Exemple de contenu MediScribe · Guide patient et aidants · Neurologie vasculaire · AVC
MediScribe › Fiches ETP › AVC
Neurologie vasculaire · Guide patient et aidants

AVC : comprendre, agir et se reconstruire

Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs aidants · Relecture par un neurologue vasculaire recommandée avant diffusion institutionnelle

Un AVC, ça arrive en quelques minutes et ça change une vie pour des mois, parfois pour toujours. Ce guide explique pourquoi ça arrive, ce qui se passe à l'hôpital, quelles séquelles sont possibles selon la zone touchée, et surtout comment organiser le retour à domicile, étape par étape. Il s'adresse autant au patient qu'à son entourage : la vie de l'aidant change elle aussi du jour au lendemain, et ce guide ne l'oublie pas.

Quels signes d'AVC doivent faire appeler le 15 ?

Chaque minute compte

Face à un ou plusieurs de ces signes, même s'ils s'améliorent, appelez le 15 immédiatement. Ne conduisez pas la personne vous-même : les secours médicalisés commencent la prise en charge dès leur arrivée et savent vers quel hôpital orienter selon le plateau technique disponible.

Ne donnez jamais à boire ni à manger à la victime avant l'arrivée des secours. Un AVC peut s'accompagner d'un trouble de déglutition non encore évalué : le moindre liquide ou aliment expose à une fausse route grave.

Le 15 (SAMU) reste le numéro de référence en France. Le 112, numéro d'urgence européen, fonctionne aussi depuis un mobile, y compris à l'étranger. Pour les personnes aphasiques, sourdes, malentendantes ou sourdaveugles, le 114 est accessible par SMS ou visio.

Le moyen simple de retenir les signes s'appelle FAST, un acronyme utilisé dans le monde entier par les services d'urgence :

F
Face
La bouche se déforme d'un côté, le sourire est asymétrique.
A
Arms
Un bras (ou une jambe) devient faible ou impossible à lever, d'un seul côté.
S
Speech
La parole devient pâteuse, incompréhensible, ou la personne ne trouve plus ses mots.
T
Time
Time to call : composez le 15 dès l'apparition d'un seul de ces signes.

D'autres signes doivent aussi alerter : un trouble visuel brutal d'un œil ou des deux, une perte d'équilibre soudaine sans cause apparente, un mal de tête violent et inhabituel, différent de tous les maux de tête déjà connus. Ces symptômes surviennent d'un coup, sans prévenir. C'est cette soudaineté qui doit alerter, bien plus que l'intensité initiale.

Si vous êtes témoin

Notez l'heure exacte d'apparition des symptômes, même approximative. Cette information conditionne directement les traitements que l'équipe médicale pourra proposer (thrombolyse, thrombectomie). Si vous ne l'avez pas vue au moment précis, notez la dernière heure à laquelle la personne allait encore bien.

Qu'est-ce qu'un AVC, exactement ?

En bref : un AVC survient quand le sang n'arrive plus normalement à une partie du cerveau. Soit une artère se bouche (AVC ischémique, 80 % des cas), soit un vaisseau se rompt et saigne (AVC hémorragique, 20 % des cas). Dans les deux cas, les neurones privés d'oxygène commencent à mourir en quelques minutes.

En France, plus de 112 000 personnes sont hospitalisées pour un AVC chaque année (Santé publique France, mise à jour 2025). L'AVC est la première cause de handicap moteur non traumatique de l'adulte.

Le cerveau consomme environ 20 % de l'oxygène et de l'énergie du corps, en continu, sans réserve. Une interruption de l'apport sanguin, même brève, prive rapidement les neurones de ce dont ils ont besoin pour fonctionner, puis pour survivre.

