On m'a proposé une prothèse de hanche ou de genou : à quoi je dois m'attendre ?
Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · Validation médicale en cours
Une prothèse remplace quoi, exactement ?
La hanche fonctionne comme une rotule de remorque. Les deux surfaces sont tapissées de cartilage, un revêtement lisse de quelques millimètres. Quand il s'use, l'os frotte sur l'os, et la douleur siège dans le pli de l'aine, pas sur le côté de la hanche comme beaucoup le croient. Elle descend souvent jusqu'au genou.
Le genou n'est pas une charnière simple : fémur, tibia et rotule s'y rencontrent, deux ménisques en croissant répartissent les pressions, quatre ligaments tiennent l'ensemble. Il compte trois compartiments, interne, externe et fémoro-patellaire, entre rotule et fémur. L'usure peut ne toucher qu'un compartiment, souvent l'interne, ce qui ouvre la possibilité d'une prothèse partielle.
Ce qu'on remplace. À la hanche : la tête du fémur, remplacée par une tige et une bille, et le cotyle, qui reçoit une cupule. Au genou, on ne retire pas l'articulation, on la resurface : quelques millimètres d'os au fémur et au tibia, remplacés par des pièces métalliques séparées par un plateau en polyéthylène, un plastique dur. Les ménisques usés partent, la face arrière de la rotule est parfois resurfacée. En revanche, le quadriceps fondu par deux ans d'arthrose ne se reconstitue pas sur la table d'opération, et la proprioception, cette capacité à savoir où est votre jambe sans la regarder, met des mois à revenir.
Quand faut-il se faire poser une prothèse ?
- 1La douleur, et surtout son horaire. Une douleur qui ne cède plus au repos et qui vous réveille pèse plus lourd qu'une douleur d'effort.
- 2Le périmètre de marche. Passer de 2 000 à 300 mètres en un an compte davantage que le stade radiologique.
- 3Le retentissement quotidien : enfiler ses chaussettes, monter un étage, travailler, dormir une nuit entière.
- 4L'échec d'un traitement non chirurgical réellement fait : perte de poids, activité adaptée, kinésithérapie suivie, antalgiques bien utilisés. Pas trois séances abandonnées et deux boîtes de paracétamol. Détails dans la fiche arthrose et, pour un genou après 60 ans, dans douleurs du genou après 60 ans. Si la douleur vient d'une lésion méniscale, la conduite change : voir déchirure du ménisque.
Opérer trop tôt n'est pas un service. D'après les registres nationaux analysés par Evans et coll. dans le Lancet en 2019, environ 58 % des prothèses de hanche et 82 % des prothèses totales de genou sont encore en place à 25 ans. Opéré à 50 ans et actif, vous aurez probablement besoin d'un changement, et une reprise est toujours plus lourde.
Ce qui se passe si on n'opère pas
Sans opération, une arthrose de hanche ou de genou au stade évolué continue de détruire le cartilage restant. La douleur devient permanente, y compris au repos et la nuit. Le périmètre de marche se réduit progressivement, souvent de plusieurs centaines de mètres en un à trois ans. La cuisse fond par manque d'usage, le genou se déforme en dedans ou en dehors, la hanche perd sa rotation, puis son extension. Le patient réduit ses sorties, prend du poids, dort mal et perd de l'autonomie. L'opération reste possible plus tard, mais elle se fait alors sur un membre affaibli et raide, et la récupération est plus lente.
S'y ajoutent un déconditionnement général et des douleurs de compensation, souvent lombaires : voir lombalgie.
Qu'apporte une prothèse de hanche ou de genou ?
| Objectif | Prothèse de hanche | Prothèse de genou |
|---|---|---|
| Douleur de fond | Disparition très souvent obtenue, dès les premières semaines | Souvent obtenue, mais plus progressivement |
| Mobilité | Rapide, avec des consignes de sécurité 6 semaines | Plus lente : la flexion se travaille des mois |
| Satisfaction | Meilleure qu'au genou | Jusqu'à 20 % d'insatisfaits (revue systématique 2025) |
| Implant en place à 25 ans (registres) | Environ 58 % | Environ 82 % (totale), environ 70 % (unicompartimentale) |
| Réopération à 10 ans | Variable selon l'âge et l'activité | Environ 5 % selon la fiche SOFCOT |
Pourquoi le genou déçoit plus souvent. Sa mécanique est plus fine qu'un emboîtement. Beaucoup de patients gardent une sensation de corps étranger, une gêne pour s'accroupir, une flexion inférieure à l'autre côté. La fiche de la SOFCOT, la société savante des chirurgiens orthopédistes français, indique qu'une flexion d'au moins 120 degrés est nécessaire pour une vie normale, et que le résultat dépend beaucoup de l'amplitude d'avant. À savoir avant de signer.
Ce qui ne sera pas réglé : une douleur qui ne venait pas de l'articulation, sciatique, canal lombaire étroit ou tendinopathie (voir tendinites) ; la lombalgie associée ; le retour aux sports d'impact et de contact, qui accélèrent l'usure ; et la situation de quelqu'un qui a mal aux deux genoux, aux deux hanches et au dos, chez qui une seule prothèse ne transforme rien.
Quels types de prothèse de hanche ou de genou ?
À la hanche. La prothèse totale traite l'arthrose, mais aussi les fractures du col du fémur, les rhumatismes inflammatoires, l'ostéonécrose de la tête fémorale et les séquelles de traumatisme. La fixation cimentée tient immédiatement, la fixation sans ciment repose sur un revêtement dans lequel votre os repousse : le choix dépend de la qualité de l'os, de l'âge et des habitudes du chirurgien, et les deux fonctionnent. Le couple de frottement est le duo bille et cupule : céramique sur polyéthylène, céramique sur céramique, métal sur polyéthylène. L'ANSM, l'agence qui contrôle la sécurité des produits de santé, recommande d'éviter le métal-métal, en particulier chez les femmes en âge de procréer et les personnes allergiques aux métaux, et de réserver le resurfaçage à des indications très ciblées. La voie d'abord, c'est-à-dire le côté par lequel le chirurgien entre pour atteindre l'articulation, antérieure, antéro-latérale ou postérieure, ne fait pas de différence sur tous les critères, mais les mouvements à éviter les premières semaines en dépendent : demandez la liste précise et faites-la écrire.
