MediScribe › Néphrologie › Pyélonéphrites récidivantes, guide patient
Guide patient · Néphrologie · Urologie · Infections urinaires récidivantes
Guide patient · Néphrologie · Urologie

Infections urinaires récidivantes : comprendre, traiter et protéger ses reins

Vous avez eu plusieurs infections urinaires qui sont remontées aux reins. Ce guide vous explique ce qui se passe dans votre corps, pourquoi certaines infections récidivent, quels risques elles font peser sur vos reins à long terme, et ce que vous pouvez faire pour vous protéger.

Pyélonéphrites et infections urinaires récidivantes, guide patient
50 %
des femmes auront au moins une IU dans leur vie
Source : HAS, 2021
20 %
des femmes avec une IU en feront une récidive dans l'année
Source : SPILF/SFU, 2024
2 à 3 %
des pyélonéphrites sévères évoluent vers la septicémie
Source : Données SPF 2022
4,7 %
des nouveaux patients en dialyse ou greffe en 2023 ont une pyélonéphrite comme maladie de départ
Source : registre REIN, rapport 2023

Que contient ce guide sur la pyélonéphrite ?

  1. Comment une infection urinaire atteint-elle le rein ?
  2. Pourquoi les infections urinaires reviennent-elles ?
  3. Comment reconnaître une pyélonéphrite ?
  4. Quels examens pour confirmer une pyélonéphrite ?
  5. Comment soigner une pyélonéphrite ?
  6. Les récidives peuvent-elles abîmer les reins ?
  7. Quel médecin consulter, et à quel moment ?
  8. Comment vivre avec des infections qui reviennent ?
  9. Quiz à imprimer
  10. Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Comment une infection urinaire atteint-elle le rein ?

En bref : l'urine est fabriquée par les reins, descend par deux tubes jusqu'à la vessie, puis sort par un canal appelé urètre. Ce canal mesure 3 à 4 centimètres chez la femme contre 15 à 20 chez l'homme, ce qui explique pourquoi les infections urinaires sont bien plus fréquentes chez les femmes. Une infection qui remonte jusqu'au rein s'appelle une pyélonéphrite.

Pour comprendre pourquoi une infection peut "monter" aux reins, il faut d'abord visualiser comment fonctionne votre système urinaire. Il se compose de quatre parties :

On distingue deux types d'infections selon leur localisation :

Type d'infectionSiègeGravité
CystiteVessie uniquement (infection "basse")Gênante, mais rarement grave chez la femme jeune sans facteur de risque
PyélonéphriteRein(s) et tissu rénal (infection "haute")Potentiellement grave. Nécessite une antibiothérapie urgente et un suivi.

Pourquoi les infections urinaires reviennent-elles ?

En bref : on parle de cystites récidivantes à partir de quatre épisodes en un an (HAS, 2024). Quand les infections se répètent, et dès qu'une pyélonéphrite revient, on ne traite plus seulement l'épisode : on cherche la cause. Elle peut être anatomique, hormonale après la ménopause, liée au diabète, ou favorisée par des habitudes du quotidien. Identifier la cause, c'est ce qui permet d'arrêter la série.

Une infection urinaire isolée, ça arrive. Quand les infections reviennent régulièrement, il faut en chercher la cause. Pour la Haute Autorité de santé (HAS), on parle de cystites récidivantes à partir de 4 épisodes en 12 mois (HAS, 2024). Quand une pyélonéphrite se répète, votre médecin recherche aussi une cause.

Les causes les plus fréquentes

Anatomiques
Reflux vésico-urétéral, calculs rénaux, malformations, prolapsus
Hormonaux
Ménopause (carence en œstrogènes), grossesse
Comportementaux
Rapports sexuels, rétention urinaire, hygiène inadaptée
Métaboliques
Diabète (glycosurie favorise la prolifération bactérienne)
Iatrogènes
Sondage urinaire, chirurgie pelvienne, immunosuppresseurs

La bactérie en cause

Dans 75 à 90 % des cas (Assurance Maladie, 2025), la bactérie responsable est Escherichia coli (E. coli), une bactérie naturellement présente dans votre flore intestinale. Elle peut coloniser l'urètre et remonter vers la vessie, puis les reins. Les autres germes fréquents sont Klebsiella pneumoniae, Proteus mirabilis et les entérocoques.