  • 1
    L'AVC ischémique : une artère cérébrale se bouche, le plus souvent par un caillot (thrombus) formé sur place ou arrivé d'ailleurs dans le corps (embolie, souvent d'origine cardiaque). La zone du cerveau normalement irriguée par cette artère est privée de sang.
  • 2
    L'AVC hémorragique : un vaisseau se rompt, le sang se répand dans le tissu cérébral (hémorragie intracérébrale) ou autour du cerveau (hémorragie sous-arachnoïdienne). Ce saignement comprime et endommage directement les tissus voisins, en plus de priver la zone concernée d'irrigation normale.
  • 3
    L'accident ischémique transitoire (AIT) : les symptômes sont les mêmes qu'un AVC mais disparaissent en moins de 24 heures, le plus souvent en quelques minutes. C'est un signal d'alarme majeur : environ 1 personne sur 10 ayant fait un AIT fait un AVC constitué dans les jours qui suivent. Un AIT impose les mêmes urgences qu'un AVC.

Pourquoi fait-on un AVC ?

En bref : l'hypertension artérielle mal contrôlée est le premier facteur de risque d'AVC, ischémique comme hémorragique. Le diabète, le tabac, la fibrillation atriale et le cholestérol élevé s'y ajoutent. Ces facteurs s'additionnent : plus il y en a, plus le risque grimpe.

Un AVC n'arrive presque jamais sans raison identifiable. La liste des facteurs de risque est bien connue, et surtout, la plupart d'entre eux se corrigent :

  • 1
    L'hypertension artérielle : c'est le facteur de risque numéro un, à lui seul responsable d'environ un tiers des AVC. Une tension mal contrôlée fragilise les parois des artères cérébrales sur le long terme.
  • 2
    La fibrillation atriale : ce trouble du rythme cardiaque favorise la formation de caillots dans le cœur, qui peuvent ensuite migrer vers le cerveau. Elle multiplie le risque d'AVC ischémique par 5.
  • 3
    Le diabète : l'excès de sucre dans le sang abîme progressivement la paroi des vaisseaux, favorisant l'athérosclérose et la formation de caillots.
  • 4
    Le tabagisme : il double le risque d'AVC. Le tabac accélère l'athérosclérose et favorise la coagulation du sang. Le risque diminue significativement dans les années suivant l'arrêt. Si le sujet vous concerne, Tabac Info Service (3989, gratuit) accompagne l'arrêt sans jugement, à votre rythme.
  • 5
    Le cholestérol élevé : il contribue à la formation de plaques d'athérome qui rétrécissent les artères et peuvent se rompre, déclenchant la formation d'un caillot.
  • 6
    La sédentarité et le surpoids : ils favorisent l'ensemble des facteurs précédents, dans un effet cumulatif.
  • 7
    Certaines anomalies vasculaires (anévrisme, malformation artérioveineuse) : plus rares, elles concernent davantage les AVC hémorragiques et peuvent toucher des personnes jeunes, sans les facteurs de risque habituels.
Ce guide ne cherche à culpabiliser personne

Certains AVC surviennent malgré une hygiène de vie irréprochable, à cause d'une anomalie vasculaire, d'un trouble du rythme silencieux ou d'une prédisposition génétique. Comprendre les facteurs de risque sert à agir pour la suite.

Que se passe-t-il à l'arrivée à l'hôpital ?

En bref : l'imagerie cérébrale (scanner puis souvent IRM) détermine en quelques minutes s'il s'agit d'un AVC ischémique ou hémorragique. Cette distinction conditionne tout le traitement : ce qui soigne l'un peut aggraver l'autre.

Dès l'arrivée aux urgences, la prise en charge est protocolée et rapide, car le temps perdu se traduit directement en tissu cérébral perdu.

