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La dialyse : tout comprendre pour bien vivre avec votre traitement

Vous étiez très fatigué.e depuis quelques temps. Vous sentiez que vous n'étiez pas dans votre assiette et vos dernières analyses sanguines sont très mauvaises.
Vous sortez d'une consultation avec votre néphrologue et la confirmation est tombée. Il vient de vous proposer la dialyse. Si vous l'acceptez, cette nouvelle va changer votre vie et celle de vos proches. Sous le choc, vous n'avez pas pensé à poser toutes les questions que vous aviez en tête. Le médecin avait sans nul doute d'autres patients qui attendaient. Vous avez besoin d'y voir plus clair, et de comprendre ce qui vous arrive.
Ce guide répond à de très nombreuses interrogations, avec le plus de simplicité possible.
Votre néphrologue reste votre interlocuteur principal : lisez ce contenu pour arriver à vos premières séances de dialyse avec les bonnes questions.

Vous devez faire des dialyses ? Comment ça fonctionne ? Découvrez le service de dialyse et les effets de l'hémodialyse sur votre santé

Que trouver dans ce guide sur la dialyse ?

  1. Qu'est-ce que l'insuffisance rénale chronique ?
  2. Pourquoi la dialyse vous a-t-elle été proposée ?
  3. Pourquoi voyez-vous un néphrologue à chaque séance ?
  4. Quels examens sont faits pendant la dialyse ?
  5. Pourquoi la dialyse est-elle aussi fréquente ?
  6. Pourquoi la dialyse est-elle obligatoire ?
  7. Quels soignants vous suivent en dialyse ?
  8. Quels sont vos droits sociaux en dialyse ?
  9. Que peut-on manger quand on est dialysé ?
  10. Que boire et en quelle quantité en dialyse ?
  11. Quels médicaments prend-on en dialyse ?
  12. Comment accéder à une greffe de rein ?
  13. Peut-on partir en vacances quand on est dialysé ?
  14. Comment vivre la dialyse avec ses proches ?
  15. Quiz à imprimer

Qu'est-ce que l'insuffisance rénale chronique ?

En bref : vos reins filtrent le sang, règlent la pression artérielle et le potassium, et aident à fabriquer les globules rouges. L'insuffisance rénale chronique est la perte progressive de cette filtration. Elle ne se guérit pas, mais elle se gère, et on la mesure par le débit de filtration glomérulaire.

Vos reins sont deux organes en forme de haricot, situés de part et d'autre de la colonne vertébrale. Leur rôle est essentiel : ils filtrent environ 180 litres de sang par jour, éliminent les déchets par les urines, régulent votre pression artérielle, votre taux de potassium (K+) et de sel, et produisent des hormones nécessaires à la fabrication des globules rouges.

L'insuffisance rénale chronique (IRC), c'est la perte progressive et irréversible de cette capacité de filtration. Elle ne se guérit pas, mais elle se gère. On la mesure grâce au débit de filtration glomérulaire (ou DFG), exprimé en pourcentage ou en ml/min/1,73m².

Les 5 stades de l'insuffisance rénale chronique
G1
DFG ≥ 90 · Fonction normale avec signes d'atteinte
G2
DFG 60 à 89 · Légèrement diminuée
G3
DFG 30 à 59 · Modérément diminuée
G4
DFG 15 à 29 · Sévèrement diminuée
G5
DFG < 15 · Insuffisance terminale → dialyse ou greffe

Vous êtes désormais au stade 5, dit insuffisance rénale chronique terminale (IRCT). Vos reins ne peuvent plus assurer seuls la filtration nécessaire à votre survie. C'est à ce stade que la dialyse ou la greffe rénale deviennent indispensables. Sans la dialyse, vous ne pourrez pas survivre plus de quelques jours. Votre néphrologue est conscient des contraintes de la dialyse : fatigue, crampes, essoufflement, hygiène de vie irréprochable, détresse psychologique fréquente.

Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

Dans la grande majorité des cas, l'IRC terminale est causée par le diabète (néphropathie diabétique), l'hypertension artérielle (néphrosclérose), ou une maladie rénale héréditaire comme la polykystose. D'autres causes existent : glomérulonéphrites, maladies auto-immunes, obstructions chroniques des voies urinaires. Vous n'y êtes pour rien. Cette maladie évolue souvent sans bruit pendant des années.

À retenir
L'IRC est irréversible, mais la dialyse permet à des milliers de patients de mener une vie active et stable pendant de nombreuses années. Au 31 décembre 2023, près de 53 000 personnes étaient traitées par dialyse en France (registre REIN, rapport annuel 2023).