Au genou. La prothèse totale resurface fémur et tibia, postéro-stabilisée quand un mécanisme intégré remplace le ligament croisé postérieur, à ligament conservé sinon. La prothèse unicompartimentale, dite partielle, ne remplace qu'un compartiment, le plus souvent l'interne, si l'usure est limitée, les ligaments croisés intacts et la déformation modérée : plus légère et plus rapide à récupérer, mais durée de vie plus courte, environ 70 % à 25 ans contre 82 %. La prothèse fémoro-patellaire est réservée à l'usure isolée entre rotule et fémur. Navigation et robot positionnent les pièces au degré près : voir les nouveautés 2025-2026.
Comment se préparer à la pose d'une prothèse ?
- 1La consultation d'anesthésie, obligatoire au moins 48 heures avant, avec la liste complète de vos médicaments, allergies et antécédents. C'est là que se décide le type d'anesthésie et que s'anticipent les arrêts de traitement.
- 2Le bilan biologique : numération, hémostase, fonction rénale, groupe sanguin. Une anémie corrigée avant réduit le besoin de transfusion.
- 3La recherche de foyers infectieux : bilan dentaire avec panoramique (une radio qui montre toute la mâchoire d'un coup), examen des urines, examen de la peau. Les recommandations françaises sont claires : le bilan bucco-dentaire est nécessaire avant la pose.
- 4L'imagerie de planification : radiographies calibrées, parfois scanner ou imagerie basse dose, pour choisir les tailles. Voir imagerie médicale.
- Arrêter de fumer : le tabac dégrade la cicatrisation et augmente le risque d'infection. La fiche SOFCOT sur la prothèse de genou recommande l'arrêt au moins un mois avant. Voir arrêt du tabac.
- Renforcer quadriceps, fessiers et abdominaux : la HAS, l'organisme public qui fixe les bonnes pratiques médicales en France, prévoit une dizaine de séances préopératoires. Voir pourquoi consulter un kinésithérapeute.
- Perdre du poids en cas de surpoids : à propos de l'arthrose du genou, l'Assurance Maladie rappelle en 2026 qu'une perte de poids, lorsqu'elle est nécessaire, est toujours bénéfique. Équilibrer un diabète compte aussi, car il augmente le risque d'infection du site opératoire. Voir obésité et diabète de type 2.
- Faire réviser l'ordonnance : anti-inflammatoires, anticoagulants, antiagrégants, traitements de rhumatisme inflammatoire, compléments à base de plantes. Jamais seul : voir arrêter son traitement et polypharmacie.
- Organiser le retour : qui vous ramène et qui dort chez vous, dormir au rez-de-chaussée si besoin, retirer tapis et fils au sol, éclairer le trajet vers les toilettes.
- Commander le matériel avant : cannes ou déambulateur, rehausseur de toilettes, siège de douche, barre d'appui, pince à long manche, enfile-chaussettes. Une partie figure sur la liste des produits remboursables, sur prescription.
- Anticiper repas et courses des trois premières semaines, et récupérer les ordonnances de kinésithérapie, de soins infirmiers et de transport.
Combien de jours à l'hôpital pour une prothèse ?
La veille et le jour J. Douche antiseptique avec le produit fourni, jeûne selon les consignes exactes de l'anesthésiste. Le jour J : marquage du côté à opérer, vérification de l'identité et du jeûne, perfusion, antibiotique de prévention dans l'heure qui précède l'incision. L'anesthésie générale endort complètement ; la rachianesthésie insensibilise les deux jambes par une injection dans le bas du dos, patient éveillé ou légèrement sédaté. Un bloc analgésique, anesthésie ciblée d'un nerf de la cuisse, est souvent ajouté. L'intervention dure une à deux heures, suivies d'une à deux heures en salle de réveil.
Récupération améliorée et ambulatoire. La HAS définit la RAAC comme une approche globale favorisant le rétablissement précoce : informer le patient, anticiper l'organisation des soins, réduire le stress chirurgical, contrôler la douleur, favoriser l'autonomie. Bénéfices attendus : séjour plus court, complications réduites ou équivalentes, meilleure satisfaction. La sortie le jour même existe, mais pas pour tout le monde. Une cohorte nationale britannique publiée en 2025 dans BMC Medicine, sur 7 485 séjours ambulatoires et 60 747 séjours d'une nuit, retrouve un risque de réhospitalisation à 30 jours majoré d'environ 28 % pour la hanche comme pour le genou, aucune différence sur les événements graves à 90 jours, et pour le genou un risque de réintervention à un an majoré d'environ 50 %, surtout pour débloquer un genou raide. L'ambulatoire de prothèse unicompartimentale apparaît sûr. Les premières interventions ambulatoires de chaque équipe sont les plus risquées : l'ambulatoire se réserve aux patients bien choisis, dans des équipes entraînées.
Le lever et la sortie. Vous vous levez le jour de l'opération et faites quelques pas avec un déambulateur, ce qui réduit le risque de phlébite. Vérifiez que vous partez avec le compte rendu opératoire, le document de traçabilité de l'implant, les ordonnances d'antalgiques, d'anticoagulant préventif avec sa durée exacte, de kinésithérapie et de soins infirmiers, l'arrêt de travail, la date du contrôle et un numéro à appeler. L'ANSM rappelle que les informations d'identification de votre implant vous sont remises par le chirurgien : conservez-les à vie.
Domicile ou centre de rééducation ? La HAS donne des critères pour le genou. Retour direct possible si, avant l'opération, le genou avait une amplitude active d'au moins 80 degrés, si le test de lever de chaise et de marche restait sous 30 secondes, si vous étiez autonome pour les transferts et si l'entourage le permet. À la sortie du court séjour : douleur au repos sous 5 sur 10, flexion active de 70 à 80 degrés, marche de 30 mètres minimum, absence de complication infectieuse ou thrombo-embolique. Sinon, un séjour en réadaptation est justifié.
Combien de temps a-t-on mal après une prothèse ?
À quoi elle ressemble, et combien de temps. Une pression profonde dans la cuisse ou le genou, avec des pics aux mouvements, pas une douleur aiguë comme une coupure. Le genou gonfle et devient chaud, ce qui accentue la raideur. Le pic est à 24 à 72 heures, la courbe descend dès le quatrième ou cinquième jour. À une semaine, la douleur de repos est en général contrôlée par des antalgiques simples ; à un mois, il reste une douleur d'effort et de rééducation. Pour le genou, une gêne à l'effort peut persister au-delà de six mois : la fiche SOFCOT le dit explicitement.