Pourquoi l'ECBU est indispensable à chaque pyélonéphrite
Les bactéries responsables peuvent changer d'un épisode à l'autre, et leur résistance aux antibiotiques évolue. Traiter sans ECBU, c'est traiter à l'aveugle, avec le risque d'un traitement inefficace qui aggrave la situation. Depuis mai 2025, la HAS demande un ECBU à chaque pyélonéphrite, même si la bandelette urinaire est normale. Votre médecin doit toujours adapter l'antibiotique au résultat de l'antibiogramme.

Comment reconnaître une pyélonéphrite ?

En bref : les signes sont plus marqués que pour une cystite et arrivent souvent d'un coup : fièvre au-dessus de 38,5 °C, frissons intenses, douleur dans le dos d'un seul côté, envies fréquentes et brûlantes d'uriner. Nausées et grande fatigue peuvent s'y ajouter. Une pyélonéphrite se traite sans attendre : appelez votre médecin le jour même.

Les symptômes d'une pyélonéphrite sont généralement plus marqués que ceux d'une simple cystite. Ils apparaissent souvent brutalement.

Chez la personne âgée, les signes peuvent tromper. La fièvre peut manquer. Parfois, le seul signe est une confusion ou une baisse soudaine de l'état général (Assurance Maladie, 2025). Au moindre doute, appelez le médecin.

Signes d'alarme : appelez le 15 ou allez aux urgences
Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences immédiatement si vous présentez : une fièvre au-dessus de 39 °C avec frissons intenses, une confusion ou désorientation, une chute de tension (vertiges, pâleur, malaise), une douleur abdominale très intense, une absence d'urine depuis plusieurs heures. Ces signes peuvent indiquer un choc septique, une urgence vitale.

Différence avec la cystite

SymptômeCystite (IU basse)Pyélonéphrite (IU haute)
Brûlures urinairesOuiSouvent
Fréquence urinaireOuiSouvent
FièvreNon (ou < 38 °C)Oui, > 38,5 °C
Douleur lombaireNonOui, caractéristique
FrissonsNonFréquents
Nausées/vomissementsNonPossibles
TraitementAntibiotique court (dose unique à 3 jours dans une forme simple)Antibiotique 7 à 10 jours, parfois en perfusion

Quels examens pour confirmer une pyélonéphrite ?

En bref : la bandelette urinaire donne une première orientation en quelques minutes. L'examen de référence reste l'ECBU, qui identifie la bactérie en cause et les antibiotiques auxquels elle est sensible. Il se prélève avant de commencer le traitement : c'est lui qui permet de choisir le bon antibiotique plutôt que de deviner.

Votre médecin ou votre néphrologue s'appuie sur plusieurs examens complémentaires pour confirmer le diagnostic, identifier la bactérie responsable et rechercher une cause sous-jacente.

  1. Bandelette urinaire (BU) : examen rapide, en quelques minutes. Elle détecte la présence de leucocytes (globules blancs) et de nitrites (marqueur bactérien). Très sensible mais peu spécifique. Elle ne suffit pas seule pour décider du traitement : en cas de pyélonéphrite, l'ECBU est fait dans tous les cas, quel que soit le résultat de la bandelette (HAS, 2025).
  2. ECBU (examen cytobactériologique des urines) : examen de référence. Il identifie la ou les bactéries présentes et leur sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). Indispensable avant tout traitement antibiotique d'une pyélonéphrite. Résultat en 24 à 48 heures.
  3. Bilan sanguin : NFS (leucocytose), CRP (inflammation), créatinine et DFG (fonction rénale), hémocultures si sepsis suspecté.
  4. Échographie des reins et des voies urinaires : pas systématique dans une forme simple. Elle est faite dans les 24 heures si la douleur est très forte, ou si la fièvre persiste après 72 heures d'antibiotiques (HAS, 2025). Elle recherche un obstacle (calcul, dilatation), un abcès rénal ou une anomalie anatomique. Rapide, sans irradiation.
  5. Scanner abdomino-pelvien avec injection (uroscanner) : examen à faire le plus souvent en urgence, au plus tard dans les 24 heures, en cas de pyélonéphrite à risque de complication (HAS, 2025). Il sert aussi en cas de doute ou si l'échographie est insuffisante. Montre avec précision les lésions rénales.
  6. Bilan urodynamique / cystographie rétrograde : en cas de suspicion de reflux vésico-urétéral ou de trouble fonctionnel. Réalisé par l'urologue.