Pourquoi la dialyse vous a-t-elle été proposée ?

En bref : la dialyse remplace le travail de filtration que vos reins ne font plus. Sans elle, les déchets, le potassium et l'eau s'accumulent dans le sang. Deux traitements de suppléance existent : la dialyse, et la greffe rénale quand elle est possible.

La dialyse a été proposée parce que vos reins ne peuvent plus remplir leurs fonctions vitales de façon suffisante. Concrètement, cela signifie que sans traitement de suppléance, les déchets et toxines s'accumuleraient dans votre sang (on parle d'urémie), le potassium monterait à des niveaux dangereux pour le cœur, et l'excès d'eau provoquerait des œdèmes sévères et une détresse respiratoire. Dans votre cas, et sans dialyse, vous risquez de mourir en quelques jours.

Il existe deux types de traitement de suppléance rénale :

La dialyse vous a été proposée parce que votre état clinique ne permettait pas d'attendre une greffe. Dans certains cas (certaines comorbidités, l'âge, l'état général), il existe une contre-indication temporaire ou permanente à la greffe. Votre néphrologue vous a expliqué les raisons spécifiques à votre situation. Si nécessaire, demandez-lui des précisions sur votre situation lors des consultations en dialyse.

Hémodialyse ou dialyse péritonéale ?
L'hémodialyse en centre est la forme la plus courante : votre sang est filtré à travers un rein artificiel (dialyseur) 3 fois par semaine, pendant 4 heures environ. La dialyse péritonéale utilise le péritoine (membrane naturelle de l'abdomen) comme filtre, et peut se faire à domicile chaque nuit, ou parfois en pleine journée. Votre néphrologue a choisi, avec vous et votre consentement, la modalité la plus adaptée à votre situation médicale et à votre mode de vie. Tous les patients ne pourraient supporter une dialyse à domicile. C'est une véritable contrainte.
De la même manière, la dialyse est un acte médical contraignant et fatigant pour de très nombreux patients. Vous allez être soumis à un rythme de vie particulier, où votre santé aura la place centrale.

Pourquoi voyez-vous un néphrologue à chaque séance ?

En bref : le néphrologue n'est pas là par formalité. Il vérifie que la dose de dialyse reçue est suffisante, ajuste la durée et les réglages selon votre poids et vos bilans, et surveille votre cœur, qui est le point le plus sensible en dialyse.

La présence ou la disponibilité d'un néphrologue à chaque séance est une exigence médicale et réglementaire. Voici pourquoi :

Votre néphrologue est votre médecin référent
En dialyse, le néphrologue joue le rôle de médecin coordinateur de l'ensemble de votre prise en charge. Il travaille en équipe avec les infirmiers et infirmières de dialyse, les aide-soignant.e.s, le.a diététicien.ne et l'assistant.e social.e du service. N'hésitez jamais à lui poser vos questions : il est là pour vous écouter, et vous aiguiller. Tout le personnel est là pour répondre à vos questions.
Vous devez faire des dialyses ? Comment ça fonctionne ? Découvrez le service de dialyse et les effets de l'hémodialyse sur votre santé

Quels examens sont faits pendant la dialyse ?

En bref : à chaque séance : pesée avant et après, tension, température, pouls et contrôle de votre fistule ou de votre cathéter. Chaque mois, une prise de sang mesure l'urée, la créatinine, le potassium, le phosphore et le calcium pour ajuster le traitement.

À chaque séance

Tous les mois (bilan biologique mensuel)

Tous les 6 mois à 1 an

Conservez vos résultats et biologie
Demandez à votre centre de dialyse une copie de vos bilans biologiques réguliers. Ils vous permettront de suivre l'évolution de vos paramètres et de mieux comprendre les ajustements de traitement.

Pourquoi la dialyse est-elle aussi fréquente ?

En bref : les journées de dialyse sont longues et souvent fatigantes, et entre les séances il faut surveiller le sel, le potassium, le phosphore et surtout les boissons. Beaucoup de patients continuent pourtant à travailler, à voyager et à mener une vie active.
Votre quotidien sous dialyse
La plupart des patients en dialyse organisent leur vie autour des séances (souvent 3 fois par semaine en centre). Les journées de dialyse sont longues, avec fatigue fréquente pendant ou après la séance, parfois des chutes de tension ou des crampes. Entre les séances, il faut surveiller strictement l’alimentation (sel, potassium, phosphore) et surtout la quantité de boisson, car l’excès d’eau s’accumule. Beaucoup décrivent une sensation de contraintes régulières et une énergie fluctuante. Malgré cela, certains continuent à travailler, voyager ou vivre de façon assez active, surtout avec la dialyse à domicile ou la dialyse péritonéale, plus flexibles.