  • 1
    Le scanner cérébral, réalisé en urgence, distingue en quelques minutes un AVC hémorragique (visible immédiatement) d'un AVC ischémique (parfois peu visible dans les premières heures). Cette distinction est indispensable avant tout traitement : les médicaments qui fluidifient le sang, utiles dans l'ischémie, seraient dangereux en cas d'hémorragie.
  • 2
    L'IRM cérébrale, quand elle est disponible rapidement, précise l'étendue de la lésion ischémique et guide certaines décisions thérapeutiques, notamment pour la thrombectomie au-delà des premières heures.
  • 3
    Le bilan vasculaire et cardiaque (angioscanner, échographie cardiaque, Holter ECG) recherche la cause précise de l'AVC : caillot d'origine cardiaque, rétrécissement d'une artère du cou, trouble du rythme. Ce bilan oriente le traitement préventif à long terme.

Les traitements de l'urgence

Pour l'AVC ischémique, deux traitements peuvent limiter l'étendue des dégâts, à condition d'être administrés rapidement :

  • 1
    La thrombolyse intraveineuse : un médicament qui dissout le caillot, injecté en général dans les 4 h 30 après le début des signes (ou après la dernière heure où la personne allait bien). Deux médicaments sont possibles : l'altéplase ou la ténectéplase, qui a reçu un avis favorable de la HAS en 2024. Plus il est administré tôt, plus il est efficace.
  • 2
    La thrombectomie mécanique : un cathéter introduit par l'artère fémorale (au niveau de l'aine) va retirer physiquement le caillot dans les grosses artères cérébrales. Réalisable jusqu'à 6 heures en général, parfois jusqu'à 24 heures chez des patients choisis grâce à l'imagerie (recommandation américaine AHA/ASA de 2026), dans des centres spécialisés.

Pour l'AVC hémorragique, la prise en charge vise à contrôler la tension artérielle, corriger un éventuel trouble de la coagulation, et parfois à évacuer chirurgicalement l'hématome quand son volume ou sa localisation le justifie.

Combien de temps dure l'hospitalisation après un AVC ?

En bref : l'hospitalisation en unité neurovasculaire (UNV) dure en général une à deux semaines. Elle sert à surveiller l'évolution, prévenir les complications, débuter la rééducation le plus tôt possible, et organiser la suite du parcours de soins.

L'unité neurovasculaire (UNV) est un service spécialisé, avec un personnel formé et une surveillance continue, qui améliore statistiquement le pronostic par rapport à une hospitalisation en service classique. La durée moyenne y est de 5 à 10 jours, variable selon la gravité et les complications éventuelles.

  • 1
    La surveillance des premiers jours : tension artérielle, glycémie, température, saturation en oxygène sont contrôlées en continu. Une fièvre, une hyperglycémie ou une chute tensionnelle peuvent aggraver les lésions et sont corrigées rapidement.
  • 2
    Le dépistage des troubles de la déglutition : un test simple est réalisé dès les premières heures. Un trouble de déglutition non détecté expose à des fausses routes et des pneumopathies. Selon le résultat, l'alimentation est adaptée (texture modifiée, sonde temporaire) le temps que la déglutition se rétablisse.
  • 3
    La rééducation précoce : le lever et les premiers mouvements sont encouragés dès que l'état clinique le permet, parfois dès le lendemain. Plus la rééducation démarre tôt, meilleure est la récupération fonctionnelle à moyen terme.
  • 4
    Le bilan des séquelles : kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute et parfois neuropsychologue évaluent chacun leur domaine pour dresser une carte précise de ce qui est atteint et de ce qui reste préservé.
  • 5
    L'organisation de la suite : selon les séquelles, l'équipe oriente vers un retour direct à domicile avec suivi ambulatoire, ou vers un service de soins médicaux et de réadaptation (SMR, anciennement appelé SSR) spécialisé dans le système nerveux, pour une rééducation plus intensive avant le retour à la maison.

Quel traitement pour éviter un nouvel AVC ?