Comment soigner une pyélonéphrite ?

En bref : le traitement repose sur des antibiotiques choisis selon le résultat de l'ECBU. Dans les formes simples, tout se fait le plus souvent par voie orale à domicile, pendant 7 à 10 jours selon l'antibiotique. Les formes sévères justifient une hospitalisation et des antibiotiques par perfusion. Le traitement se prend jusqu'au bout, même si la fièvre tombe en deux jours.

Le traitement de la crise aiguë

La pyélonéphrite aiguë se traite par antibiotiques, adaptés à l'antibiogramme. Dans les formes simples, le traitement est oral. Dans les formes sévères (vomissements, sepsis, immunodépression), l'hospitalisation et l'antibiothérapie intraveineuse sont nécessaires.

Forme simple ou à risque de complication ? La HAS parle de pyélonéphrite à risque de complication en cas de grossesse, d'anomalie des voies urinaires, d'insuffisance rénale sévère, d'immunité très affaiblie, après 75 ans, ou après 65 ans chez une personne fragile. Le diabète seul ne suffit pas à la rendre compliquée (HAS, 2025).

SituationTraitement habituelDurée
Pyélonéphrite simple (sans facteur de risque de complication)Fluoroquinolone par voie orale, ou ceftriaxone en injection si vous avez pris une quinolone dans les 6 derniers mois. Puis relais adapté à l'antibiogramme7 à 10 jours selon l'antibiotique (HAS, 2025)
Pyélonéphrite à risque de complicationMêmes antibiotiques que la forme simple, adaptés à l'antibiogramme10 jours si l'évolution est vite favorable (HAS, 2025)
Pyélonéphrite sévère / sepsisAntibiothérapie IV (C3G + amikacine) en milieu hospitalier10 à 14 jours selon l'évolution, fixés par l'équipe hospitalière (SPILF, 2018)
Bactérie BLSEErtapénème ou témocilline selon antibiogrammeSelon évolution
Ne jamais démarrer un traitement par antibiotiques sans l'avis d'un professionnel de santé. Ne jamais arrêter les antibiotiques avant la fin du traitement
Même si vous vous sentez mieux en 48 heures, l'infection n'est pas éradiquée. Arrêter prématurément favorise la résistance et la récidive. Prenez l'intégralité du traitement prescrit. → Lire notre guide sur l'importance de l'observance thérapeutique

Et le pharmacien ? Depuis juin 2024, le pharmacien peut délivrer un antibiotique sans ordonnance pour une cystite simple, chez la femme de 16 à 65 ans sans fièvre, après un test urinaire positif (sante.fr, 2024). Avec de la fièvre ou une douleur dans le dos, ce circuit ne s'applique pas : consultez un médecin le jour même.

La prévention des récidives

Quand les infections reviennent, le traitement ne se limite plus à la crise. Il faut traiter la cause et, si possible, empêcher les récidives.

Mesures non médicamenteuses (toujours en premier)

Antibioprophylaxie (si les mesures simples échouent)

En cas de récidives fréquentes malgré les mesures hygiéno-diététiques, votre médecin peut prescrire une antibiothérapie préventive au long cours à faible dose. Le choix de l'antibiotique et la durée dépendent de votre profil bactériologique et de vos facteurs de risque. Selon la HAS (2024), elle se discute quand les cystites reviennent au moins une fois par mois, après un ECBU. Les fluoroquinolones ne doivent pas être utilisées pour prévenir les infections urinaires basses (HAS, 2024, d'après l'ANSM).

Traitements hormonaux locaux (femme ménopausée)

Chez la femme ménopausée, les ovules ou crèmes à base d'œstriol local restaurent la flore vaginale et réduisent nettement le risque de récidive. Dans un essai publié en 1993 dans le New England Journal of Medicine (93 femmes), les infections sont passées de 5,9 à 0,5 épisode par an et par femme avec l'œstriol. La HAS indique que ce traitement peut être proposé après avis gynécologique (HAS, 2024). Cette option est sous-utilisée : n'hésitez pas à en parler à votre gynécologue ou à votre néphrologue.