La dialyse en hémodialyse se fait 3 fois par semaine, environ 4 heures par séance. Ce rythme peut paraître contraignant. En réalité, il l'est. Néanmoins, il est médicalement indispensable. Voici pourquoi :

Vos reins, avant la maladie, filtraient votre sang 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Lorsque vous alliez uriner, vous évacuiez ces déchets. Désormais, vous n'urinez plus, ou très peu. En dialyse, on compense cette fonction continue par des séances répétées et suffisamment longues. Entre deux séances (48 à 72 heures), les déchets et le potassium s'accumulent. Plus l'intervalle est long, plus l'accumulation est importante et dangereuse.

Le saviez-vous ?
Certains patients bénéficient d'une dialyse courte quotidienne (5 à 6 séances par semaine de 2h30) ou d'une dialyse longue nocturne. Ces modalités, quand elles sont disponibles, améliorent le contrôle tensionnel, la qualité de vie et réduisent les restrictions alimentaires.

Pourquoi la dialyse est-elle obligatoire ?

En bref : sans dialyse, les déchets s'accumulent dans le sang : c'est l'urémie, mortelle à terme. Manquer une séance, arriver en retard ou se faire débrancher trop tôt expose à de l'eau dans les poumons ou à un trouble du rythme cardiaque. Prévenez votre centre plutôt que de sauter une séance.

Sans dialyse, les déchets azotés s'accumulent dans votre sang : c'est ce qu'on appelle l'urémie. Vous n'urinez plus car l'urine n'est plus produite, les déchets restent dans votre système sanguin. À terme et sans traitement, cette intoxication est mortelle. La dialyse vous maintient en vie et préserve votre qualité de vie.

Ne pas venir à une séance, arriver en retard ou demander à être déconnecté trop tôt sont des situations qui ont des conséquences médicales réelles : œdème pulmonaire (eau dans les poumons), arrêt cardiaque hyperkaliémique (excès de potassium causant un arrêt cardiaque), encéphalopathie urémique (accumulation de déchets dans le cerveau). Ces complications peuvent être urgentes et engager le pronostic vital.

Si vous ne pouvez pas venir à une séance
Appelez votre centre de dialyse dès que possible. En cas d'empêchement imprévu (maladie, problème de transport), une séance de rattrapage peut souvent être organisée en urgence. Ne restez jamais plus de 72h sans dialyse sans en avoir informé votre équipe soignante.

→ Lire notre guide complet sur l'observance thérapeutique dans les maladies chroniques

Quels soignants vous suivent en dialyse ?

En bref : au centre, vous voyez le néphrologue, l'infirmier de dialyse, l'aide-soignant et le diététicien. En dehors, votre médecin traitant, votre dentiste et votre pharmacien restent indispensables. Savoir qui fait quoi vous évite de rester sans réponse.

L'équipe de votre centre de dialyse (à voir à chaque séance)

🩺 Néphrologue
Médecin référent. Prescrit et ajuste votre dialyse, surveille votre état général, coordonne la greffe.
💉 Infirmier(ère) de dialyse
Prend en charge votre installation, la pose et le retrait des aiguilles, la surveillance pendant la séance.
🤝 Aide-soignant(e)
Présent à vos côtés pendant la séance, assure votre confort et surveille les signes d'alarme.
🥗 Diététicien(ne)
Adapte votre alimentation à la dialyse. À consulter dès le début et en cas de déséquilibre des bilans.

Les professionnels à voir régulièrement (hors centre)

👨‍⚕️ Médecin généraliste
Suivi des autres pathologies (diabète, HTA), ordonnances courantes, certificats. À voir au moins 1 fois par mois. Votre néphrologue n'est pas là pour remplacer votre médecin généraliste.
❤️ Cardiologue
Suivi cardiovasculaire indispensable : les patients dialysés ont un risque cardio-vasculaire très élevé. À voir au moins 1 fois par an.
💊 Pharmacien
Vérifie les interactions médicamenteuses, répond aux questions sur vos traitements. Votre allié quotidien.
🦷 Chirurgien-dentiste
Les foyers infectieux dentaires sont une contre-indication à la greffe. Suivi dentaire rigoureux obligatoire (2 fois/an minimum).
👁️ Ophtalmologue
Surtout en cas de diabète ou d'HTA associés. Contrôle annuel du fond d'œil recommandé.
🏛️ Assistante sociale
Présente dans votre centre de dialyse. Elle vous aide pour les démarches ALD, MDPH, transport, aides à domicile.