Comment on la traite. Le principe est l'analgésie multimodale, plusieurs médicaments à doses modérées plutôt qu'un seul à forte dose : le paracétamol à heures fixes comme socle, palier 1 de l'échelle de l'Organisation mondiale de la santé ; un anti-inflammatoire sur prescription si l'état rénal, digestif et cardiaque le permet ; un antalgique de palier 2 à base de codéine ou de tramadol les premiers jours, en surveillant constipation, nausées et somnolence ; le bloc analgésique qui couvre les premières heures ; la glace et la surélévation, 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour, avec un linge entre la glace et la peau.
À la maison, prenez l'antalgique avant la séance de kinésithérapie, et anticipez la constipation dès le premier jour. Si une douleur persiste au-delà de trois à six mois sans cause retrouvée, un avis spécialisé se justifie : voir gérer la douleur chronique.
Comment se déroule la rééducation après une prothèse ?
| Délai | Prothèse de hanche | Prothèse de genou |
|---|---|---|
| Jour J | Premier lever, quelques pas avec déambulateur | Premier lever, mise en charge, glace, extension à plat |
| J1 à J3 | Marche avec deux cannes, transferts, mouvements à éviter | Marche avec deux cannes, extension complète, premiers degrés de flexion |
| 1 semaine | Marche autonome à l'intérieur, quelques marches | Flexion visée 70 à 80 degrés, marche de 30 mètres, douleur de repos sous 5 sur 10 |
| 1 mois | Marche extérieure avec une canne | Flexion visée au moins 90 degrés. En dessous, réévaluation chirurgicale selon la HAS |
| 2 à 3 mois | Marche sans canne, vélo et natation sur accord du chirurgien | Flexion vers 110 à 120 degrés, renforcement du quadriceps, proprioception |
Les mouvements à éviter pour la hanche dépendent de la voie d'abord. Après une voie postérieure, la fiche SOFCOT recommande d'éviter pendant les six premières semaines la flexion de hanche au-delà de 90 degrés associée à une rotation du pied vers l'intérieur, l'extension forcée avec rotation du pied vers l'extérieur, les sièges bas, et de croiser les jambes. Après une voie antérieure, les consignes portent plutôt sur les grands mouvements d'extension et de rotation externe. Ces consignes ont une raison : la luxation, la bille qui sort de la cupule, est particulièrement fréquente pendant ces six semaines.
La flexion du genou est le combat des trois premiers mois : un genou non mobilisé se raidit et une raideur installée se récupère mal. Repères : 70 à 80 degrés à la sortie, au moins 90 degrés à un mois, au moins 120 degrés pour une vie normale selon la SOFCOT. La HAS décrit trois phases de rééducation, préopératoire, aiguë puis secondaire, avec mobilisation passive et active, cryothérapie, électrostimulation, balnéothérapie et travail proprioceptif. Le kinésithérapeute sert aussi à vous empêcher d'en faire trop les premiers jours et pas assez les suivants.
Quand retrouve-t-on une vie normale après une prothèse ?
Avec une prothèse posée au bon moment et une rééducation suivie, la douleur de fond disparaît le plus souvent dans les six premières semaines. À un mois, la marche intérieure est autonome. À trois mois, la marche extérieure et la conduite sont reprises, et le genou atteint en général une flexion utilisable au quotidien. À six mois, le résultat est proche du résultat définitif. À un an, la plupart des patients ont retrouvé un périmètre de marche normal et une vie sociale sans limitation. Selon les registres nationaux, environ 58 % des prothèses de hanche et 82 % des prothèses de genou sont encore en place à 25 ans.
| Étape | Ce qui est normal | Reprise des activités |
|---|---|---|
| 1 semaine | Douleur en baisse, gonflement présent, sommeil perturbé | Marche intérieure avec deux cannes, toilette assis |
| 1 mois | Douleur de repos rare, genou encore gonflé, fatigue importante | Marche extérieure avec une canne, courses courtes accompagné |
| 3 mois | Marche sans canne, gonflement en nette régression, quadriceps faible | Conduite, vélo, natation, golf, travail sédentaire |
| 6 mois | Résultat proche du définitif selon les fiches SOFCOT | Marche longue, randonnée sur terrain plat, travail physique modéré après avis |
| 1 an | Périmètre de marche normal, sensation de prothèse possible au genou | Vie normale. Restent déconseillés sports de contact, course prolongée, sauts et pivots |
La conduite : Ameli indique une reprise autour de six semaines après une prothèse de hanche, la fiche SOFCOT sur le genou parle de quatre à six semaines. Conditions : plus d'antalgique somnolent, montée et descente de la voiture sans aide, freinage d'urgence sans douleur, et l'accord du chirurgien. Le travail se reprend vers six semaines sur un poste sédentaire, vers quatre mois s'il est lourd : voir droits et aides. Le sport : Ameli précise que la plupart des sports de loisir redeviennent possibles vers le troisième mois, hors activités à fort impact. Marche, vélo, natation et golf sont les mieux tolérés.
À quoi ressemble une récupération normale ?
- Le gonflement. Après une prothèse de genou, un genou plus gros que l'autre à trois mois est fréquent, et le gonflement peut mettre six mois à disparaître. Glace, surélévation et bas de contention le maîtrisent.
- La cicatrice. Rouge, puis rose, puis blanche, sur environ un an. Une zone insensible ou hypersensible autour est fréquente, de petits nerfs de la peau ayant été coupés. Un cordon dur s'assouplit avec le massage.
- Les bruits. Clics et craquements au changement de position sont habituels. Un bruit indolore n'est pas un signe de défaillance.
- La sensation de prothèse. Beaucoup de patients opérés du genou sentent un corps étranger, une rigidité de la face avant, une gêne pour s'agenouiller. C'est le point où le genou reste inférieur à la hanche.
- La jambe qui semble plus longue ou plus courte. Après une prothèse de hanche, la SOFCOT décrit cette sensation comme relativement fréquente et le plus souvent temporaire. Si elle persiste, elle se mesure et se corrige souvent par une talonnette.
- La fatigue. Le premier mois, faire trois choses dans la journée est un exploit : anesthésie, anémie postopératoire, sommeil haché. Elle s'améliore franchement vers six semaines.
Quels signes doivent vous inquiéter après une prothèse ?
