symptômes cèdent en quelques jours, le poids revient en trois à six semaines. Entre le premier et le troisième mois s'installe la lune de miel : les besoins baissent et l'équilibre paraît facile. Elle se termine entre six mois et deux ans. À un an, l'objectif est une HbA1c inférieure ou égale à 7 %, ou 6,5 % avec capteur et boucle fermée, et plus de 70 % du temps entre 0,70 et 1,80 g/L.

ÉchéanceCe qui se passe
Semaine 1Hospitalisation courte. Premières injections, apprentissage du resucrage et de la cétonémie. Soif et fatigue cèdent en 24 à 72 heures.
1 moisPoids repris, doses instables, contacts fréquents avec l'équipe. Mise en place du PAI, le projet d'accueil individualisé, à l'école.
3 moisPremière HbA1c de suivi. Lune de miel souvent installée : hypoglycémies si les doses ne sont pas réduites.
6 moisGestes acquis. Insulinothérapie fonctionnelle proposée. Discussion sur le capteur et la pompe.
1 anFin de la lune de miel, remontée des doses, parfois vécue comme une rechute alors qu'elle est attendue. Bilan annuel complet.

Que faire et ne pas faire au quotidien ?

En bref : deux réflexes sauvent des vies : ne jamais arrêter l'insuline lente, et mesurer les cétones dès que la glycémie reste haute ou qu'on vomit.
À faire
  • Garder sur soi du sucre, un lecteur et une insuline rapide
  • Mesurer la cétonémie si la glycémie dépasse 2,50 g/L deux fois, ou en cas de vomissements
  • Changer de point d'injection et d'aiguille à chaque fois
  • Garder des stylos de secours, même sous pompe
  • Faire le bilan annuel, même quand tout va bien
  • Se faire vacciner contre la grippe, voir le calendrier vaccinal
  • Prévenir l'école et le club de sport, et dire où est le glucagon
À éviter
  • Arrêter l'insuline lente parce qu'on ne mange pas ou qu'on vomit
  • Se resucrer au chocolat, trop gras pour agir vite
  • Piquer toujours au même endroit
  • Laisser les glycémies hautes par peur de l'hypoglycémie
  • Conduire sans avoir contrôlé sa glycémie
  • Boire de l'alcool à jeun : l'hypoglycémie arrive plusieurs heures après
  • Un régime sans glucides ou un jeûne prolongé sans avis médical

Quelles complications et quel suivi prévoir ?

En bref : le sucre en excès abîme lentement les vaisseaux des yeux, des reins, des nerfs, du cœur et du cerveau. Silencieuses au début, ces atteintes se dépistent chaque année.
  • →
    Rétinopathie. Vaisseaux de la rétine, sans symptôme avant un stade avancé. Fond d'œil annuel. Traitable par laser ou injections si elle est prise à temps.
  • →
    Néphropathie. Filtres du rein. Premier signe : de l'albumine dans les urines. Voir protéinurie, glomérulonéphrite, puis dialyse et greffe rénale.
  • →
    Neuropathie. Nerfs des pieds : fourmillements, brûlures nocturnes, perte de sensibilité. Ces douleurs ne répondent pas aux antalgiques de palier 1 de l'OMS ; elles relèvent de traitements spécifiques et parfois d'un centre de la douleur du réseau SFETD. Voir gérer la douleur chronique.
  • →
    Pied diabétique. Une plaie indolore passe inaperçue et s'infecte. Inspection quotidienne, examen annuel, pédicure-podologue remboursé selon le grade de risque.
  • →
    Cardiovasculaire. Risque d'infarctus et d'AVC augmenté, contrôlé par la tension (hypertension), le cholestérol et l'arrêt du tabac.
ExamenFréquence
Consultation du médecin traitant ou du pédiatreAu moins 4 fois par an
HbA1c2 à 4 fois par an
Fond d'œil ou rétinographie1 fois par an
Albumine urinaire et créatinine1 fois par an
Bilan lipidique1 fois par an
Examen des pieds1 fois par an au minimum
Consultation dentaire1 fois par an
Avis cardiologiqueSi symptômes ou diabète ancien

École, sport, permis : qu'est-ce qui reste possible ?

En bref : presque tout reste possible en anticipant. À l'école, le PAI encadre les soins ; au volant, un médecin agréé délivre un permis à durée limitée ; une grossesse se prépare.