Quels sont vos droits sociaux en dialyse ?

En bref : l'insuffisance rénale chronique terminale ouvre droit à l'ALD 19 : dialyse, médicaments, consultations, examens et transports sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, le plus souvent sans avance de frais.

L'ALD 19 : prise en charge à 100 %

L'insuffisance rénale chronique terminale est reconnue en Affection de Longue Durée (ALD 19). Cela signifie que l'ensemble des soins en lien avec votre maladie rénale (dialyse, médicaments, consultations spécialisées, examens biologiques et d'imagerie, transport médicalisé) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais dans la plupart des cas.

Le coût d'une séance de dialyse en centre public
Une séance d'hémodialyse en centre hospitalier public coûte entre 300 € et 400 € par séance, soit environ 50 000 € à 60 000 € par an pour un patient dialysé 3 fois par semaine. Au total, transports et autres soins pris en compte, l'association Renaloo estime le coût total à 80 000 euros par an et par patient. Ce coût est intégralement pris en charge par l'Assurance Maladie dans le cadre de l'ALD, sans reste à charge pour le patient. C'est l'un des traitements les plus coûteux de la médecine française : ce qui illustre aussi son caractère vital.

Le transport en ambulance ou VSL

Les transports pour vous rendre à vos séances de dialyse sont pris en charge à 100 % sur prescription médicale. Votre néphrologue ou votre médecin traitant prescrit ce transport (ambulance, VSL ou taxi conventionné). Signalez tout problème de transport à votre assistante sociale : des solutions existent.

La MDPH et la reconnaissance de handicap

La dialyse constitue un handicap reconnu. Vous pouvez déposer un dossier auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre département pour bénéficier :

L'arrêt de travail et l'invalidité

Si vous étiez en activité professionnelle, la dialyse peut parfois justifier un arrêt de travail prolongé, puis une demande de pension d'invalidité auprès de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM). Votre assistante sociale peut vous accompagner dans ces démarches.

Le droit à l'oubli pour les assurances

Depuis la loi Lemoine (2022), les personnes atteintes d'une maladie chronique grave bénéficient de droits renforcés pour l'accès à l'assurance emprunteur. Renseignez-vous auprès de votre banque ou de votre assureur.

Que peut-on manger quand on est dialysé ?

En bref : deux éléments comptent avant tout : le potassium, qui peut dérégler le cœur quand il monte entre les séances, et le phosphore, qui fragilise les os et les vaisseaux. Un diététicien adapte vos repas pour que vous gardiez du plaisir à manger.

En dialyse, l'alimentation n'est plus tout à fait libre. Vos reins ne pouvant plus éliminer certains éléments correctement entre deux séances, des ajustements sont nécessaires. Ces restrictions protègent votre cœur.

Le potassium (K+) : l'ennemi numéro un entre les séances

Le potassium est un minéral vital, mais en excès, il peut provoquer des troubles du rythme cardiaque graves, voire un arrêt cardiaque. Vos reins ne l'éliminent plus : la dialyse le fait, mais seulement pendant la séance. Entre deux séances, il monte.

✓ Aliments pauvres en potassium : autorisés
  • Pommes, poires, raisins blancs, ananas, clémentines
  • Haricots verts, carottes, courgettes, concombre, poireaux
  • Pâtes, riz blanc, pain blanc, semoule
  • Viandes, poissons, œufs (sans excès de sel)
  • Fromages à pâte cuite (comté, emmental) en petite quantité
✕ Aliments riches en potassium : à limiter ou éviter
  • Bananes, kiwis, oranges, dattes, figues sèches, abricots
  • Pommes de terre (sauf si dessalées, voir ci-dessous)
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
  • Fruits secs et oléagineux (noix, amandes, noisettes)
  • Chocolat, cacao, café en excès
  • Sel de régime ("sans sel") : il contient du chlorure de potassium !
Astuce pour les légumes riches en potassium
Épluchez et coupez les légumes (notamment les pommes de terre) en petits morceaux, puis faites-les tremper 2 heures dans l'eau froide avant de les cuire à l'eau (et non à la vapeur). Cette technique de "dessalage" réduit le potassium de 30 à 50 %. Jetez l'eau de cuisson.

Le phosphore : les os et les vaisseaux

Un taux de phosphore trop élevé (hyperphosphorémie) fragilise vos os, calcifie vos artères et aggrave les maladies cardiovasculaires. Le phosphore se trouve en grande quantité dans les produits laitiers, les abats, les poissons gras, les noix et les produits industriels contenant des additifs phosphatés (à base de "phosphate" dans la liste d'ingrédients).