En bref : le traitement de prévention secondaire dépend de la cause identifiée. Il associe presque toujours un contrôle strict de la tension artérielle, un traitement pour fluidifier le sang, et une statine. La régularité de la prise est déterminante : un traitement mal suivi expose à la récidive.
  • 1
    Antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel) : prescrits en général après un AVC ischémique sans origine cardiaque identifiée, pour réduire le risque de nouveau caillot.
  • 2
    Anticoagulants : prescrits en cas de fibrillation atriale ou d'autre source cardiaque de caillot. Ils remplacent les antiagrégants dans cette situation précise, jamais les deux ensemble sans raison particulière.
  • 3
    Statines : elles réduisent le cholestérol et stabilisent les plaques d'athérome, indépendamment même du taux de cholestérol initial dans certaines situations.
  • 4
    Traitement antihypertenseur : l'objectif tensionnel est en général plus strict après un AVC qu'en prévention primaire. Le contrôle régulier de la tension à domicile fait partie du suivi.
Pourquoi la régularité du traitement compte autant

Arrêter un traitement de prévention secondaire, même quelques jours, expose à un risque de récidive. Si des effets secondaires gênent, ou si une prise devient difficile à organiser au quotidien, il faut en parler au médecin traitant plutôt que d'arrêter seul. Un pilulier hebdomadaire, préparé en pharmacie ou par un proche, aide beaucoup à sécuriser la prise, surtout en présence de troubles cognitifs ou d'un seul bras fonctionnel.

Quelles séquelles après un AVC ?

En bref : un même AVC peut donner des tableaux très différents selon la zone du cerveau touchée. Deux personnes ayant eu un AVC de sévérité comparable peuvent avoir des séquelles totalement différentes.

Le cerveau est organisé en zones qui contrôlent des fonctions précises. La localisation de l'AVC détermine largement les séquelles, bien plus que sa taille seule.

Les troubles moteurs : hémiplégie et hémiparésie

La faiblesse ou la paralysie d'un côté du corps (bras, jambe, parfois visage) est la séquelle la plus visible et la plus fréquente. On parle d'hémiplégie quand la paralysie est complète, d'hémiparésie quand une motricité partielle persiste. Le côté touché est opposé à l'hémisphère cérébral lésé : un AVC de l'hémisphère gauche touche le côté droit du corps, et inversement.

Les troubles du langage : aphasie

Quand l'AVC touche l'hémisphère dominant pour le langage (le gauche chez la grande majorité des droitiers), une aphasie peut apparaître : difficulté à trouver ses mots, à construire des phrases, à comprendre ce qu'on lui dit, ou à lire et écrire. L'aphasie n'affecte pas l'intelligence : la personne sait ce qu'elle veut dire, mais l'accès aux mots ou leur organisation est perturbé. C'est une distinction essentielle à expliquer à l'entourage, qui interprète parfois à tort l'aphasie comme une confusion mentale.

Les troubles de la déglutition

Avaler devient difficile ou dangereux quand les muscles impliqués dans la déglutition sont touchés. Le risque principal est la fausse route : des aliments ou des liquides passent dans les voies respiratoires au lieu de l'œsophage, exposant à des infections pulmonaires. Une adaptation de texture (mixé, épaissi) et des postures spécifiques pendant les repas limitent ce risque, en attendant que la fonction se rétablisse, ce qui arrive dans la majorité des cas.

La négligence spatiale unilatérale

Certains AVC de l'hémisphère droit provoquent une négligence de tout un côté de l'espace : la personne ne mange que la moitié de son assiette, se cogne contre les meubles d'un côté, ne se rase ou ne se maquille que la moitié du visage, sans en avoir conscience. Ce trouble, moins connu que l'hémiplégie, complique beaucoup la rééducation et la sécurité au quotidien, car la personne ne perçoit pas son propre déficit.

Les troubles cognitifs et de la mémoire

Difficultés de concentration, ralentissement du raisonnement, troubles de la mémoire à court terme, difficulté à planifier une tâche en plusieurs étapes (préparer un repas, gérer un budget). Ces troubles sont parfois moins visibles que les troubles moteurs, mais très handicapants pour l'autonomie réelle.

