Fiche ETP MediScribe · Cardiologie · Code CIM-10 I21.9 · Sources : HAS et ESC 2023 · Version 2 du 2 octobre 2026
MediScribe › Fiches ETP › Infarctus du myocarde
Code CIM-10 : I21.9

Infarctus du myocarde : comprendre ce qui s'est passé, et comment vivre bien après

En vidéo : les signes de l'infarctus du myocarde Deux minutes pour reconnaître les signes qui imposent d'appeler le 15.
Voir la vidéo

Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Recommandations HAS et ESC 2023 · Publié le 19 août 2026 · Mis à jour le 2 octobre 2026

Vous avez fait un infarctus. C'est une urgence vitale que vous avez traversée. Ce qui s'est passé dans votre cœur, ce que font vos médicaments, pourquoi vous ne devez jamais les arrêter seul, ce que vous pouvez manger et faire : cette fiche répond à toutes ces questions, sans rien cacher et sans vous culpabiliser.

Douleur dans la poitrine après un infarctus : que faire ?

Si vous avez un spray de Trinitrine : une bouffée sous la langue en restant assis. Si la douleur persiste au bout de 5 minutes : le 15, tout de suite. Ne prenez jamais le volant vous-même.

En bref, recommandations HAS et ESC 2023

Sources : has-sante.fr · ESC, syndromes coronariens aigus 2023

Fiches à télécharger et à imprimer

Fiche alimentation après infarctus Carnet de suivi mensuel (tension, pouls, poids)

Que se passe-t-il dans le cœur pendant un infarctus ?

ECG normal Sus-décalage ST (IDM) Après angioplastie Sus-ST

Schéma illustratif. Un sus-décalage du segment ST à l'ECG est le signe électrique d'un infarctus en cours.

L'infarctus du myocarde survient quand une artère coronaire, qui nourrit le muscle cardiaque, se bouche brutalement. Dans 90 % des cas, c'est un caillot qui se forme sur une plaque d'athérosclérose (dépôt de graisses sur la paroi de l'artère) qui se fissure. Le muscle privé d'oxygène commence à souffrir en quelques minutes, puis à se nécroser. Chaque minute compte : c'est pourquoi la rapidité du traitement est déterminante pour la surface de muscle sauvegardée.

En chiffres, France (données 2014)

En 2014, plus de 60 000 personnes ont été hospitalisées pour un infarctus du myocarde en France, et plus de 110 000 pour un syndrome coronarien aigu. Chez les femmes de 45 à 65 ans, le taux d'hospitalisation a augmenté de 20 % entre 2008 et 2014 (Santé publique France, 2019).

Qu'est-ce qu'une angioplastie coronaire ?

C'est l'intervention que vous avez probablement eue. Un cathéter très fin est introduit par l'artère radiale (poignet) ou fémorale (aine). Il remonte jusqu'à l'artère coronaire bouchée, désobstrue le caillot, puis dilate l'artère avec un petit ballonnet. Un stent (petit ressort métallique) est posé pour maintenir l'artère ouverte. L'opération dure généralement de 30 minutes à 1 heure. Vous êtes conscient sous sédation légère. C'est cette intervention qui a limité les dégâts sur votre cœur.

Et si j'ai eu un pontage coronarien ?

Dans certains cas (plusieurs artères atteintes, anatomie coronaire complexe), les chirurgiens préfèrent un pontage : on dérive le flux sanguin en greffant une veine ou une artère provenant d'une autre partie de votre corps pour court-circuiter l'artère bouchée. Le principe de suivi après infarctus est identique, que vous ayez eu une angioplastie ou un pontage.

Quels symptômes d'infarctus passent inaperçus ?

L'image classique de l'homme qui s'effondre en serrant sa poitrine est réelle, mais incomplète. Environ 25 % des infarctus, notamment chez les femmes et les personnes diabétiques, se manifestent de façon atypique ou silencieuse.