L'infection de prothèse. La HAS définit l'infection précoce comme survenant dans le mois suivant l'implantation et la classe comme une urgence médico-chirurgicale. Signes d'alerte de la recommandation de 2014 : inflammation locale qui persiste ou apparaît, absence ou retard de cicatrisation, désunion ou nécrose de la cicatrice, tout écoulement même non purulent, douleur qui réapparaît ou s'aggrave, récupération fonctionnelle qui se dégrade, épanchement douloureux au genou, fièvre et frissons. Deux règles vous concernent : l'intervention ne doit pas être retardée par l'attente des résultats, et les antibiotiques ne doivent pas être commencés avant les prélèvements, sinon les résultats sont faussés. Le rapport 2024 de Santé publique France situe le taux d'infection du site opératoire, toutes chirurgies confondues, à 1,34 %, et à 4,44 % pour les reprises de prothèse de hanche ; Staphylococcus aureus est impliqué dans près d'un quart des cas. L'infection tardive survient des mois ou des années après, par voie sanguine, à partir d'un foyer dentaire, cutané, urinaire ou pulmonaire : une douleur nouvelle sur une prothèse jusque-là indolore doit alerter.
- Phlébite et embolie pulmonaire. La chirurgie de prothèse favorise pendant quelques semaines la formation de caillots, d'où l'anticoagulant préventif, les bas de contention et le lever précoce. Phlébite : mollet chaud, dur, douloureux, souvent d'un seul côté. Embolie pulmonaire : essoufflement brutal, douleur thoracique, malaise. La HAS suit ce risque par un indicateur national dédié après prothèse totale de hanche.
- Luxation de hanche. La bille sort de la cupule : douleur brutale, impossibilité d'appuyer, jambe tournée ou raccourcie. Particulièrement fréquente pendant les six premières semaines selon la SOFCOT. Urgence, remise en place sous anesthésie.
- Raideur du genou. Sous 90 degrés à quatre semaines selon les critères HAS, la situation est réévaluée : rééducation intensifiée, ou mobilisation sous anesthésie. C'est le motif de réintervention le plus fréquent après prothèse de genou en ambulatoire dans l'étude britannique de 2025.
- Algodystrophie, ou syndrome douloureux régional complexe : membre anormalement douloureux, gonflé, changeant de couleur et de température, hypersensible au toucher, sans infection ni problème mécanique. Prise en charge précoce nécessaire : voir syndrome douloureux régional complexe.
- Descellement et usure. La prothèse perd sa fixation à l'os : douleur mécanique qui réapparaît des années après, à la mise en charge. La fiche SOFCOT situe le taux de réopération à dix ans autour de 5 % pour le genou.
- Fracture périprothétique, autour de l'implant, souvent après une chute : douleur brutale, impossibilité totale d'appuyer, déformation.
- Inégalité de longueur et lésion nerveuse. Une différence de quelques millimètres est souvent bien tolérée ou corrigée par une talonnette. Une lésion nerveuse de voisinage est rare et régresse en général en quelques semaines à quelques mois.
- ! Douleur dans la poitrine ou essoufflement brutal : suspicion d'embolie pulmonaire.
- ! Mollet chaud, dur et douloureux d'un seul côté : suspicion de phlébite.
- ! Fièvre au-dessus de 38,5 degrés avec cicatrice rouge, chaude, gonflée ou qui coule, même un liquide clair.
- ! Impossibilité soudaine de poser le pied ou d'appuyer sur la jambe opérée.
- ! Déformation brutale du membre opéré : jambe tournée, raccourcie, position anormale après un faux mouvement ou une chute.
- ! Malaise, confusion, frissons violents ou impossibilité de tenir debout.
- Douleur qui remonte après avoir diminué, sans fièvre.
- Cicatrice qui ne se ferme pas, se désunit, ou suinte de façon minime mais persistante.
- Genou qui gonfle brutalement plus qu'avant, ou devient chaud.
- Flexion du genou qui régresse, ou reste sous 90 degrés à quatre semaines.
- Fièvre isolée, même modérée, dans les semaines qui suivent l'opération.
- Zone insensible ou faiblesse musculaire nouvelle dans la jambe opérée.
Quel numéro ? Le 15 est le SAMU, pour toute urgence vitale ou suspicion. Le 112 est le numéro européen, depuis un mobile ou à l'étranger, et aboutit au même dispositif. Le 116 117 est la garde médicale, pour un avis non vital hors heures d'ouverture des cabinets. Les urgences hospitalières se justifient quand vous devez être examiné rapidement sans pouvoir joindre votre chirurgien. En cas de doute sur une prothèse récente, appelez d'abord le service qui vous a opéré.
Que faire, et qu'éviter, pendant la récupération ?
- Marcher un peu plusieurs fois par jour, plutôt qu'une longue sortie tous les trois jours.
- Prendre le paracétamol à heures fixes, et l'antalgique avant la séance de kinésithérapie.
- Glacer 15 à 20 minutes plusieurs fois par jour, jambe surélevée, linge entre la glace et la peau.
- Aller au bout de l'anticoagulant préventif et porter les bas de contention le temps indiqué.
- Surveiller la cicatrice chaque jour, et la photographier en cas de doute pour comparer.
- Respecter à la lettre les mouvements à éviter, pendant toute la durée fixée par le chirurgien.
- Se peser une fois par semaine : la prise de poids postopératoire est le piège courant.
- Traiter toute infection ailleurs, y compris dentaire ou urinaire, et garder à vie le document de traçabilité.
- Arrêter la kinésithérapie dès que la douleur a disparu : muscle et flexion se travaillent encore des mois.
- Forcer seul, à la maison, sur une flexion de genou douloureuse.
- Reprendre le volant avant l'accord du chirurgien, ou sous antalgique somnolent.
- S'asseoir dans un fauteuil bas ou croiser les jambes après une prothèse de hanche par voie postérieure.
- Arrêter l'anticoagulant parce que vous vous sentez mieux.
- Prendre des anti-inflammatoires en automédication, surtout en cas d'insuffisance rénale, d'ulcère ou de traitement anticoagulant. Voir pourquoi prendre mon traitement tous les jours.
- Demander un antibiotique par téléphone pour une cicatrice qui coule : les prélèvements passent avant.
- Reprendre la course à pied, les sports de contact, les sauts et les pivots, ou rester assis des heures sans se lever.
- Ignorer une fièvre, même modérée, en la mettant sur le compte de la fatigue.
Comment protéger sa prothèse de l'infection à vie ?
- ✓Les soins dentaires : contrôle annuel, détartrage, traitement immédiat de toute carie ou abcès. Le vrai danger pour la prothèse vient d'une dent infectée qu'on laisse en place.