Le sel : la tension et l'eau

Le sel retient l'eau dans le corps. En dialyse, une alimentation trop salée provoque une soif excessive, une rétention d'eau entre les séances et une surcharge qui fatigue votre cœur. L'objectif est de rester en dessous de 5g de sel par jour (soit environ 1 cuillère à café). C'est aussi le repère de la recommandation internationale KDIGO 2024 sur la maladie rénale chronique. Évitez les charcuteries, les plats en conserve, les chips et les fromages à pâte molle.

Que boire et en quelle quantité en dialyse ?

En bref : vos reins n'éliminent plus l'eau que vous buvez : elle s'accumule entre les séances. La règle habituelle est de ne pas prendre plus de 1 kg par jour, soit 2 kg entre deux séances et 3 kg après le week-end. Au-delà, la dialyse doit retirer trop d'eau d'un coup.

Pourquoi limiter les boissons ?

Vos reins ne produisent plus ou très peu d'urine : vous n'urinez plus, ou presque plus. L'eau que vous buvez ne peut donc plus être éliminée naturellement entre les séances : elle s'accumule dans votre corps. Cette accumulation provoque des œdèmes, une hypertension artérielle et, dans les cas graves, un œdème pulmonaire aigu : une urgence respiratoire pouvant être fatale.

Entre deux séances, la prise de poids maximale autorisée est généralement de 1 kg par jour, soit environ 2 kg entre deux séances courtes et 3 kg après le week-end. Au-delà, la dialyse doit retirer trop d'eau trop vite, ce qui provoque des chutes de tension douloureuses et des crampes pendant la séance.

Règle de base
Votre volume hydrique quotidien autorisé est généralement calculé ainsi : volume d'urine résiduelle + 500 ml. Si vous n'urinez plus du tout, votre ration hydrique est d'environ 500 ml par jour (une petite bouteille d'eau). Suivez les recommandations de votre néphrologue ou du professionnel en nutrition.

Ce que vous pouvez boire

Ce que vous ne devez pas boire (ou très peu)

Astuce pour gérer la soif
La soif est souvent accentuée par le sel. Réduire le sel dans votre alimentation réduit mécaniquement la soif. En cas de soif intense malgré la restriction, essayez : suçoter des glaçons (qui comptent dans la ration hydrique mais procurent une sensation de fraîcheur), mastiquer un chewing-gum sans sucre, se rincer la bouche avec de l'eau froide sans avaler.

Quels médicaments prend-on en dialyse ?

En bref : les chélateurs du phosphore se prennent pendant les repas, jamais à jeun. L'EPO traite l'anémie par une injection 1 à 3 fois par semaine, souvent faite au centre. Comprendre à quoi sert chaque médicament aide à le prendre régulièrement.

En dialyse, vous avez généralement plusieurs médicaments à prendre chaque jour. Comprendre à quoi ils servent aide à les prendre avec régularité.

MédicamentPourquoiQuand le prendre
Chélateurs du phosphore
(Renagel, Renvela, carbonate de calcium…)
Captent le phosphore des aliments dans l'intestin avant qu'il passe dans le sang. Impérativement au moment des repas, jamais à jeun.
EPO : érythropoïétine
(Aranesp, NeoRecormon, Mircera…)
Stimule la production de globules rouges pour traiter l'anémie rénale. Injections sous-cutanées 1 à 3 fois par semaine, souvent réalisées par l'équipe de dialyse.
Fer intraveineux Complète le traitement de l'anémie. Le fer oral n'est pas suffisamment absorbé. Administré pendant la séance de dialyse par l'équipe soignante.
Vitamine D activée
(Rocaltrol, Zemplar…)
Compense le déficit en vitamine D lié à l'IRC. Protège les os et régule la calcémie. Selon prescription, souvent le soir ou à distance des repas.
Antihypertenseurs Contrôlent la tension artérielle, très fréquemment élevée en dialyse. Le matin. Attention : certains antihypertenseurs ne doivent pas être pris le jour d'une séance (risque de chute de tension). Demandez à votre néphrologue.
Bicarbonate de sodium Corrige l'acidose métabolique (acidification du sang liée à l'IRC). Selon prescription, souvent en comprimés effervescents.

Ce que vous ne devez jamais prendre sans avis médical

Signalez systématiquement tout nouveau médicament
Avant de commencer tout nouveau traitement, prescrit par un autre médecin, un dentiste, un urgentiste, ou acheté sans ordonnance : signalez-le à votre pharmacien, et à votre centre de dialyse. L'ajustement des doses est souvent nécessaire en dialyse, car de nombreux médicaments sont éliminés par les reins.