École et PAI. Le projet d'accueil individualisé est prévu par la circulaire du 10 février 2021. Rédigé avec la famille, le médecin scolaire et l'équipe, il décrit les glycémies, les injections, le resucrage, la conduite en cas d'hypoglycémie sévère et l'accès au glucagon. Il couvre la cantine, les sorties et les examens, et se renouvelle chaque année. Un enfant diabétique n'a pas à être exclu d'une classe verte.

Sport. La HAS recommande de démarrer un effort d'endurance avec une glycémie d'au moins 1,30 g/L, et entre 0,90 et 1,30 g/L pour un effort bref et intense. Deux leviers : réduire la dose d'insuline quand l'activité est prévue, ou prendre des glucides en plus. Le risque d'hypoglycémie se prolonge plusieurs heures après, la nuit suivante incluse.

Permis de conduire. L'insuline impose un avis d'un médecin agréé par la préfecture, selon l'arrêté du 28 mars 2022. Le permis est délivré pour une durée limitée : 6 mois à 5 ans pour le groupe léger, 3 ans maximum pour les poids lourds et le transport de personnes. Contrôlez votre glycémie avant de partir.

Travail et voyages. La majorité des métiers est accessible ; quelques professions restent réglementées, notamment armée, police et navigation aérienne. Seul le médecin du travail a besoin de savoir. En voyage, emportez le double de votre insuline, en cabine.

Jeûne, alcool, grossesse. Un jeûne religieux ou intermittent se discute en consultation avant, jamais après. L'alcool bloque la libération de sucre par le foie : l'hypoglycémie survient souvent plusieurs heures plus tard, la nuit. La grossesse se programme : équilibre atteint avant la conception, traitement et fond d'œil revus, puis suivi conjoint.

Le diabète de type 1 est-il pris en charge à 100 % ?

En bref : le diabète de type 1 est l'affection de longue durée n°8. Le protocole de soins rempli par le médecin traitant ouvre le remboursement à 100 % du tarif de la Sécurité sociale.

Ce que couvre l'ALD n°8. Consultations, biologie, insuline, aiguilles, lecteurs, bandelettes, capteurs et pompes inscrits sur la liste des produits remboursables, éducation thérapeutique, transports prescrits, sans avance de frais. Ce qu'elle ne couvre pas : dépassements d'honoraires, forfait hospitalier, chambre particulière, et tout ce qui n'est pas lié au diabète. Une mutuelle reste utile.

La démarche. Le médecin traitant établit le protocole de soins et l'adresse au service médical de l'Assurance Maladie. Après accord, vous mettez à jour votre carte Vitale. L'exonération est accordée pour une durée limitée, puis renouvelée.

Enfant. Un dossier MDPH peut ouvrir droit à l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), avec un complément si un parent réduit son activité. La prestation de compensation du handicap (PCH) prend parfois le relais.

Adulte. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) permet des aménagements de poste sans parler de la maladie à l'employeur. Ces dossiers se montent avec l'assistante sociale, seule habilitée à examiner votre situation. Voir droits sociaux.

Quels droits et quel soutien pour les parents ?

En bref : un parent d'enfant diabétique prend des décisions médicales plusieurs fois par jour et dort mal. Des droits existent : congé de proche aidant, AJPA, présence parentale, répit.

Un aidant apprend à faire une glycémie et une injection, sait utiliser le glucagon et connaît le protocole en cas de cétones. Il ne doit pas être le seul à savoir : une deuxième personne formée change tout.

Les signes d'épuisement. Réveils la nuit même sans alarme, vérifications répétées, irritabilité, sentiment de ne jamais bien faire, isolement. La fratrie encaisse aussi : elle voit l'attention se concentrer ailleurs et n'ose pas se plaindre.

Les droits. Le congé de proche aidant permet de suspendre ou réduire son activité, avec l'allocation journalière du proche aidant versée par la CAF. Pour un enfant, le congé de présence parentale existe. Voir burn-out.

Quels nouveaux traitements en 2025 et 2026 ?

En bref : un traitement qui retarde l'apparition de la maladie chez les personnes à risque est disponible en France depuis 2026, et une thérapie cellulaire a rendu 10 patients sur 12 indépendants de l'insuline. Aucune ne guérit.