Les troubles de l'humeur

La dépression post-AVC touche environ un tiers des patients, parfois dès les premières semaines, parfois plusieurs mois après. Elle a une origine à la fois biologique (liée aux lésions cérébrales elles-mêmes) et réactionnelle (liée au bouleversement de vie). Elle se soigne, mais nécessite d'être identifiée : elle est parfois confondue avec de la fatigue ou de l'apathie liées à l'AVC lui-même.

La spasticité et les douleurs

Certains muscles du côté paralysé se contractent de façon excessive et involontaire (spasticité), ce qui peut limiter les mouvements et provoquer des douleurs, surtout à l'épaule. Des douleurs neuropathiques (sensations de brûlure, de décharge électrique) peuvent aussi apparaître, liées directement aux lésions cérébrales et non aux articulations.

Comment organiser le retour à domicile ?

En bref : le retour à domicile se prépare avant la sortie d'hôpital, avec plusieurs professionnels coordonnés. Chacun a un rôle précis, et l'ordre dans lequel ils interviennent dépend des séquelles de chacun.

Le kinésithérapeute : la motricité

Le kinésithérapeute travaille la récupération motrice : renforcement musculaire, rééducation de la marche, prévention de la spasticité et des rétractions articulaires, rééducation de l'équilibre. Les séances sont fréquentes en début de prise en charge, parfois quotidiennes en SMR, puis s'espacent avec les progrès.

L'ergothérapeute : l'autonomie et l'adaptation du logement

L'ergothérapeute évalue les gestes du quotidien (s'habiller, se laver, cuisiner, se déplacer dans le logement) et propose des adaptations concrètes : barres d'appui dans la salle de bain, siège de douche, couverts adaptés, réorganisation du mobilier pour faciliter les déplacements. Il peut réaliser une visite à domicile avant la sortie d'hôpital pour anticiper les aménagements nécessaires. Ce métier est souvent le moins connu du grand public, alors qu'il conditionne directement la sécurité et l'indépendance au retour à la maison.

L'orthophoniste : le langage et la déglutition

En cas d'aphasie, l'orthophoniste travaille la compréhension, l'expression orale, la lecture et l'écriture, à travers des exercices adaptés au type et à la sévérité du trouble. En cas de troubles de déglutition persistants, il évalue et rééduque également cette fonction, en coordination avec le suivi nutritionnel.

Le neuropsychologue : les fonctions cognitives

Quand des troubles cognitifs sont identifiés, un bilan neuropsychologique précise leur nature exacte (mémoire, attention, fonctions exécutives) et guide une rééducation cognitive spécifique, ainsi que des conseils pratiques pour compenser au quotidien (pense-bêtes, routines, simplification des tâches).

Les aides à domicile et le volet social

Selon le niveau d'autonomie, une aide-ménagère, une auxiliaire de vie ou des soins infirmiers à domicile peuvent être mis en place. L'assistante sociale de l'hôpital aide à monter les dossiers : reconnaissance en affection de longue durée (ALD, prise en charge à 100 % des soins liés à l'AVC), demande auprès de la MDPH si besoin, aides financières (APA pour les personnes de plus de 60 ans, PCH avant 60 ans dans certaines situations). Ces démarches administratives, souvent lourdes, se font mieux accompagnées : n'hésitez pas à solliciter l'assistante sociale avant la sortie d'hôpital plutôt qu'après.

Dans quel ordre organiser tout ça ?

Avant la sortie : contact avec l'assistante sociale, visite éventuelle de l'ergothérapeute au domicile, organisation du premier rendez-vous kiné et orthophoniste en libéral si pas de SMR prévu. À la sortie : mise en place des aides à domicile si besoin, premier rendez-vous avec le médecin traitant dans les 15 jours. Dans le mois qui suit : consultation de suivi neurologique, ajustement du programme de rééducation selon les progrès observés.