Traitement chirurgical (si cause anatomique)

Si une anomalie anatomique est identifiée (reflux vésico-urétéral, calcul, sténose, malformation), son traitement chirurgical est souvent la seule façon de supprimer la cause des récidives. La décision appartient à l'urologue, en coordination avec le néphrologue.

Les récidives peuvent-elles abîmer les reins ?

En bref : chaque pyélonéphrite mal traitée peut laisser une cicatrice dans le tissu du rein, et ces cicatrices s'additionnent au fil des épisodes. C'est exactement ce qu'un suivi régulier permet d'éviter : traiter correctement chaque épisode et chercher la cause des récidives protège durablement vos reins.

Une cystite sans fièvre chez une femme jeune sans facteur de risque est souvent bénigne. Mais les pyélonéphrites récidivantes sont une autre affaire. Minimiser les récidives ou les traiter à l'emporte-pièce peut avoir des conséquences graves et définitives sur vos reins.

Les cicatrices rénales

Chaque pyélonéphrite non ou mal traitée peut laisser des cicatrices irréversibles dans le tissu rénal (néphrite cicatricielle). Ces cicatrices réduisent le nombre de néphrons fonctionnels. Au fil des récidives, la perte s'accumule.

Le risque d'insuffisance rénale chronique
Les infections urinaires récidivantes non contrôlées peuvent conduire progressivement à une insuffisance rénale chronique. En 2023, les pyélonéphrites (au sens large) étaient la maladie de départ chez 4,7 % des personnes qui ont commencé une dialyse ou reçu une greffe de rein en France (registre REIN, rapport 2023). Une fois les reins endommagés, la perte de fonction est irréversible. → Comprendre la dialyse et l'insuffisance rénale terminale

Les autres complications possibles

Renaloo, association de patients pour les maladies rénales
Renaloo est l'association française de référence pour les patients atteints de maladies rénales. Elle propose des informations validées, un forum d'entraide et des ressources pour comprendre votre maladie et vos droits. → renaloo.com. Rubrique spécifique : infections urinaires et pyélonéphrites

Quel médecin consulter, et à quel moment ?

En bref : le médecin généraliste est le premier recours dès les premiers signes : il prescrit l'ECBU et l'antibiotique. Le néphrologue intervient quand les récidives menacent la fonction du rein et coordonne le bilan complet. L'urologue entre en jeu si une anomalie anatomique est trouvée, comme un calcul ou un reflux.

La prise en charge des infections urinaires récidivantes peut impliquer plusieurs spécialistes.

👨‍⚕️ Médecin généraliste
Premier recours pour toute infection urinaire. Prescrit l'ECBU, l'antibiotique et oriente vers les spécialistes si nécessaire. À contacter dès les premiers symptômes.
🩺 Néphrologue
Indispensable dès que les récidives menacent la fonction rénale, en cas d'atteinte rénale documentée, ou pour la prise en charge au long cours. Coordonne le bilan étiologique complet.
🔬 Urologue
Intervient en cas d'anomalie anatomique identifiée (calcul, reflux, sténose). Réalise les bilans urodynamiques et les interventions chirurgicales si nécessaires.
🧬 Infectiologue
Consulté en cas de bactérie résistante (BLSE, BMR), d'infections récidivantes malgré un traitement bien conduit, ou pour adapter l'antibioprophylaxie.
🤰 Gynécologue / Obstétricien
Pour les femmes ménopausées (traitement œstrogénique local), les femmes enceintes, ou en cas de lien entre infection urinaire et rapports sexuels.
💊 Diabétologue
Si le diabète est une cause favorisante insuffisamment contrôlée. Un meilleur équilibre glycémique réduit le risque d'infections urinaires récidivantes.
🏥 Urgentiste
En cas de fièvre au-dessus de 39 °C avec frissons, de signes de choc septique ou d'impossibilité de prendre les antibiotiques par voie orale. Ne pas attendre une consultation programmée.

Comment vivre avec des infections qui reviennent ?

En bref : tenez un journal de vos épisodes : date, symptômes, bactérie retrouvée, traitement reçu. C'est l'outil le plus utile pour votre néphrologue, qui y repère les facteurs déclenchants et les résistances qui s'installent. Ne sautez pas les bilans sanguins entre deux épisodes : la fonction du rein peut baisser sans rien faire sentir.