Présentation classiquePrésentation atypique
Douleur ou serrement intense au centre de la poitrine, durant plus de 20 minutesDouleur épigastrique ("mal au ventre") avec nausées, mimant une crise de foie
Irradiation vers le bras gauche, la mâchoire, le cou ou le dosEssoufflement brutal sans douleur thoracique
Sueurs froides, pâleur, malaiseFatigue intense inexpliquée, surtout chez la femme
Sensation de mort imminente, angoissePalpitations, vertiges, syncope
Femmes et diabétiques : double vigilance

Chez la femme, les douleurs thoraciques typiques sont moins fréquentes. L'essoufflement, la fatigue inhabituelle et les nausées sont souvent au premier plan. Chez les personnes diabétiques, la neuropathie autonome peut abolir la douleur : un infarctus peut être quasi indolore. Si un symptôme inhabituel dure plus de quelques minutes : le 15, sans attendre.

Quel traitement après un infarctus du myocarde ?

Après un infarctus, votre traitement repose sur quatre familles de médicaments et sur votre hygiène de vie, résumées en France par l'aide-mémoire B.A.S.I.C. Ces traitements suivent les recommandations de l'ESC (2023). Chacun joue un rôle précis et complémentaire. Arrêter l'un d'eux seul, même si vous vous sentez bien, peut être dangereux.

B
Bêtabloquants

Ralentissent le rythme cardiaque et réduisent la charge de travail du cœur. Protègent contre les troubles du rythme et l'insuffisance cardiaque post-IDM. Exemples : métoprolol, bisoprolol, carvédilol. Ils sont surtout utiles si votre cœur pompe moins bien après l'infarctus (fraction d'éjection de 40 % ou moins). Si votre cœur pompe normalement, l'étude REDUCE-AMI (2024) n'a pas montré de bénéfice à long terme : votre cardiologue décide de les garder ou non. Ne les arrêtez jamais seul.

A
Antiagrégants plaquettaires (double antiagrégation)

Aspirine + ticagrelor ou prasugrel. Empêchent les plaquettes de former un nouveau caillot sur le stent. La double antiagrégation dure en général 12 mois. Votre cardiologue peut la raccourcir si vous risquez de saigner, ou la prolonger. L'arrêter seul expose à un risque de thrombose du stent.

S
Statines (forte dose)

Objectif LDL inférieur à 0,55 g/L. Stabilisent les plaques d'athérosclérose et réduisent l'inflammation vasculaire. Exemples : rosuvastatine 40 mg, atorvastatine 80 mg. Les douleurs musculaires sont possibles : signalez-les sans arrêter le médicament de vous-même.

I
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) ou ARA II

Protègent la paroi cardiaque, limitent le remodelage (dilatation) du cœur après la nécrose. Réduisent la pression artérielle. Exemples : ramipril, périndopril, valsartan. La toux persistante sous IEC est gênante mais pas dangereuse. Parlez-en à votre cardiologue plutôt que d'arrêter.

C
Correction des facteurs de risque

Arrêt du tabac, alimentation adaptée, activité physique régulière, contrôle de la tension (objectif moins de 130/80 mmHg) et du diabète. Cette lettre regroupe les changements de mode de vie qui renforcent l'effet des quatre autres. Le vaccin contre la grippe, chaque année, est aussi recommandé (ESC 2023).

Le spray de Trinitrine (Natispray) : mode d'emploi exact

Si votre cardiologue vous l'a prescrit :

  • 1
    Asseyez-vous immédiatement. Ne restez pas debout (la Trinitrine fait baisser la tension et peut provoquer une chute).
  • 2
    Une bouffée sous la langue. Gardez la bouche fermée 30 secondes.
  • 3
    Si la douleur persiste au bout de 5 minutes : appelez le 15 immédiatement. Ne faites pas une deuxième dose seul sans l'avis du SAMU.

La Trinitrine n'est pas indiquée pour tous les patients post-IDM. Votre cardiologue décide si elle est utile dans votre cas.