À quoi ressemble l'évolution sur un an ?

Un repère, pas une prédiction

Ce qui suit décrit une évolution générale observée en moyenne. Votre situation, ou celle de votre proche, peut être plus rapide, plus lente, ou suivre un chemin différent. L'âge, la zone touchée, la sévérité initiale, les maladies associées et l'intensité de la rééducation font varier énormément le tableau réel d'une personne à l'autre.

Semaines 1 à 4

Phase la plus intense de récupération spontanée : le cerveau réorganise certaines fonctions, une partie de l'œdème initial se résorbe. La rééducation démarre en SMR ou en ambulatoire selon la sévérité. Beaucoup de fatigue, normale et attendue à ce stade.

Mois 1 à 3

Période où les progrès moteurs et langagiers sont souvent les plus visibles. C'est aussi le moment où la dépression post-AVC apparaît le plus fréquemment : il faut la rechercher activement.

Mois 3 à 6

Le rythme des progrès ralentit généralement, ce qui peut être vécu difficilement après la dynamique des premières semaines. La récupération continue, plus lentement. C'est le moment d'ajuster les objectifs de rééducation avec l'équipe soignante, souvent vers plus d'autonomie fonctionnelle que de récupération pure.

Mois 6 à 12

Le rythme ralentit, mais la récupération continue : pour le langage en particulier, le cerveau garde une capacité de réorganisation qui permet des gains de communication significatifs pendant plusieurs années, bien au-delà de cette première année. Il n'y a pas de plafond fixe. C'est aussi le moment où beaucoup de familles réévaluent l'organisation à domicile : certaines aides mises en place initialement peuvent être allégées, d'autres au contraire pérennisées. Pour les AVC d'origine cardiaque (fibrillation atriale notamment), une consultation de contrôle chez le cardiologue est à prévoir dans cette fenêtre de 6 à 12 mois, en complément du suivi neurologique.

Au-delà d'un an

La récupération se poursuit parfois plus finement, notamment sur le plan cognitif et langagier. Le suivi neurologique annuel reste utile pour ajuster le traitement de prévention secondaire et dépister d'éventuelles complications tardives comme l'épilepsie post-AVC. Le suivi cardiologique régulier se poursuit en parallèle pour les patients dont l'AVC avait une origine cardiaque, indépendamment du suivi neurologique.

Quel soutien pour les aidants après un AVC ?

Ce que l'on oublie souvent de dire

L'AVC arrive au patient. Mais le bouleversement touche tout le foyer. Du jour au lendemain, un aidant peut devenir accompagnant à temps plein, sans formation, sans y être préparé, tout en continuant à travailler, à gérer les autres enfants, à porter ses propres inquiétudes. Cette charge est réelle et documentée. Elle a un impact sur la santé physique et mentale de l'aidant lui-même.

Certains signes doivent alerter sur un épuisement de l'aidant, aussi appelé « fardeau de l'aidant » : troubles du sommeil, irritabilité inhabituelle, sentiment d'être piégé, isolement social progressif, négligence de sa propre santé. Le ressentir n'a rien d'un échec personnel. C'est une conséquence prévisible d'une charge qui dépasse ce qu'une personne seule peut porter durablement.

  • 1
    Le répit existe : accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile quelques heures par semaine. Ces solutions aident à tenir dans la durée. Les utiliser ne veut pas dire abandonner votre proche.
  • 2
    France AVC anime des groupes de parole et un réseau d'entraide entre familles concernées, dans de nombreuses régions.
  • 3
    Le médecin traitant de l'aidant (et pas seulement celui du patient) peut être un point d'appui, y compris pour évoquer sa propre fatigue ou un état dépressif naissant.
  • 4
    Le congé de proche aidant permet d'arrêter ou de réduire son travail pour aider un proche. Pendant ce congé, la CAF ou la MSA verse l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) : 66,64 € par jour au 1er janvier 2026, dans la limite de 66 jours. La MDPH et les caisses de retraite proposent parfois d'autres aides. Renseignez-vous, ces dispositifs sont sous-utilisés faute d'information.
Un mot sur la relation