- ✓L'antibioprophylaxie dentaire. Les recommandations françaises de 2011 indiquent que les données de la littérature ne permettent plus de considérer les porteurs de prothèse articulaire comme un groupe à risque lors d'un geste bucco-dentaire, et qu'aucune indication d'antibiothérapie préventive n'a été retenue pour eux. Signalez toujours que vous portez une prothèse.
- ✓Toute infection ailleurs : urinaire, cutanée, panaris, plaie du pied chez un diabétique, angine, infection pulmonaire. Voir pathologies courantes et pyélonéphrites récidivantes. Et vaccinations à jour : moins d'épisodes infectieux, moins d'occasions de contamination.
- ✓Le document de traçabilité. L'ANSM rappelle qu'il vous est remis par le chirurgien, et qu'à défaut vous devez contacter le chirurgien ou le service d'orthopédie. Gardez-le avec votre carte Vitale et présentez-le à tout professionnel de santé.
- ✓Le signal tardif : une prothèse indolore qui redevient douloureuse, surtout après un épisode infectieux ailleurs, impose de consulter le chirurgien dans les jours qui suivent.
Pourquoi et quand faut-il changer une prothèse ?
Pourquoi et quand ? À distance, le descellement et l'usure dominent : le polyéthylène s'use, des débris se libèrent, l'os réagit et la fixation se perd. Il n'y a pas de date : le signal est clinique, une douleur mécanique qui réapparaît des années après, une boiterie nouvelle, une sensation d'instabilité, un enfoncement visible sur les radiographies de contrôle. C'est pour cela que les contrôles réguliers existent même quand tout va bien.
Ce qui change. Il faut retirer l'ancien matériel sans casser l'os, parfois reconstruire avec des greffes ou des pièces spéciales. Perte de sang plus importante, séjour plus long, rééducation plus lente, risque infectieux plus élevé. Ces interventions se font dans des centres habitués. Cela ne doit pas vous faire refuser une première prothèse. Cela pousse à la poser au bon moment et à la protéger.
Quels droits et remboursements après une prothèse ?
- Hospitalisation : 100 % du tarif de la Sécurité sociale au titre des actes lourds. Le forfait journalier reste dû, y compris en centre de rééducation.
- Dépassements d'honoraires : possibles en secteur 2, avec devis écrit obligatoire au-delà d'un certain montant. Interrogez votre mutuelle avant l'opération.
- Kinésithérapie : remboursée sur prescription, au tarif conventionnel. Transport : pris en charge sur prescription si votre état le justifie.
- Aides techniques (cannes, déambulateur, siège de douche, rehausseur de toilettes) : une partie figure sur la liste des produits et prestations remboursables, sur prescription, avec un remboursement partiel. Demandez le reste à charge avant d'acheter.
- Arrêt de travail, durées de référence de l'Assurance Maladie établies après avis de la HAS, identiques pour la hanche et le genou : 42 jours pour un poste sédentaire, 70 jours pour un travail physique léger (charges occasionnelles sous 10 kg), 90 jours pour un travail modéré (sous 25 kg), jusqu'à 120 jours pour un travail lourd. Modulables selon les complications, l'âge et l'adaptation du poste. Ameli indique par ailleurs, pour la hanche, environ un mois et demi sur un poste sédentaire, jusqu'à quatre mois sur un poste debout et marchant.
- Visite de pré-reprise avec le médecin du travail, à demander pendant l'arrêt : elle prépare un aménagement de poste, un temps partiel thérapeutique ou un reclassement. Outil le plus utile et le plus sous-utilisé.
- RQTH auprès de la maison départementale des personnes handicapées, pension d'invalidité si la capacité de travail est réduite d'au moins deux tiers après stabilisation, et APA après 60 ans auprès du conseil départemental, selon le degré de dépendance évalué et non le diagnostic.
Information factuelle, pas conseil personnalisé. Pour votre situation, l'assistante sociale du service d'orthopédie ou de votre caisse est l'interlocutrice la plus efficace, et ameli.fr fait référence.
Comment les proches peuvent-ils aider ?
- Un planning des trois premières semaines : qui vient quel jour, pour quoi, avec quels transports. Repas congelés d'avance, courses faites la veille de la sortie, logement dégagé, matériel installé et essayé, numéros utiles affichés.
- Aider à enfiler les bas de contention le matin : difficile seul, c'est le geste le plus demandé.
- Rappeler les prises de médicaments et cocher un tableau, surtout pour l'anticoagulant. Regarder la cicatrice chaque jour et signaler tout changement.
- Accompagner la marche quotidienne dehors, en portant le sac, et laisser faire ce que la personne peut faire : un patient qu'on assied et qu'on sert perd sa récupération.
Les droits, et leurs limites. Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre son activité, et l'allocation journalière du proche aidant peut l'accompagner : versée par la caisse d'allocations familiales ou la mutualité sociale agricole, dans la limite de 22 jours par mois et de 66 jours par personne aidée, pour 4 personnes aidées au plus sur toute la carrière, soit 264 jours. Son montant est de 66,64 € par jour en 2026, selon Service-public.gouv.fr. Mais la personne aidée doit avoir un handicap ou une perte d'autonomie reconnus, par exemple un taux d'incapacité d'au moins 80 % ou l'APA. C'est rarement le cas après une prothèse programmée. Les leviers concrets sont plutôt les congés du proche, l'aide à domicile financée en partie par l'APA après 60 ans, le passage d'un infirmier, et le séjour en rééducation.
Épuisement de l'aidant : fatigue qui ne cède plus au repos, irritabilité, troubles du sommeil, culpabilité permanente, isolement, négligence de sa propre santé. Trois semaines d'aide intensive suffisent à les installer. Voir burn-out : comprendre l'épuisement.
Quoi de neuf pour les prothèses en 2025-2026 ?
Disponible en France aujourd'hui
- 1Robot et navigation. Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2025 dans Bone & Joint Open, sur 22 études et 3 738 prothèses de genou, conclut que la chirurgie robotisée avec le système le plus utilisé au monde peut améliorer les résultats rapportés par les patients à moyen et long terme, tout en soulignant le faible nombre d'études de haut niveau de preuve. En parallèle, une analyse de 17 essais randomisés et 2 636 genoux, publiée la même année, montre que leurs résultats significatifs sont statistiquement fragiles : très peu de patients suffisent à faire basculer les conclusions. Le robot améliore la précision du geste, sans garantir un meilleur genou.