À quoi sert la réadaptation cardiaque ?

La réadaptation cardiaque (ou réhabilitation cardiovasculaire) est recommandée par la HAS et l'ESC après un infarctus. Elle n'est pas réservée aux cas sévères. Dans les études, elle réduit d'environ 28 % le risque de nouvel infarctus et de 42 % les hospitalisations pendant la première année (synthèse Cochrane, 2021).

Ce que propose la réadaptationPourquoi c'est utile pour vous
Reprise progressive de l'effort, encadrée par un kinésithérapeuteRenforcez votre cœur sans risque, avec un monitoring en temps réel
Consultation avec un diététicienAdapter l'alimentation sans régime inutile
Soutien psychologiqueL'anxiété post-IDM est normale et traitable
Éducation thérapeutique en groupeComprendre sa maladie réduit la non-observance
Aide au sevrage tabagiqueLe contexte médical aide à arrêter le tabac

La réadaptation peut se faire en hospitalisation (centre spécialisé) ou en ambulatoire (centre près de chez vous). Demandez à votre cardiologue de vous orienter avant votre sortie ou lors du premier suivi.

Risque de nouvel infarctus la première année Sans réadaptation 100 % Avec réadaptation -28 % Source : Cochrane 2021 (Dibben)

Quelle espérance de vie après un infarctus ?

Dans le registre français FAST-MI, entre 83 et 88 % des patients soignés rapidement en 2005 pour un infarctus avec sus-décalage ST étaient en vie 5 ans plus tard (Circulation, 2014). Les traitements ont encore progressé depuis. Suivre son traitement et arrêter de fumer améliorent ce pronostic. La réadaptation cardiaque aussi. L'infarctus laisse une cicatrice sur le cœur, et un cœur cicatrisé fonctionne.
PhaseCe qui se passeCe qu'on surveille
J1 à J3 : soins intensifs cardiologiquesSurveillance du rythme cardiaque, stabilisation hémodynamique, début du traitement B.A.S.I.C.ECG en continu, troponine, échocardiographie initiale
J4 à J10 : sortie progressiveÉvaluation de la fonction cardiaque (fraction d'éjection), éducation thérapeutique, organisation du suiviÉchocardiographie, bilan sanguin, prescription réadaptation
1 à 6 semaines : cicatrisationLe myocarde cicatrise. Fatigue normale. Reprise progressive des activités.Consultation cardio à J30, ECG, bilan lipidique
3 à 6 mois : réadaptationProgramme de réadaptation. Reprise du travail discutée selon le métier.Test d'effort (épreuve d'effort), échocardiographie de contrôle
Annuel : suivi au long coursContrôle du traitement, des facteurs de risque, adaptation des dosesECG, bilan sanguin (LDL, glycémie, INR si besoin), pression artérielle

La fraction d'éjection (FE) : ce que le chiffre signifie vraiment

Votre cardiologue a probablement mentionné ce chiffre. La fraction d'éjection mesure le pourcentage de sang que le cœur éjecte à chaque battement. Normale : entre 55 et 70 %. Après un infarctus, elle peut être abaissée. Une FE entre 40 et 50 % ("légèrement réduite") est compatible avec une vie quasi normale avec le bon traitement. Une FE inférieure à 40 % ("réduite") justifie un suivi et un traitement plus intensif.

Ce qui améliore le pronostic à long terme
  • 1
    Observance du traitement B.A.S.I.C. sur le long terme (la principale cause de récidive est l'arrêt des antiagrégants)
  • 2
    Arrêt du tabac : chez les personnes ayant une maladie coronaire, il réduit de 36 % le risque de décès (synthèse de 20 études, JAMA 2003)
  • 3
    Participation à la réadaptation cardiaque
  • 4
    Contrôle du LDL (objectif inférieur à 0,55 g/L)
  • 5
    Activité physique régulière et adaptée (30 minutes par jour, 5 jours par semaine)

Que manger après un infarctus ?