La personne qui a fait l'AVC n'est plus tout à fait la même, et ce n'est pas toujours une question de séquelles visibles : la fatigue, l'irritabilité, les troubles de l'humeur post-AVC modifient parfois le caractère. C'est déstabilisant pour un conjoint, un enfant, un parent. En parler ouvertement, avec l'équipe soignante ou un psychologue si besoin, aide à ne pas s'installer seul dans l'incompréhension.

Comment suivre les progrès semaine après semaine ?

En bref : deux tableaux simples, l'un pour le patient, l'un pour l'aidant, à remplir chaque semaine. Ils donnent aux équipes de rééducation une vue d'ensemble sur la durée, bien plus utile qu'un ressenti isolé du jour de la consultation.

Carnet patient : suivi hebdomadaire

À noter chaque semaineS1S2S3S4S6S8S12
Tension artérielle (moy.)
Séances kiné faites
Séances ortho faites
Fatigue /10
Humeur /10
Traitement pris tous les jours
Nouveau progrès observé

Carnet aidant : mon propre suivi

À noter chaque semaineS1S2S3S4S6S8S12
Heures de sommeil (moy.)
Niveau de fatigue /10
Moment de répit pris
Ai parlé à quelqu'un de ma charge

Le bouton lance l'impression de la page. Les menus et le bandeau de bas de page ne s'imprimeront pas.

Que retenir de cette fiche sur l'AVC ?

  • →
    Face aux signes FAST, on appelle le 15 immédiatement, on ne perd pas de temps à observer.
  • →
    Les séquelles dépendent avant tout de la zone touchée, pas seulement de la taille de la lésion.
  • →
    Le retour à domicile se prépare avant la sortie d'hôpital, avec plusieurs professionnels coordonnés.
  • →
    La récupération se poursuit sur plusieurs mois, parfois plusieurs années, à un rythme propre à chaque personne.
  • →
    L'épuisement de l'aidant est réel et se prévient. Prendre du répit aide à tenir dans la durée.

Quelles fiches lire ensuite ?

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien l'AVC ?

Quiz : connaissez-vous bien l'AVC ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. Si les signes disparaissent au bout de quelques minutes, on peut attendre avant d'appeler.
    VraiFaux
  2. Une bouche qui se déforme d'un côté peut être un signe d'AVC.
    VraiFaux
  3. Il vaut mieux conduire soi-même la personne à l'hôpital pour gagner du temps.
    VraiFaux
  4. En attendant les secours, on peut donner un verre d'eau à la personne.
    VraiFaux
  5. Il faut noter l'heure à laquelle les signes ont commencé.
    VraiFaux
  6. L'hypertension artérielle est le premier facteur de risque d'AVC.
    VraiFaux
  7. Une personne aphasique a perdu son intelligence.
    VraiFaux
  8. Quand on se sent mieux, on peut arrêter son traitement de prévention.
    VraiFaux
  9. Après 6 mois, on ne fait plus aucun progrès.
    VraiFaux
  10. L'aidant peut lui aussi avoir besoin d'aide et de moments de répit.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. Même s'ils disparaissent, appelez le 15. C'est peut-être un AIT, un signal d'alarme qui annonce parfois un AVC.
  2. Vrai. C'est le F de FAST (Face). Un seul signe suffit pour appeler le 15.
  3. Faux. Appelez le 15. Les secours commencent les soins sur place et choisissent l'hôpital équipé.
  4. Faux. Ne donnez rien à boire ni à manger. La personne peut faire une fausse route grave.
  5. Vrai. Cette heure guide le choix des traitements. Sinon, notez la dernière heure où la personne allait bien.
  6. Vrai. Une tension bien contrôlée réduit le risque d'un premier AVC et d'une récidive.
  7. Faux. Elle sait ce qu'elle veut dire, mais elle a du mal à trouver ou à organiser ses mots.
  8. Faux. Arrêter, même quelques jours, expose à une récidive. Parlez d'abord à votre médecin.
  9. Faux. Les progrès ralentissent, mais ils restent possibles pendant des années, surtout pour le langage.
  10. Vrai. L'épuisement de l'aidant est fréquent. Le répit et le congé de proche aidant existent pour l'éviter.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Quels sont les signes qui doivent faire appeler le 15 immédiatement ?