- 2Alignement personnalisé du genou. Plutôt qu'un axe mécanique théorique identique pour tous, on reproduit l'anatomie propre du patient. Une revue systématique de 2025 sur 14 études conclut à des gains faibles à modérés sur les scores fonctionnels, la sensation d'oubli de la prothèse et la flexion précoce, avec moins de gestes sur les ligaments ; les résultats convergent à long terme et la survie de l'implant est équivalente. Une étude française de 2025 sur 316 prothèses posées avec navigation ou robot rapporte une bascule anormale de la rotule dans 11,8 % des cas, nettement moins qu'avec l'alignement mécanique classique.
- 3Récupération améliorée et ambulatoire. Cadre posé par la HAS depuis 2016, données de sécurité étoffées par l'étude nationale britannique de 2025 détaillée en section hospitalisation.
- 4Préhabilitation structurée. Une revue d'ensemble de revues systématiques publiée en 2025 dans le Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy, couvrant 19 essais randomisés de prothèse de hanche et 46 de prothèse de genou, conclut qu'elle réduit le taux de complications et améliore force, fonction et qualité de vie, sur les six premiers mois. Disponible partout, encore trop peu prescrite.
En cours d'évaluation, et expérimental
Les modèles de prédiction de la satisfaction avant l'opération, notamment par apprentissage automatique, font l'objet de travaux actifs, sans qu'aucun soit intégré à la pratique courante en France. Les prothèses instrumentées, dotées de capteurs mesurant mobilité et charge, et les prothèses personnalisées fabriquées d'après l'anatomie du patient, sont explorées, notamment dans des travaux français : leur intérêt clinique reste à démontrer. Les matériaux qui libèrent un médicament restent au stade préclinique : une étude publiée en 2024 dans la revue The Knee a montré qu'un ciment chirurgical peut relâcher un anti-inflammatoire pendant 72 heures, mais uniquement en laboratoire, sans aucune donnée chez l'être humain.
À qui s'adresser, dans quel ordre ?
| Professionnel | Pour quoi | Quand |
|---|---|---|
| Médecin traitant | Diagnostic, traitement non chirurgical, orientation, arrêt de travail, demande d'ALD | En premier, et à chaque étape |
| Rhumatologue | Doute diagnostique, rhumatisme inflammatoire, gestes locaux | Délais souvent longs : demandez tôt |
| Chirurgien orthopédiste | Indication, choix de la prothèse et de la voie d'abord, contrôles radiographiques | Quand le traitement médical bien conduit ne suffit plus |
| Anesthésiste | Évaluation du risque, choix de l'anesthésie, gestion des traitements | Consultation obligatoire, au moins 48 h avant |
| Kinésithérapeute | Préhabilitation, rééducation, flexion et renforcement | Avant l'opération et dès la sortie |
| Médecin du travail | Visite de pré-reprise, aménagement de poste, temps partiel thérapeutique | Pendant l'arrêt, à demander soi-même |
| Assistante sociale | Droits, aides, transport, dossier MDPH, organisation du retour | Avant l'hospitalisation si possible |
| Dentiste | Foyers infectieux avant, suivi régulier après | Avant l'opération, puis au moins une fois par an |
Quelles associations peuvent vous aider ?
- AFLAR, Association française de lutte antirhumatismale : information, sensibilisation, webinaires, journée mondiale de l'arthrose.
- SOFCOT, fiches d'information patients labellisées : à lire avant de signer le consentement.
Comment expliquer une prothèse à un enfant ?
Cette partie est écrite pour les enfants qui savent lire.
Dans ton corps, les os ne se touchent pas directement. Partout où ils se plient, il y a un revêtement très lisse, un peu comme du savon mouillé, qui les empêche de frotter. Ça s'appelle le cartilage. Quand on vieillit, il s'use, comme la semelle d'une chaussure portée très longtemps. Quand il a disparu, les os frottent l'un contre l'autre, ça fait mal, et la personne n'arrive plus à marcher longtemps.
Alors les médecins remplacent les bouts d'os usés par des pièces neuves en métal et en plastique très solide : c'est une prothèse. Comme changer une pièce cassée sur un vélo. Le vélo continue de rouler, avec une pièce neuve.
Après l'opération, ton grand-père ou ta grand-mère aura mal quelques jours, marchera avec des cannes quelques semaines et sera très fatigué. C'est normal. Il faudra qu'il marche un peu tous les jours, même si ça l'ennuie. Tu peux l'aider : marcher avec lui, porter son sac, et ne pas laisser tes jouets par terre dans le couloir, parce que tomber, c'est ce qui l'embêterait le plus.
Dernière chose : la prothèse ne peut pas attraper de microbes toute seule, mais si des microbes se promènent dans le sang, ils peuvent aller s'installer dessus. C'est pour ça qu'il faut soigner tout de suite les dents malades et les petites infections. Ce n'est pas une maladie qui s'attrape entre les gens : tu ne risques rien, et tu ne peux rien lui donner en lui faisant un câlin.
Quiz à imprimer : connaissez-vous bien votre prothèse ?
Quiz : connaissez-vous bien votre prothèse de hanche ou de genou ?
Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.
- La douleur d'une arthrose de hanche se situe le plus souvent dans le pli de l'aine.VraiFaux
- C'est la radiographie qui décide du moment de l'opération.VraiFaux
- Après une prothèse de hanche par voie postérieure, il faut éviter de croiser les jambes pendant les six premières semaines.VraiFaux
- Je peux arrêter l'anticoagulant dès que je me sens mieux.VraiFaux
- Un genou encore gonflé trois mois après la prothèse est souvent normal.VraiFaux
- J'ai de la fièvre et ma cicatrice coule un liquide clair : j'attends quelques jours avant d'appeler.VraiFaux
- Avec une prothèse, il faut toujours prendre un antibiotique avant un soin dentaire.VraiFaux
- Après une prothèse de hanche, la conduite reprend en général vers six semaines, avec l'accord du chirurgien.VraiFaux
- Quand la douleur a disparu, je peux arrêter la kinésithérapie.VraiFaux
- Selon les registres, environ 8 prothèses totales de genou sur 10 sont encore en place 25 ans après.VraiFaux
Voir les réponses
- Vrai. Elle descend souvent vers la cuisse et parfois jusqu'au genou, rarement sur le côté de la hanche.
- Faux. Ce qui compte, c'est la douleur, le périmètre de marche, le sommeil et les gestes du quotidien.
- Vrai. C'est l'une des consignes de la fiche SOFCOT pour limiter le risque de luxation.
- Faux. Allez au bout de la durée prescrite. Le risque de caillot persiste plusieurs semaines après l'opération.
- Vrai. Le gonflement peut mettre six mois à disparaître. La glace et la jambe surélevée aident.