Disponible en France. Le téplizumab (Tzield aux États-Unis, référencé Teizeild en Europe) est un anticorps qui ralentit la destruction des cellules bêta. AMM (autorisation de mise sur le marché) européenne le 8 janvier 2026, selon l'ANSM. La HAS a accordé un accès précoce en avril 2026 (avis du 16 avril, décision mise en ligne le 22 avril). Il s'adresse aux personnes de 8 ans et plus au stade 2 : au moins deux auto-anticorps et une glycémie déjà anormale, confirmée par deux tests d'hyperglycémie provoquée, sans diabète déclaré. Il se donne en perfusion, à l'hôpital. Il ne concerne pas les personnes sous insuline et ne guérit pas : il repousse l'échéance.

Disponible en France. Les boucles fermées hybrides sont remboursées, conditions élargies par la HAS le 24 septembre 2024. Selon PubMed, une étude de vie réelle sur 76 jeunes passés des injections à une boucle fermée montre un temps dans la cible qui passe de 62,0 % à 76,7 % en quinze jours, et 75,8 % à six mois (Bombaci et coll., Medicina, 2025, DOI 10.3390/medicina61091602).

En cours d'évaluation. Le dépistage des auto-anticorps chez les apparentés d'une personne de type 1, dont le risque est 10 à 20 fois supérieur à celui de la population générale. Des experts français réunis par la Société Francophone du Diabète ont pris position en 2024 pour un parcours national de dépistage, afin d'éviter les acidocétoses inaugurales et d'identifier les candidats au téplizumab. Il n'est pas généralisé.

En cours d'évaluation. Les boucles totalement fermées, sans annonce des repas. Un essai publié fin 2025 chez 10 adultes montre un temps dans la cible nocturne de 95,9 % contre 69,6 %, sans aucun bolus de repas (Wilkinson et coll., J Diabetes Sci Technol, 2025, DOI 10.1177/19322968251389966). Dix participants suivis 72 heures : ce résultat reste à confirmer.

Expérimental. Le zimislecel est une thérapie cellulaire : des cellules d'îlots issues de cellules souches sont perfusées dans le foie. Dans l'essai de phase 1-2 du New England Journal of Medicine en 2025, sur 12 participants à dose complète, tous avaient une HbA1c inférieure à 7 % sans hypoglycémie sévère, et 10 sur 12 n'avaient plus besoin d'insuline à un an. Prix à payer : une immunosuppression à vie ; deux décès sont survenus (Reichman et coll., DOI 10.1056/NEJMoa2506549). Ni disponible ni proposé en routine. La greffe d'îlots de donneurs décédés reste réservée à des cas très particuliers.

Non retenu dans le type 1. Les insulines hebdomadaires. L'essai QWINT-5, publié dans le Lancet en 2024 chez 692 adultes, montre une efficacité comparable sur l'HbA1c mais davantage d'hypoglycémies sévères : 10 % contre 3 % (Bergenstal et coll., DOI 10.1016/S0140-6736(24)01804-X).

Quels soignants vous accompagnent ?

En bref : le diabétologue ou le pédiatre pilote le traitement, le médecin traitant assure le suivi et l'ALD. Ophtalmologiste, podologue, infirmier d'éducation et psychologue complètent l'équipe.
  • 1
    Diabétologie ou pédiatrie. Initie le traitement, prescrit pompe et capteur, ajuste. Numéro direct en cas de problème aigu.
  • 2
    Médecin traitant. Protocole ALD, ordonnances, bilan annuel. Quatre consultations par an au moins.
  • 3
    Infirmier ou diététicienne d'éducation thérapeutique. Glucides, gestes, réglages.
  • 4
    Ophtalmologiste. Une fois par an ; prenez le rendez-vous suivant en sortant.
  • 5
    Pédicure-podologue. Remboursé selon le grade de risque podologique.
  • 6
    Psychologue. La détresse liée au diabète dégrade l'équilibre glycémique.

Quelles associations peuvent vous aider ?

En bref : deux associations françaises font référence : la Fédération Française des Diabétiques, et Aide aux Jeunes Diabétiques pour les enfants et leurs familles.

Comment expliquer le diabète de type 1 à un enfant ?

Cette partie est écrite pour les enfants qui savent lire.

Dans ton ventre, il y a un organe qui s'appelle le pancréas. À l'intérieur, de toutes petites usines fabriquent une clé : l'insuline. Cette clé ouvre les portes de tes cellules pour que le sucre de ton repas entre et te donne de l'énergie.

Dans ton corps, il y a aussi une armée qui te protège des microbes. Un jour, elle s'est trompée : elle a cru que les usines à clés étaient des ennemis et elle les a cassées. Personne ne sait pourquoi. Ce n'est la faute de personne, et surtout pas la tienne. Ce n'est pas parce que tu as mangé des bonbons.