Une faiblesse brutale d'un côté du corps, une bouche qui se déforme, une difficulté soudaine à parler ou à comprendre, un trouble visuel brutal, ou une perte d'équilibre soudaine et inexpliquée. Ces signes, même s'ils disparaissent en quelques minutes, imposent un appel immédiat au 15 : chaque minute d'attente aggrave les séquelles possibles.

Combien de temps dure la récupération après un AVC ?

La récupération la plus rapide se produit dans les 3 à 6 premiers mois, mais des progrès restent possibles pendant 1 à 2 ans, parfois plus pour le langage. L'évolution dépend de la zone touchée, de l'étendue des lésions et de l'intensité de la rééducation. Elle est propre à chaque patient.

Peut-on guérir complètement d'un AVC ?

Environ un tiers des patients récupèrent une autonomie proche de leur état antérieur. Les deux tiers restants gardent des séquelles, plus ou moins compatibles avec une vie autonome selon leur sévérité. La rééducation précoce et intensive améliore significativement les chances de récupération.

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  • S
    Haute Autorité de Santé (HAS), Accident vasculaire cérébral : méthodes de rééducation de la fonction motrice chez l'adulte. has-sante.fr
  • S
    Société Française de Neurologie Vasculaire (SFNV), recommandations de bonne pratique. sfnv.fr
  • S
    France AVC, fédération d'associations de patients et d'aidants, groupes de parole et information. franceavc.com
  • S
    Santé publique France, données épidémiologiques sur l'AVC en France. santepubliquefrance.fr
  • S
    Haute Autorité de Santé (HAS), METALYSE (ténectéplase) : AVC ischémique, avis de la Commission de la transparence, 23 octobre 2024. has-sante.fr
  • S
    Prabhakaran S et al., 2026 Guideline for the Early Management of Patients With Acute Ischemic Stroke, American Heart Association / American Stroke Association, Stroke, 2026. DOI 10.1161/STR.0000000000000513
  • S
    Saver JL, Time is brain, quantified, Stroke, 2006. DOI 10.1161/01.STR.0000196957.55928.ab
  • S
    Santé publique France, Accident vasculaire cérébral, en bref et la maladie, mise à jour du 8 juillet 2025. santepubliquefrance.fr
  • S
    ARS Île-de-France, Les activités d'expertise en soins médicaux et de réadaptation (SMR, ex-SSR), 2026. iledefrance.ars.sante.fr
  • S
    Portail national pour les personnes âgées et leurs proches (CNSA), L'allocation journalière du proche aidant, mise à jour du 1er juin 2026. pour-les-personnes-agees.gouv.fr

Ce guide est un exemple de contenu MediScribe destiné aux patients et aux aidants. Il doit être relu par un neurologue vasculaire avant diffusion institutionnelle.

Demander ce type de contenu pour votre établissement →
Vous dirigez un établissement ou un cabinet ?

Cette fiche est un exemple de contenu MediScribe : structuré, sourcé, imprimable en un clic, lisible par les patients et cité par les IA. Vos pages, elles, sont sans doute invisibles là où les patients cherchent aujourd'hui.

Être cité par les IA → Produire mes fiches ETP → Combien de patients je perds ?

Quelle autre fiche lire sur les causes d'AVC ?