Il n'y a pas de régime cardiaque. Il y a des ajustements, certains importants, d'autres moins, que vous pouvez faire progressivement. Aucun aliment n'est interdit. Aucun geste alimentaire ne se substitue au traitement médicamenteux.

Légumes et fruits 50 % Protéines maigres 25 % Féculents complets 25 % Modèle méditerranéen (ESC 2023)
PrivilégierRéduire (pas supprimer)Éviter vraiment
Poissons gras (sardine, maquereau, saumon), 2 fois par semaineCharcuteriesGraisses trans industrielles (margarines dures, fritures industrielles)
Huile d'olive extra vierge en assaisonnementFromages gras (sans les supprimer)Tabac : aucune dose n'est sûre après un IDM
Fruits et légumes frais ou surgelés (5 portions/jour)Sel (objectif inférieur à 5 g/jour)Boissons sucrées en quantité
Féculents complets (riz complet, pain complet, légumineuses)Produits ultra-transformésAlcool fort en quantité (un verre de vin/jour reste discutable)
Noix, amandes, noisettes (une poignée par jour)Sucres rapides en quantitéRéglisse si vous prenez de la cortisone ou certains diurétiques

Le poids : chaque kilo perdu quand vous êtes en surpoids peut aider à améliorer les chiffres de tension et de cholestérol. Mais les régimes drastiques après un infarctus sont contre-productifs. Une alimentation satisfaisante et durable vaut mieux qu'un régime frustrant abandonné après trois semaines.

Quel sport reprendre après un infarctus, et quand ?

L'ESC recommande 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine pour tous les patients après un IDM, à condition d'avoir eu le feu vert de votre cardiologue. C'est une recommandation de classe I, la plus forte.

Ce que vous pouvez faire, et quand
  • S1-S2
    Marche lente à domicile (10 à 15 minutes, 2 fois par jour) si vous vous sentez bien. Pas d'effort.
  • S3-S4
    Augmentation progressive de la durée. Marche en plat, sans essoufflement marquant.
  • M2-M3
    Début de la réadaptation encadrée. Vélo d'appartement, aquagym, marche soutenue.
  • M6+
    Activité physique régulière autonome. Épreuve d'effort préalable recommandée pour fixer les limites de fréquence cardiaque.

À éviter dans les 6 premières semaines

  • Efforts brusques ou très intenses (port de charges lourdes, sprints)
  • Sport de compétition ou efforts isométriques prolongés (musculation lourde)
  • Activité par températures extrêmes (grand froid, canicule)

Les activités sexuelles peuvent reprendre après accord de votre cardiologue, généralement après la réadaptation bien engagée. N'hésitez pas à en parler : la question est légitime et votre équipe soignante y est habituée.

Peut-on conduire et travailler après un infarctus ?

La conduite automobile

En France, la réglementation interdit de conduire tant que des symptômes persistent, et pendant au moins 4 semaines après un infarctus qui a touché le muscle cardiaque (arrêté du 28 mars 2022, mémento de la Sécurité routière). Si vous êtes chauffeur professionnel, la durée peut être plus longue et nécessite un avis médical spécifique. Informez-vous auprès de votre cardiologue avant de reprendre le volant.

La reprise du travail

Elle se discute avec votre cardiologue, en tenant compte du type de poste (travail de bureau versus travail physique intense), de la surface de l'infarctus et de votre fraction d'éjection. En moyenne : 4 à 8 semaines pour un travail sédentaire, jusqu'à plusieurs mois pour un travail physiquement exigeant. Une visite de pré-reprise avec la médecine du travail est souvent utile.

Les voyages et l'avion

Un vol court-courrier est généralement possible 2 à 3 semaines après l'IDM si votre situation est stable. Pour les vols long-courriers ou les destinations en altitude, l'avis de votre cardiologue est indispensable. Souscrivez une assurance voyage qui couvre les pathologies cardiovasculaires. Vérifiez les exclusions de garantie.