Comment accéder à une greffe de rein ?

En bref : la greffe est le traitement de référence : meilleure qualité de vie, meilleure espérance de vie, fin du rythme des séances. Elle n'est pas possible pour tout le monde, et c'est votre néphrologue qui vous oriente vers une consultation de prégreffe.

La greffe est-elle possible pour moi ?

La greffe rénale est le traitement de référence de l'insuffisance rénale terminale. Elle offre une meilleure qualité de vie, une meilleure espérance de vie et libère du rythme de la dialyse. Elle n'est cependant pas accessible à tous : certaines contre-indications médicales (cancers évolutifs, maladies cardiovasculaires sévères, infections actives, âge) peuvent la rendre impossible temporairement ou définitivement.

Si vous êtes éligible, votre néphrologue vous a orienté (ou va vous orienter) vers une consultation de pré-greffe dans un centre transplanteur.

L'inscription sur la liste nationale Cristal

En France, l'attribution des greffons rénaux est gérée par l'Agence de la Biomédecine via le registre national Cristal. Une fois validé par l'équipe de transplantation, votre dossier est inscrit sur cette liste nationale. Vous recevez alors une carte de patient en attente de greffe et un numéro d'inscription.

Combien de temps faut-il attendre ?

Selon le registre REIN (rapport annuel 2023 de l'Agence de la biomédecine), chez les patients de moins de 60 ans qui ont commencé leur traitement entre 2018 et 2023, la moitié a reçu une greffe dans les 55 mois après le début du traitement, soit environ 4 ans et demi. Ce délai varie fortement selon :

Comment se déroule l'appel à la greffe ?

  1. Un organe compatible est disponible chez un donneur décédé en état de mort encéphalique.
  2. L'Agence de la biomédecine en est alertée, cherche un receveur et contacte votre centre transplanteur, qui vérifie la compatibilité avec votre profil.
  3. L'équipe de transplantation vous contacte par téléphone, à n'importe quelle heure, de jour comme de nuit. Votre téléphone doit toujours être allumé et joignable.
  4. Vous devez être à jeun depuis au moins 6 heures si possible. Si vous venez de manger, signalez-le : l'opération peut être repoussée de quelques heures.
  5. Vous vous rendez au centre transplanteur dans les délais indiqués. Ne prenez pas de médicaments supplémentaires sans instruction de l'équipe.
  6. Des examens complémentaires vérifient la compatibilité finale avant l'intervention.
  7. La transplantation a lieu (durée opératoire : environ 3 à 4 heures).
Soyez toujours prêt(e)
Préparez dès maintenant un petit sac avec vos papiers d'identité, votre carnet de santé, la liste de vos médicaments, des vêtements de confort et une tenue pour quelques jours. Tenez votre entourage informé pour que quelqu'un puisse vous conduire rapidement. L'appel peut arriver à tout moment.

Peut-on partir en vacances quand on est dialysé ?

En bref : des milliers de patients dialysés partent chaque année, en France et à l'étranger. La règle est d'anticiper : prévenez votre centre 4 à 6 semaines à l'avance et demandez une lettre de liaison médicale pour le centre qui vous accueillera.

Vous pouvez partir en vacances sous dialyse, en vous organisant autrement. Des milliers de patients dialysés voyagent chaque année en France et à l'étranger. La règle d'or : anticiper, toujours.

En France

L'Association pour l'Utilisation du Rein Artificiel (AURA) et plusieurs organismes proposent des répertoires de centres de dialyse sur tout le territoire. Le registre REIN et le site de la Société Francophone de Néphrologie (SFNDT) permettent de trouver un centre à proximité de votre lieu de vacances.

  1. Prévenez votre centre de dialyse habituel au minimum 4 à 6 semaines à l'avance.
  2. Demandez une lettre de liaison médicale (résumé de votre dossier, paramètres de dialyse, traitements).
  3. Contactez directement le centre d'accueil pour réserver vos séances : les centres sont souvent complets en été.
  4. Prévoyez une ordonnance pour vos médicaments habituels en quantité suffisante.

À l'étranger

Voyager hors de France est possible, mais nécessite une organisation plus poussée :

Partir c'est possible, et c'est thérapeutique
Les vacances et les sorties comptent beaucoup pour votre moral. Les professionnels de santé savent que vous êtes fatigués et stressés par cette situation délicate. Ne vous autocensurez pas. Votre équipe soignante a l'habitude d'aider les patients à organiser leurs déplacements. Parlez-leur de votre projet le plus tôt possible.

Comment vivre la dialyse avec ses proches ?