- Faux. Fièvre et écoulement, même clair, peuvent signaler une infection de prothèse. C'est une urgence.
- Faux. Les recommandations françaises de 2011 ne le prévoient pas. Faites soigner vite toute dent infectée.
- Vrai. Il faut aussi avoir arrêté les antalgiques qui endorment et pouvoir freiner fort sans douleur.
- Faux. La force du muscle et la flexion du genou se travaillent encore pendant des mois.
- Vrai. Les registres analysés dans le Lancet en 2019 donnent environ 82 %. Pour la hanche, c'est environ 58 %.
Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.
Quelles sont les questions les plus fréquentes ?
Combien de temps dure une prothèse de hanche ou de genou ?
D'après les registres nationaux de prothèses analysés dans le Lancet en 2019, environ 58 % des prothèses de hanche et 82 % des prothèses totales de genou sont encore en place 25 ans après la pose. Les prothèses unicompartimentales du genou sont à environ 70 % à 25 ans. Plus vous êtes opéré jeune et actif, plus le risque d'avoir besoin d'un changement dans votre vie est élevé. C'est un des arguments qui pousse à ne pas opérer trop tôt.
Comment savoir si c'est le bon moment pour me faire opérer du genou ou de la hanche ?
La décision repose sur votre vie quotidienne, plus que sur la radiographie. Les critères qui comptent sont la douleur qui persiste malgré un traitement non chirurgical bien conduit, le périmètre de marche qui se réduit, les réveils nocturnes, l'incapacité à faire vos courses, à travailler ou à vous habiller seul. Une radiographie très abîmée chez quelqu'un qui marche une heure sans douleur ne justifie pas une prothèse. Une radiographie moyenne chez quelqu'un qui ne dort plus peut la justifier.
Combien de temps je reste à l'hôpital pour une prothèse de hanche ?
Le séjour est aujourd'hui de deux à cinq jours dans la majorité des établissements français, contre plus d'une semaine il y a vingt ans. Dans les centres organisés en récupération améliorée après chirurgie, la sortie peut avoir lieu au bout de 24 à 48 heures. La chirurgie en ambulatoire, avec sortie le jour même, existe mais reste réservée à des patients sélectionnés, en bon état général, accompagnés à domicile et opérés dans une équipe entraînée.
Est-ce que ça fait très mal après une prothèse de genou ?
Les deux à trois premiers jours sont les plus douloureux, surtout pour le genou. La douleur est traitée par une association d'antalgiques, souvent complétée par un bloc anesthésique posé au bloc opératoire et par de la glace. Elle diminue nettement à partir de la fin de la première semaine, mais une gêne à l'effort et pendant la rééducation persiste plusieurs semaines. Une douleur qui augmente au lieu de diminuer, surtout avec de la fièvre, n'est pas normale et doit être signalée.
Quels mouvements sont interdits après une prothèse de hanche ?
Cela dépend de la voie d'abord utilisée par votre chirurgien. Après une voie postérieure, la fiche d'information de la SOFCOT recommande d'éviter pendant les six premières semaines la flexion de hanche au-delà de 90 degrés associée à une rotation du pied vers l'intérieur, les sièges bas, et de croiser les jambes. Après une voie antérieure, ce sont plutôt les grands mouvements d'extension avec rotation du pied vers l'extérieur qui sont limités. Demandez à votre chirurgien la liste précise qui correspond à votre opération.
Combien de temps d'arrêt de travail après une prothèse de hanche ou de genou ?
Les durées de référence de l'Assurance Maladie, établies après avis de la HAS, sont de 42 jours pour un travail sédentaire, 70 jours pour un travail physique léger, 90 jours pour un travail physique modéré et jusqu'à 120 jours pour un travail physique lourd. Elles sont identiques pour la hanche et pour le genou, et modulables selon les complications et les autres maladies. Une visite de pré-reprise avec le médecin du travail est utile dès le deuxième mois si votre poste est physique.
Est-ce que la prothèse de hanche ou de genou est prise en charge à 100 % ?
L'hospitalisation pour la pose d'une prothèse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie au titre des actes lourds, mais le forfait journalier hospitalier et les éventuels dépassements d'honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle. L'arthrose n'est pas inscrite sur la liste des 30 affections de longue durée. Une demande d'ALD hors liste, dite ALD 31, est possible dans les formes graves et invalidantes nécessitant un traitement de plus de six mois : c'est votre médecin traitant qui la rédige.
Quand est-ce que je peux reconduire après une prothèse ?
Ameli indique une reprise de la conduite autour de six semaines après une prothèse de hanche, et la fiche SOFCOT sur la prothèse de genou parle de quatre à six semaines. Les conditions sont d'avoir arrêté les antalgiques qui endorment, de pouvoir monter et descendre de la voiture sans aide, et de pouvoir freiner en urgence sans douleur. C'est votre chirurgien qui donne le feu vert. Une reprise trop précoce peut vous mettre en défaut vis-à-vis de votre assurance.
Faut-il prendre des antibiotiques avant d'aller chez le dentiste quand on a une prothèse ?
Non, pas de façon systématique. Les recommandations françaises sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire, publiées en 2011, ne retiennent aucune indication d'antibioprophylaxie chez les patients porteurs d'une prothèse orthopédique avant un acte dentaire. En revanche, un bilan dentaire complet est nécessaire avant la pose de la prothèse, et toute infection dentaire déclarée doit être traitée rapidement une fois la prothèse en place.
Est-ce que je pourrai refaire du sport avec une prothèse de genou ?
La marche, le vélo, la natation et le golf sont en général possibles et même encouragés à partir du troisième mois, avec l'accord de votre chirurgien. Ameli précise que la plupart des sports de loisir redeviennent possibles vers le troisième mois. La course à pied prolongée, les sports de contact, le ski alpin en compétition et les sports avec sauts et pivots restent déconseillés parce qu'ils accélèrent l'usure de l'implant.
Pourquoi certains patients sont-ils déçus après une prothèse de genou ?
Une revue systématique publiée en 2025 rappelle que jusqu'à 20 % des patients opérés d'une prothèse totale de genou restent insatisfaits, alors que le taux de satisfaction est nettement meilleur après une prothèse de hanche. Le genou est une articulation complexe qui garde souvent une sensation de corps étranger, une gêne à s'accroupir et une flexion incomplète. Une partie de la déception vient aussi d'attentes qui n'avaient pas été discutées avant l'opération.