Maintenant, les clés arrivent de l'extérieur, avec un stylo qui pique très vite ou un petit appareil collé sur toi. Ça devient une habitude, comme se laver les dents. Un capteur peut surveiller ton sucre et sonner quand il descend trop bas.

Tu peux manger de tout, aller à l'école, dormir chez tes copains, faire du foot ou du judo. Retiens deux choses. Quand tu trembles ou que tu as très faim d'un coup : tu le dis à un adulte et tu prends du sucre. Si tu as mal au ventre et envie de vomir : tu le dis aussi, tout de suite.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien le diabète de type 1 ?

Quiz : connaissez-vous bien le diabète de type 1 ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. Le diabète de type 1 vient d'avoir mangé trop de sucre.
    VraiFaux
  2. Un enfant qui a très soif, urine beaucoup et maigrit doit avoir une glycémie le jour même.
    VraiFaux
  3. Pendant la lune de miel, on peut arrêter l'insuline.
    VraiFaux
  4. Quand on vomit et qu'on ne mange pas, on arrête l'insuline lente.
    VraiFaux
  5. Pour une hypoglycémie, on prend 15 g de sucre et on recontrôle 15 minutes plus tard.
    VraiFaux
  6. Le chocolat est le meilleur moyen de se resucrer.
    VraiFaux
  7. Si la personne est inconsciente, on ne lui donne rien par la bouche : glucagon et appel du 15.
    VraiFaux
  8. Une boucle fermée hybride guérit le diabète de type 1.
    VraiFaux
  9. Piquer toujours au même endroit peut rendre les glycémies imprévisibles.
    VraiFaux
  10. Les soins liés au diabète de type 1 sont remboursés à 100 % au titre de l'ALD n°8.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. La maladie est auto-immune : les défenses du corps ont détruit les cellules qui fabriquent l'insuline. L'alimentation n'y est pour rien.
  2. Vrai. Soif, urines abondantes et amaigrissement sont les signes d'alerte. Une glycémie prend trente secondes.
  3. Faux. Les besoins baissent, mais l'insuline reste indispensable. L'arrêter conduit à l'acidocétose.
  4. Faux. L'insuline lente est maintenue et les besoins augmentent souvent. Mesurez les cétones et suivez votre protocole.
  5. Vrai. C'est la règle des 15. Si la glycémie reste sous 0,70 g/L, on recommence une fois.
  6. Faux. Le gras du chocolat retarde la remontée. Prenez plutôt du sucre ou un jus de fruit.
  7. Vrai. Elle risque de s'étouffer. Le glucagon, en injection ou dans le nez, fait remonter la glycémie.
  8. Faux. Elle ajuste l'insuline toute seule, mais on annonce encore ses repas. Elle ne guérit pas.
  9. Vrai. Il se forme des boules ou des creux sous la peau, où l'insuline passe mal. Changez de point à chaque fois.
  10. Vrai. Le protocole de soins du médecin traitant ouvre ce droit. Les dépassements d'honoraires restent à votre charge.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Quelle est la différence entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2 ?

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune : le système immunitaire détruit les cellules du pancréas qui fabriquent l'insuline, il faut donc en injecter dès le premier jour et à vie. Le diabète de type 2 est une maladie métabolique où l'insuline agit mal, traitée d'abord par l'hygiène de vie et des comprimés. Le type 1 débute souvent chez l'enfant ou le jeune adulte, brutalement, avec un amaigrissement.

Le diabète de type 1 est-il causé par le sucre ou par l'alimentation ?

Non. Le diabète de type 1 n'a aucun rapport avec ce que la personne a mangé avant le diagnostic. C'est une réaction auto-immune : les défenses de l'organisme détruisent par erreur les cellules bêta du pancréas. Les remarques sur les bonbons sont fausses.

Quels sont les premiers signes du diabète de type 1 chez l'enfant ?

Quatre signes doivent alerter : soif intense, urines très abondantes, amaigrissement rapide et fatigue inhabituelle. Chez un enfant déjà propre, le retour du pipi au lit est un signal fort. Devant cette association, une glycémie doit être faite le jour même.

Qu'est-ce que l'acidocétose diabétique et quand appeler le 15 ?