En bref : fatigue, crampes, alimentation restreinte, dépendance à une machine : le poids physique et psychologique est réel, pour vous comme pour vos proches. En parler à l'équipe, à un psychologue ou à une association de patients fait partie du traitement.

La dialyse transforme profondément la vie de ceux qui y sont soumis. Trois séances par semaine, quatre heures chacune : le rythme est contraignant, souvent épuisant, et laisse peu de place à la spontanéité.

Pour le patient, les effets physiques sont réels :

Le corps s'adapte, mais difficilement. L'alimentation restreinte, la soif permanente, la dépendance à une machine pour survivre : tout cela pèse.

L'impact psychologique est tout aussi lourd.
L'annonce de la dialyse provoque souvent un choc, suivi d'une phase de deuil : deuil d'une vie sans contrainte, deuil de certains projets, parfois deuil d'une image de soi intacte. Selon une méta-analyse publiée en 2013 dans la revue Kidney International, environ 1 patient dialysé sur 4 souffre de dépression (22,8 % lors d'un entretien avec un médecin). L'anxiété est elle aussi fréquente. Parlez-en à votre équipe : ces troubles se soignent. La peur de l'avenir, l'incertitude sur la greffe, le sentiment de dépendance s'installent progressivement.

Les proches et aidants ne sont pas épargnés. Ils réorganisent leur emploi du temps autour des séances, assurent les transports, adaptent les repas, absorbent l'irritabilité et la fatigue de la personne dialysée. L'épuisement de l'aidant est fréquent et rarement pris en charge. Le couple, la vie sociale, la vie professionnelle en portent souvent les traces.

Demandez de l'aide pour vous et votre entourage
Parler de ces difficultés fait partie du soin. Votre équipe soignante, l'assistante sociale du service et les associations de patients comme Renaloo sont là pour vous accompagner, vous et vos proches.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la dialyse ?

Quiz : connaissez-vous bien la dialyse ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. Grâce à la dialyse, mes reins vont guérir.
    VraiFaux
  2. Si je me sens bien, je peux sauter une séance.
    VraiFaux
  3. Entre deux séances, je ne dois pas prendre plus de 1 kg par jour environ.
    VraiFaux
  4. Le sel de régime « sans sel » est sans danger pour moi.
    VraiFaux
  5. Les bananes et les fruits secs contiennent beaucoup de potassium.
    VraiFaux
  6. Les chélateurs du phosphore se prennent au moment des repas.
    VraiFaux
  7. Je peux prendre de l'ibuprofène sans demander l'avis de mon néphrologue.
    VraiFaux
  8. Quand on est dialysé, on ne peut plus partir en vacances.
    VraiFaux
  9. Manger moins salé aide à avoir moins soif.
    VraiFaux
  10. Quand elle est possible, la greffe de rein est le traitement de référence.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. L'insuffisance rénale chronique ne guérit pas. La dialyse fait le travail des reins, mais elle ne les répare pas.
  2. Faux. Le potassium et l'eau montent même quand on se sent bien. Si vous ne pouvez pas venir, appelez votre centre : une séance de rattrapage est souvent possible.
  3. Vrai. C'est la règle habituelle, soit environ 2 kg entre deux séances et 3 kg après le week-end. Au-delà, la dialyse doit retirer trop d'eau d'un coup.
  4. Faux. Il contient du chlorure de potassium. Trop de potassium est dangereux pour le cœur.
  5. Vrai. Ces aliments sont à limiter. Le potassium monte dans le sang entre deux séances.
  6. Vrai. Ils captent le phosphore des aliments dans l'intestin. Ne les prenez jamais à jeun.
  7. Faux. Les anti-inflammatoires abîment les reins qui fonctionnent encore. Demandez toujours avant de prendre un nouveau médicament.
  8. Faux. C'est possible en France et à l'étranger. Prévenez votre centre 4 à 6 semaines avant le départ.
  9. Vrai. Le sel donne soif. Moins de sel, c'est moins de soif et moins d'eau à retirer pendant la séance.
  10. Vrai. Elle donne une meilleure qualité de vie et une meilleure espérance de vie. Votre néphrologue vous dit si elle est possible pour vous.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Combien de fois par semaine se fait la dialyse ?

En bref : l'hémodialyse en centre se fait 3 fois par semaine, environ 4 heures par séance. La dialyse péritonéale se fait tous les jours, souvent la nuit à domicile. Des séances plus fréquentes et plus courtes sont parfois proposées, avec plus de confort et moins de restrictions.