L'anxiété et la dépression post-IDM : ce qu'on ne vous dit pas souvent

Environ 1 patient sur 5 fait une vraie dépression après un infarctus, et près d'1 sur 3 a des symptômes dépressifs (synthèse d'études, J Gen Intern Med 2006). Cette réaction après un événement traumatisant est fréquente et bien connue. Elle ne dit rien de votre force de caractère. La dépression non traitée est un facteur de mauvais pronostic cardiovasculaire. Si vous vous sentez triste, anxieux, que vous n'avez plus d'envie ou que vous dormez mal : parlez-en à votre médecin. Il existe des traitements efficaces et compatibles avec votre traitement cardiaque.

La sexualité

Oui, la vie sexuelle reprend. L'effort physique correspondant à la sexualité équivaut à monter deux étages d'escaliers au rythme normal. Pour la grande majorité des patients, cela est possible quelques semaines après l'IDM, après accord de votre cardiologue. Les inhibiteurs de PDE5 (Viagra, Cialis) sont contre-indiqués avec la Trinitrine. Parlez-en absolument avant de les prendre.

L'alcool

La consommation modérée (un verre par jour maximum) est discutée dans la littérature. Ce qui est certain : la consommation excessive de plus de deux verres par jour augmente le risque cardiovasculaire. Après un IDM, la prudence est de mise. Votre cardiologue est le mieux placé pour vous conseiller selon votre situation.

Quel suivi médical après un infarctus ?

ÉchéanceQui voirExamens
À la sortie de l'hôpitalVotre médecin traitant sous 48hVérifier la compréhension du traitement, les prescriptions
J30CardiologueECG, échographie, bilan sanguin (LDL, glycémie, NFS), pression artérielle
M3CardiologueÉvaluation du traitement, épreuve d'effort si réadaptation terminée
M6Cardiologue + médecin traitantÉchocardiographie de contrôle (fraction d'éjection), bilan lipidique
AnnuelCardiologueECG, échocardiographie, bilan sanguin complet, ajustement du traitement

Ce que vous pouvez surveiller vous-même chaque semaine

Quels signes doivent faire consulter rapidement ?

Appelez votre médecin dans les 24-48h

  • Essoufflement inhabituellement important à l'effort
  • Fatigue croissante et inexpliquée
  • Gonflement des chevilles ou des jambes apparaissant progressivement
  • Palpitations persistantes
  • Effets indésirables du traitement gênants (douleurs musculaires, toux sous IEC)
  • Prise de poids supérieure à 2 kg en 48 heures
  • Tension supérieure à 160/100 malgré le traitement

Quand appeler le 15 sans attendre ?

  • Douleur ou serrement intense dans la poitrine durant plus de quelques minutes
  • Douleur irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dos, avec sueurs
  • Essoufflement brutal au repos
  • Malaise, perte de connaissance
  • Douleur non soulagée par la Trinitrine au bout de 5 minutes

Ne prenez jamais le volant vous-même. Ne demandez pas à un proche de vous conduire. Appelez le 15 : une équipe du SAMU peut commencer le traitement immédiatement, dans la rue si nécessaire.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien l'infarctus du myocarde ?