L'acidocétose survient quand il manque de l'insuline : le corps brûle ses graisses et fabrique des corps cétoniques qui acidifient le sang. Signes : douleurs au ventre, vomissements, haleine à odeur de dissolvant, respiration rapide, somnolence. Il faut appeler le 15 devant des vomissements avec glycémie élevée, une cétonémie supérieure à 3 mmol/L ou des troubles de la conscience.

Comment resucrer correctement une hypoglycémie ?

On applique la règle des 15 : prendre 15 g de sucres rapides, attendre 15 minutes, recontrôler, recommencer si la glycémie reste sous 0,70 g/L. Quinze grammes, c'est trois morceaux de sucre, un berlingot de jus de fruit ou un tube de gel glucosé. Pas de chocolat, trop gras. Si la personne est inconsciente, rien par la bouche : glucagon et appel du 15.

Le diabète de type 1 est-il pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale ?

Oui. Le diabète de type 1 figure sur la liste des affections de longue durée sous le numéro 8. Le médecin traitant remplit un protocole de soins validé par l'Assurance Maladie, et les soins liés au diabète sont remboursés à 100 % du tarif de la Sécurité sociale, sans avance de frais. Restent à charge les dépassements d'honoraires et ce qui n'est pas lié au diabète.

Qu'est-ce qu'une boucle fermée hybride et est-ce que ça guérit le diabète ?

Une boucle fermée hybride associe un capteur de glucose, une pompe à insuline et un algorithme qui ajuste le débit toutes les cinq minutes. Elle réduit les hypoglycémies nocturnes et augmente le temps passé dans la cible. Elle ne guérit pas : l'utilisateur annonce encore ses repas et change son cathéter. La HAS a élargi ses conditions de prise en charge en septembre 2024.

Qu'est-ce que la lune de miel du diabète de type 1 ?

La lune de miel est une rémission partielle qui commence souvent quelques semaines après le début de l'insuline : les besoins baissent et les glycémies deviennent faciles à équilibrer. Elle dure de quelques mois à deux ans. Ce n'est pas une guérison et il ne faut jamais arrêter l'insuline pendant cette période.

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

Sources consultées le 7 septembre 2026, vérifiées et complétées le 2 octobre 2026. Les recommandations médicales évoluent : en cas de doute, c'est l'avis de votre médecin qui prime.

  1. Haute Autorité de Santé. Prescription d'activité physique et sportive : diabète de type 1. 2022.
  2. Haute Autorité de Santé. La HAS réévalue les systèmes connectés de prise en charge du diabète. 24 septembre 2024.
  3. Haute Autorité de Santé. Teizeild (téplizumab), décision d'accès précoce. Avis du 16 avril 2026, mis en ligne le 22 avril 2026.
  4. Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Tzield, Teizeild (téplizumab) : AMM et accès dérogatoire. AMM du 8 janvier 2026.
  5. Société Francophone du Diabète. Dépistage et prise en charge du diabète de type 1 préclinique. 2024.
  6. Assurance Maladie. Diabète de type 1 de l'enfant et de l'adolescent : suivi médical. 2025.
  7. Fédération Française des Diabétiques. Chiffres du diabète en France. 2026.
  8. Fédération Française des Diabétiques. Délivrance et renouvellement du permis de conduire. Arrêté du 28 mars 2022.
  9. ARS Île-de-France. Agir pour un diagnostic plus précoce du diabète de type 1 chez l'enfant, données de l'Observatoire AJD. 5 novembre 2025.
  10. Vidal. Hypoglycémie sévère : le glucagon nasal Baqsimi désormais remboursable. 2022.
  11. Ministère de l'Éducation nationale. Circulaire relative au projet d'accueil individualisé (PAI). 10 février 2021.
  12. de Bock M et coll. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2024 : Glycemic Targets. Horm Res Paediatr 2024;97(6):546-554. PMID 39701064. doi:10.1159/000543266.
  13. Reichman TW et coll. N Engl J Med 2025. PMID 40544428. doi:10.1056/NEJMoa2506549.
  14. Bergenstal RM et coll. QWINT-5. Lancet 2024. PMID 39270686. doi:10.1016/S0140-6736(24)01804-X.
  15. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 7. Diabetes Technology : Standards of Care in Diabetes 2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl 1):S150-S165. PMID 41358889. doi:10.2337/dc26-S007.

Cette fiche est un exemple de contenu MediScribe rédigé selon les critères E-E-A-T de Google. Validation médicale en cours. Voir la fiche HTA validée par le Dr Grocholski, praticien hospitalier en néphrologie.

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