Quels signes après une prothèse doivent me faire appeler le 15 ?
Appelez le 15 immédiatement en cas de douleur dans la poitrine ou d'essoufflement brutal, de mollet chaud, dur et douloureux, de fièvre associée à une cicatrice rouge ou qui coule, d'impossibilité soudaine de poser le pied par terre ou de déformation brutale du membre opéré. Ces signes peuvent correspondre à une embolie pulmonaire, une phlébite, une infection de prothèse ou une luxation, et aucun ne s'améliore en attendant.
Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?
Toutes les sources ci-dessous ont été consultées le 7 septembre 2026. Les recommandations médicales évoluent : en cas de doute, c'est l'avis de votre médecin qui prime. Pour la version 2, les sources principales ont été revérifiées et deux sources ont été ajoutées le 2 octobre 2026.
- Haute Autorité de Santé. Prothèse de hanche ou de genou : diagnostic et prise en charge de l'infection dans le mois suivant l'implantation, recommandation de bonne pratique (2014)
- Haute Autorité de Santé. Critères de suivi en rééducation et d'orientation en ambulatoire ou en soins de suite ou de réadaptation après arthroplastie totale du genou (2008)
- Haute Autorité de Santé. Programmes de récupération améliorée après chirurgie (RAAC) (2016)
- Haute Autorité de Santé. IQSS 2024, évènements thrombo-emboliques après pose de prothèse totale de hanche (2024)
- Haute Autorité de Santé. IQSS 2024, infections du site opératoire après pose de prothèse totale de genou (2024)
- Afssaps, aujourd'hui ANSM. Prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire, recommandations (2011)
- ANSM. Dossier thématique : surveillance des prothèses de hanche (mise à jour 2021)
- ANSM. Traçabilité des dispositifs médicaux implantables et information du patient
- SOFCOT. Informations concernant les prothèses totales de hanche, fiche patient labellisée
- SOFCOT. Informations concernant les prothèses totales de genou, fiche patient labellisée
- Ameli. Vivre avec une arthrose de la hanche : reprise de la conduite, du sport et du travail
- Ameli. Durées de référence d'arrêt de travail après interventions chirurgicales, après avis de la HAS
- Ameli. Qu'est-ce qu'une affection de longue durée ? ALD 30, ALD 31 hors liste, ALD 32
- Ameli. Comprendre le congé de proche aidant et l'allocation journalière du proche aidant
- Santé publique France. Rapport national de la surveillance semi-automatisée des infections du site opératoire en chirurgie, données 2024
- Evans JT et coll., How long does a hip replacement last? The Lancet, 2019, PMID 30782340
- Evans JT et coll., How long does a knee replacement last? The Lancet, 2019, PMID 30782341
- French JMR et coll., Day case hip and knee replacement in England, BMC Medicine, 2025, PMID 41088192
- Sodhi K et coll., Robotic-assisted total knee arthroplasty with MAKO, Bone & Joint Open, 2025, PMID 41192480
- Abdel Khalik H et coll., Continuous outcomes of robotic-assisted total knee arthroplasty trials are statistically fragile, European Journal of Orthopaedic Surgery and Traumatology, 2025, PMID 40844660
- Rahman WA et coll., Functional outcomes and patient satisfaction in kinematic vs mechanical alignment total knee arthroplasty, Cureus, 2025, PMID 41209940
- Le Guen A et coll., Personalized alignment in total knee arthroplasty reduces patellar tilt, Knee Surgery Sports Traumatology Arthroscopy, 2025, PMID 41103212
- Keogh JAJ et coll., The effects of structured prehabilitation on postoperative outcomes following total hip and total knee arthroplasty, Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy, 2025, PMID 40298246
- Palanisamy Y et coll., Analgesic eluting bone cement, an in-vitro study, The Knee, 2024, PMID 38943788
- Erivan R et coll., Évolution et projection de la chirurgie de la hanche en France de 2008 à 2070, Revue de chirurgie orthopédique et traumatologique, 2019
- Le Stum M et coll., Prothèses totales de genou en France, croissance 2009-2019 et projections à 2050, Revue de chirurgie orthopédique et traumatologique, 2022
- AFLAR. Association française de lutte antirhumatismale, site officiel
- SOFCOT. Fiches d'information patients labellisées, hanche et genou
- Service-public.gouv.fr (Direction de l'information légale et administrative). Congé de proche aidant du salarié et allocation journalière du proche aidant, page vérifiée le 15 juin 2026. Consultée le 2 octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr). Traitement de l'arthrose du genou, page mise à jour le 22 janvier 2026. Consultée le 2 octobre 2026.
Quelles fiches lire ensuite ?
- Arthrose : mécanismes, stades et traitements → La page soeur : la maladie elle-même, avant qu'on parle de chirurgie.
- Douleurs du genou après 60 ans : causes, traitements, quand opérer → Pour faire le tri entre les causes possibles avant d'envisager une prothèse.
- Déchirure du ménisque : temps de guérison et que faire → Si votre douleur de genou vient d'un ménisque et non d'une usure globale.
- Pourquoi consulter un kinésithérapeute → Le professionnel qui décide en grande partie de votre résultat, avant et après l'opération.
- Syndrome douloureux régional complexe et algodystrophie → La complication qui gâche le plus de bons résultats au genou.
- Gérer la douleur chronique : comprendre, traiter, vivre avec → Si une douleur persiste au-delà de trois à six mois après l'opération.
- Arrêt du tabac et sevrage tabagique : guide patient → Le levier préopératoire qui change le plus le risque de complications.
- Obésité : causes, traitements 2026 et vérités sur l'IMC → Chaque kilo compte sur une articulation portante et sur le risque anesthésique.
- Lombalgie : j'ai mal au dos → Parce que le dos et la hanche se compensent l'un l'autre, avant comme après.
- Polypharmacie : faire réviser son ordonnance → À faire avant la consultation d'anesthésie, pas la veille du bloc.
- Imagerie médicale : comment ça marche → Pour comprendre ce que montrent, et ce que ne montrent pas, vos radiographies.
- Vaccination adulte : le calendrier complet → Moins d'infections, moins d'occasions de contaminer une prothèse.
- Bibliothèque de fiches ETP → Toutes les fiches patients MediScribe, par spécialité.
Cette fiche est un exemple de contenu MediScribe rédigé selon les critères E-E-A-T de Google. Validation médicale en cours. Voir la fiche HTA validée par le Dr Grocholski, praticien hospitalier en néphrologie.
Demander ce type de contenu pour votre établissement →