L'hémodialyse en centre se fait 3 fois par semaine, environ 4 heures par séance. La dialyse péritonéale, elle, se fait tous les jours, souvent la nuit à domicile. Ce rythme a une raison : entre deux séances, les déchets et le potassium s'accumulent dans votre sang. Plus l'intervalle est long, plus les risques augmentent.

Certains patients bénéficient de séances plus fréquentes et plus courtes (5 à 6 fois par semaine), ce qui améliore le confort et réduit les restrictions alimentaires. Votre néphrologue choisit le rythme le plus adapté à votre situation.

Pour en savoir plus sur la dialyse péritonéale : notre guide complet sur la dialyse péritonéale.

Combien de temps peut-on vivre sous dialyse ?

En bref : selon le registre REIN (rapport 2023), la moitié des nouveaux patients sont encore en vie environ 5 ans après le début du traitement, greffés compris. Ce délai dépend surtout de l'âge : environ 10 ans pour un début entre 45 et 64 ans, 3 ans entre 75 et 84 ans. La greffe améliore nettement ces chiffres.

La dialyse n'est pas une fin. Selon le registre REIN (suivi national de tous les patients dialysés en France, géré par l'Agence de la Biomédecine), la moitié des nouveaux patients sont encore en vie environ 5 ans après le début du traitement (rapport annuel 2023, patients greffés compris). Ce chiffre dépend beaucoup de l'âge : environ 10 ans pour ceux qui commencent entre 45 et 64 ans, 3 ans entre 75 et 84 ans. Certains patients sont traités depuis plus de 20 ans, le plus souvent après une greffe. Les maladies associées (comme le diabète ou les problèmes cardiaques) et la qualité du suivi comptent aussi.

La greffe rénale améliore significativement ces chiffres. C'est pourquoi votre néphrologue cherchera à vous inscrire sur la liste d'attente si votre état le permet.

Pour tout savoir sur ce sujet : espérance de vie sous dialyse : les données françaises.

Peut-on conduire après une séance de dialyse ?

En bref : oui, dans la plupart des cas. Évitez simplement de prendre le volant les jours où vous ressentez une grosse fatigue ou une baisse de tension en vous levant. Le transport prescrit par votre médecin est pris en charge à 100 %.

Oui, dans la plupart des cas. Beaucoup de patients conduisent après leur séance sans problème. Mais si vous ressentez une fatigue intense ou une baisse de la tension en vous levant, il vaut mieux ne pas prendre le volant ce jour-là. Le transport médicalisé (ambulance, VSL, taxi conventionné) est pris en charge à 100 % si votre médecin le prescrit. Parlez-en à votre néphrologue si vous avez un doute.

La dialyse est-elle douloureuse ?

En bref : la pose des aiguilles peut piquer, surtout au début, et des crampes ou des baisses de tension surviennent parfois pendant la séance. En dehors de ces moments, la dialyse ne fait pas mal. Signalez toute douleur à l'équipe : le traitement peut être adapté.

La pose des aiguilles dans la fistule peut faire un peu mal, surtout au début. Pendant la séance, des crampes ou des baisses de tension surviennent parfois : c'est inconfortable, mais ça passe. En dehors de ces moments, la dialyse elle-même ne fait pas mal. La fatigue après la séance est très fréquente et tout à fait normale. Si vous avez des douleurs qui vous inquiètent, dites-le toujours à l'équipe soignante : ils peuvent adapter votre traitement.

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Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie rénale chronique de l'adulte, 2012. sfndt.org
  2. Haute Autorité de santé. Insuffisance rénale chronique terminale : comment améliorer l'efficience de la prise en charge ?, 2014. has-sante.fr
  3. Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation. Publications néphrologiques à destination du public et des patients. sfndt.org
  4. Agence de la biomédecine. Registre REIN : rapport annuel sur le traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale. agence-biomedecine.fr
  5. Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie rénale chronique de l'adulte (MRC), version actualisée validée en septembre 2023, mise en ligne le 17 novembre 2023. has-sante.fr
  6. Agence de la biomédecine. REIN, rapport annuel 2023 (données au 31 décembre 2023), publié en 2025. agence-biomedecine.fr
  7. KDIGO. KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney Int 2024;105(4S):S117-S314. DOI 10.1016/j.kint.2023.10.018
  8. Palmer S et coll. Prevalence of depression in chronic kidney disease: systematic review and meta-analysis of observational studies. Kidney Int 2013;84(1):179-91. DOI 10.1038/ki.2013.77
  9. Assemblée nationale. Question écrite n° 7394 de M. Michel Lauzzana sur la dialyse à domicile, publiée le 10 juin 2025, réponse du ministère de la Santé publiée le 17 mars 2026. assemblee-nationale.fr