Tenir un journal de ses infections

Notez la date de chaque épisode, les symptômes, la bactérie identifiée à l'ECBU et le traitement reçu. Ce journal est précieux pour votre néphrologue : il permet d'identifier des facteurs déclenchants, de repérer des résistances qui s'installent et de décider si une prophylaxie est justifiée.

L'importance du suivi biologique

Votre néphrologue prescrit régulièrement un bilan sanguin incluant créatinine et DFG. Ne négligez pas ces contrôles. Une dégradation silencieuse de la fonction rénale peut survenir sans symptôme entre deux épisodes infectieux.

Grossesse et infections urinaires

Si vous envisagez une grossesse, informez votre néphrologue. Les infections urinaires sont beaucoup plus fréquentes et dangereuses pendant la grossesse. Pendant la grossesse, des bactéries dans les urines se traitent même sans aucun symptôme, ce qui n'est pas le cas en dehors (SPILF, 2018). Un suivi rapproché est organisé dès le début.

Ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui
Boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour · Ne pas se retenir d'uriner · Uriner après les rapports sexuels · Éviter les savons irritants · Signaler immédiatement toute fièvre à votre médecin · Ne jamais prendre un antibiotique "de stock" sans ECBU ni avis médical.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la pyélonéphrite ?

Quiz : connaissez-vous bien la pyélonéphrite ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. Une pyélonéphrite est une infection urinaire qui est remontée jusqu'au rein.
    VraiFaux
  2. Une fièvre au-dessus de 38,5 °C avec une douleur dans le dos d'un seul côté doit faire penser à une pyélonéphrite.
    VraiFaux
  3. Chez une personne âgée, une pyélonéphrite donne toujours de la fièvre.
    VraiFaux
  4. Pour une pyélonéphrite, la bandelette urinaire suffit, l'ECBU est inutile.
    VraiFaux
  5. Si la fièvre tombe après deux jours, je peux arrêter les antibiotiques.
    VraiFaux
  6. Avec de la fièvre et mal au dos, le pharmacien peut me donner un antibiotique sans ordonnance.
    VraiFaux
  7. Les infections urinaires à répétition sont contagieuses.
    VraiFaux
  8. Boire assez d'eau et ne pas se retenir d'uriner aide à prévenir les récidives.
    VraiFaux
  9. Après la ménopause, un traitement hormonal local peut réduire les infections urinaires.
    VraiFaux
  10. Confusion, malaise, plus d'urine depuis plusieurs heures : j'appelle le 15.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Vrai. La pyélonéphrite touche le rein. Elle est plus sérieuse qu'une cystite, qui reste dans la vessie.
  2. Vrai. Ce sont les signes typiques. Appelez votre médecin le jour même.
  3. Faux. Chez la personne âgée, la fièvre peut manquer. Une confusion ou une baisse soudaine de l'état général doivent alerter.
  4. Faux. Pour une pyélonéphrite, l'ECBU est demandé dans tous les cas. Il permet de choisir le bon antibiotique.
  5. Faux. Prenez le traitement jusqu'au bout. L'arrêter trop tôt favorise les récidives et les résistances.
  6. Faux. Le pharmacien peut aider pour une cystite simple sans fièvre. Avec de la fièvre ou une douleur dans le dos, il faut voir un médecin.
  7. Faux. Les bactéries viennent de votre propre flore digestive. Elles ne s'attrapent pas d'une autre personne.
  8. Vrai. Boire suffisamment et uriner sans attendre font partie des premières mesures de prévention.
  9. Vrai. Les œstrogènes en application locale peuvent être proposés après avis gynécologique.
  10. Vrai. Ces signes peuvent annoncer un choc septique. C'est une urgence vitale.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

J'ai souvent des infections urinaires. Que faire ?

Parlez-en d'abord à votre médecin traitant (généraliste). Il peut vous orienter, s'il l'estime nécessaire, vers un médecin spécialiste des reins (le néphrologue) ou des voies urinaires (l'urologue). Si la situation l'exige, vous passerez peut-être une échographie ou un scanner.

Est-ce que les infections urinaires récidivantes sont contagieuses ?

Non. Les bactéries en cause (E. coli notamment) font partie de votre propre flore digestive. Elles ne viennent pas d'une autre personne. Il n'y a aucune raison d'éviter les contacts normaux avec votre entourage.