Quiz : connaissez-vous bien l'infarctus du myocarde ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. Chez la femme, un infarctus peut se manifester surtout par un essoufflement ou une grande fatigue.
    VraiFaux
  2. Si la douleur dure encore 5 minutes après la Trinitrine, je prends ma voiture pour aller aux urgences.
    VraiFaux
  3. Je me sens bien, donc je peux arrêter l'aspirine ou le ticagrelor sans en parler à mon cardiologue.
    VraiFaux
  4. La double antiagrégation dure en général 12 mois, mais le cardiologue peut adapter cette durée.
    VraiFaux
  5. Si j'ai des douleurs musculaires sous statine, j'arrête le médicament tout seul.
    VraiFaux
  6. La réadaptation cardiaque est réservée aux infarctus graves.
    VraiFaux
  7. Après un infarctus, il faut éviter tout effort physique pour le reste de sa vie.
    VraiFaux
  8. Arrêter de fumer est l'un des gestes les plus utiles après un infarctus.
    VraiFaux
  9. Après un infarctus qui a touché le muscle du cœur, je ne conduis pas pendant au moins 4 semaines.
    VraiFaux
  10. Se sentir triste ou angoissé après un infarctus est fréquent et peut se soigner.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Vrai. Chez la femme et chez les personnes diabétiques, la douleur typique manque souvent. Au moindre doute, appelez le 15.
  2. Faux. Appelez le 15. Ne conduisez jamais vous-même et ne demandez pas à un proche de vous emmener.
  3. Faux. Ces médicaments empêchent un caillot de se former sur le stent. Les arrêter seul expose à une thrombose du stent.
  4. Vrai. Le cardiologue peut la raccourcir si vous risquez de saigner, ou la prolonger.
  5. Faux. Signalez ces douleurs à votre médecin. Il peut changer la dose ou le médicament.
  6. Faux. Elle est recommandée après tout infarctus. Elle réduit le risque de nouvel infarctus.
  7. Faux. L'activité physique adaptée est recommandée, avec l'accord de votre cardiologue.
  8. Vrai. Chez les personnes ayant une maladie coronaire, l'arrêt du tabac réduit nettement le risque de décès.
  9. Vrai. C'est la règle en France pour le permis B. Votre médecin vous dit quand reprendre.
  10. Vrai. C'est fréquent après un infarctus. Parlez-en à votre médecin : il existe des solutions.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Questions fréquentes

Vais-je refaire un infarctus ?

Le risque existe. Il est de l'ordre de 5 à 10 % à 5 ans selon les études. Mais il est fortement réduit par le traitement B.A.S.I.C., l'arrêt du tabac, la réadaptation et le contrôle des facteurs de risque. Chaque geste de prévention compte. Ce n'est pas une fatalité.

Combien de temps dois-je prendre la double antiagrégation ?

En général 12 mois après un infarctus traité par stent. Votre cardiologue peut raccourcir cette durée si vous risquez de saigner, ou la prolonger si le risque de nouveau caillot est élevé. L'arrêter seul expose à une thrombose du stent, une complication grave.

Mes médicaments ont l'air nombreux et lourds. Est-ce normal ?

Oui, c'est habituel après un infarctus. Quatre familles de médicaments, c'est ce que les recommandations européennes et françaises préconisent. Les doses sont ajustées progressivement. Si vous trouvez la quantité difficile à gérer, parlez-en à votre médecin : des ajustements sont parfois possibles.

Puis-je me faire opérer d'autre chose maintenant que j'ai un stent ?

Oui, mais le chirurgien et l'anesthésiste doivent savoir que vous avez un stent coronaire et que vous prenez une double antiagrégation. Arrêter l'aspirine ou le ticagrelor avant une opération, c'est votre cardiologue qui le décide. Ne l'arrêtez jamais seul.

La statine : mes amis me disent que c'est dangereux. Dois-je en avoir peur ?

Les douleurs musculaires (myalgies) sont possibles chez environ 5 à 10 % des patients mais rarement sérieuses. La rhabdomyolyse (destruction musculaire grave) est exceptionnelle. Les bénéfices des statines après un infarctus, prouvés par des dizaines d'essais randomisés, dépassent largement les risques. Si vous avez des douleurs, signalez-les pour ajuster la molécule ou la dose. Ne les arrêtez pas seul.

J'ai peur depuis l'infarctus. Est-ce normal ?

Complètement normal. L'anxiété post-IDM touche la majorité des patients. Vous avez vécu un événement qui peut être vécu comme une menace de mort. Cette peur peut disparaître progressivement, ou persister sous forme d'anxiété chronique. Si elle interfère avec votre sommeil ou votre traitement, parlez-en à votre médecin. Un soutien psychologique, en particulier une thérapie cognitivo-comportementale, peut vous aider. Un traitement est possible si besoin.