Peut-on vivre normalement avec des pyélonéphrites récidivantes ?

Oui, à condition d'être bien pris en charge. Un suivi régulier, des mesures préventives adaptées et un traitement efficace des crises permettent à la grande majorité des patients de mener une vie tout à fait normale. La clé : ne pas minimiser les récidives et maintenir le suivi avec votre néphrologue.

La canneberge est-elle efficace contre les infections urinaires récidivantes ?

Les données scientifiques montrent un effet modeste mais réel chez la femme qui a des infections à répétition (réduction d'environ 26 % selon la méta-analyse Cochrane 2023). La HAS indique une dose de 36 mg par jour de proanthocyanidines (HAS, 2024). La canneberge ne remplace pas un traitement antibiotique lors d'une infection avérée, et tous les produits du commerce ne sont pas équivalents. Demandez conseil à votre médecin sur la forme et la dose.

Puis-je faire du sport ?

Oui, absolument. Pendant une crise fébrile, le repos est préférable. En dehors des épisodes, l'activité physique est bénéfique, notamment parce qu'elle améliore le contrôle glycémique et la qualité de vie globale.

Les pyélonéphrites récidivantes peuvent-elles conduire à la dialyse ?

Le risque existe, surtout si les infections sont mal soignées ou si leur cause n'est pas traitée. En 2023, les pyélonéphrites (au sens large) étaient la maladie de départ chez 4,7 % des personnes qui ont commencé une dialyse ou reçu une greffe de rein en France (registre REIN). La dialyse n'est envisagée qu'en cas d'insuffisance rénale chronique terminale. Le suivi précoce et régulier sert justement à éviter d'en arriver là. → En savoir plus sur la dialyse

Doit-on aller aux urgences pour une infection urinaire ?

Si vous ne vous sentez pas bien, appelez le 15, qui vous donnera la marche à suivre. Allez aux urgences immédiatement en cas de fièvre au-dessus de 39 °C avec frissons intenses, de confusion ou désorientation, de chute de tension (vertiges, malaise), de douleur abdominale très intense, ou d'absence d'urine depuis plusieurs heures. Ces signes peuvent indiquer un choc septique, une urgence vitale.


Pour aller plus loin

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. Haute Autorité de santé, Choix et durées d'antibiothérapies : pyélonéphrite aiguë de la femme, 2021, mise à jour le 13 mai 2025. has-sante.fr
  2. Haute Autorité de santé, Choix et durées d'antibiothérapie, synthèse actualisée, août 2024. has-sante.fr
  3. Haute Autorité de santé, Fiche mémo, pyélonéphrite aiguë de la femme, mise à jour mai 2025. has-sante.fr (PDF)
  4. Haute Autorité de santé, Choix et durées d'antibiothérapies : cystite aiguë simple, à risque de complication ou récidivante, de la femme, 2021, mises à jour 2024 et 2025. has-sante.fr
  5. SPILF, Caron F, et al. Recommandations pour la prise en charge des infections urinaires communautaires de l'adulte. Médecine et maladies infectieuses, 2018;48(5):327-58. DOI 10.1016/j.medmal.2018.03.005. doi.org
  6. Assurance Maladie, Comprendre la pyélonéphrite aiguë (infection rénale), mise à jour avril 2025. ameli.fr
  7. Assurance Maladie, Infection au niveau d'un rein (pyélonéphrite aiguë) : symptômes et diagnostic, mise à jour avril 2025. ameli.fr
  8. Assurance Maladie, Pyélonéphrite aiguë : traitement, suivi et évolution, mise à jour avril 2025. ameli.fr
  9. Cochrane, Williams G, et al. Cranberries for preventing urinary tract infections. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023. DOI 10.1002/14651858.CD001321.pub7. doi.org
  10. New England Journal of Medicine, Raz R, Stamm WE. A controlled trial of intravaginal estriol in postmenopausal women with recurrent urinary tract infections, 1993;329(11):753-6. DOI 10.1056/NEJM199309093291102. doi.org
  11. Agence de la biomédecine, Registre REIN, rapport annuel 2023 (tableau 1-7, incidence par maladie rénale initiale). agence-biomedecine.fr (PDF)
  12. sante.fr, Angines et cystites : les pharmaciens peuvent délivrer sous certaines conditions des antibiotiques sans ordonnance, 20 juin 2024. sante.fr