Dois-je signaler mon infarctus à mon assureur ?

Oui, en principe. Un infarctus est une modification du risque qui doit être déclaré. Contactez votre assureur (assurance-vie, prévoyance) et vérifiez les clauses de votre contrat. Pour les nouvelles souscriptions, un questionnaire de santé sera nécessaire. Des contrats adaptés aux personnes après un infarctus existent.

Quand peut-on reprendre une activité physique après un infarctus ?

Progressivement. La marche lente est possible dès la première semaine s'il n'y a pas de contre-indication, puis la réadaptation encadrée commence vers le deuxième mois. À long terme, l'ESC recommande 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine.

Que faire si je ressens une nouvelle douleur dans la poitrine ?

Asseyez-vous immédiatement. Si vous avez un spray de Trinitrine, prenez une bouffée sous la langue. Si la douleur persiste au bout de 5 minutes, appelez le 15 immédiatement. Ne prenez jamais le volant.

Quand peut-on reprendre le travail après un infarctus ?

En moyenne 4 à 8 semaines pour un travail sédentaire, plusieurs mois pour un travail physiquement exigeant. La décision se prend avec le cardiologue, selon le poste et la sévérité de l'infarctus.

Quelles fiches lire ensuite ?

Ce contenu est produit par MediScribe selon les recommandations HAS et ESC 2023. Il est destiné à l'information du patient et ne remplace pas l'avis de votre cardiologue.

Demander ce type de contenu pour votre établissement

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. Haute Autorité de santé (HAS). Site officiel has-sante.fr.
  2. Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : syndrome coronarien chronique. Validé en avril 2021.
  3. Byrne RA et coll. 2023 ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes. Société européenne de cardiologie, Eur Heart J 2023;44:3720-3826. doi:10.1093/eurheartj/ehad191.
  4. Société européenne de cardiologie et European Atherosclerosis Society. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias (mise à jour ciblée en 2025). doi:10.1093/eurheartj/ehz455.
  5. Wenger NK. What US Cardiology Can Learn From the 2023 ESC Guidelines for the Management of Acute Coronary Syndromes. Clin Cardiol 2024. doi:10.1002/clc.24329.
  6. British Journal of Cardiology. ACS module 2 : long-term antithrombotic and cardiovascular risk factor management. 2025.
  7. Yndigegn T et coll. Beta-Blockers after Myocardial Infarction and Preserved Ejection Fraction (essai REDUCE-AMI). N Engl J Med 2024;390:1372-1381. doi:10.1056/NEJMoa2401479.
  8. Dibben G et coll. Exercise-based cardiac rehabilitation for coronary heart disease. Cochrane Database Syst Rev 2021;11:CD001800. doi:10.1002/14651858.CD001800.pub4.
  9. Danchin N et coll. Five-year survival in patients with ST-segment-elevation myocardial infarction according to modalities of reperfusion therapy : the FAST-MI 2005 cohort. Circulation 2014;129:1629-1636. doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.113.005874.
  10. Critchley JA, Capewell S. Mortality risk reduction associated with smoking cessation in patients with coronary heart disease. JAMA 2003;290:86-97. doi:10.1001/jama.290.1.86.
  11. Thombs BD et coll. Prevalence of depression in survivors of acute myocardial infarction. J Gen Intern Med 2006;21:30-38. doi:10.1111/j.1525-1497.2005.00269.x.
  12. Santé publique France. Infarctus du myocarde. Données 2014, page mise à jour le 25 juin 2019.
  13. Délégation à la sécurité routière. Mémento pour le médecin d'un patient-conducteur, d'après l'arrêté du 28 mars 2022. Diffusé par l'ARS Centre-Val de Loire, 2024.
  14. Fédération française de cardiologie. fedecardio.org.