Code CIM-10 : C53 · Dépistage : Z12.4

Cancer du col de l'utérus : le dépistage par test HPV expliqué simplement

Auteur de l'article : (LinkedIn), MediScribe · Publié le 6 octobre 2026 · Temps de lecture : 9 min · Recommandation HAS 2019 · Chiffres Santé publique France et INCa

Dépistage du cancer du col de l'utérus : une gynécologue explique le test HPV à une patiente dans un cabinet médical, un kit de prélèvement posé sur le bureau
Le test HPV se fait chez le gynécologue, le médecin traitant, la sage-femme ou au laboratoire sur ordonnance. Image générée par ChatGPT, prompt Florent Durand.
Le cancer du col de l'utérus est l'un des rares cancers que l'on peut presque toujours éviter. Il vient d'un virus très courant, le papillomavirus, qui met de longues années à abîmer le col. Un prélèvement simple, fait tous les trois ou cinq ans entre 25 et 65 ans, repère les lésions avant qu'elles ne deviennent un cancer. Il est pris en charge à 100 % dans le dépistage organisé.
Consultez sans attendre votre prochain dépistage si vous avez :

Ces signes ont le plus souvent une cause bénigne, c'est-à-dire sans gravité. Seul un examen permet de le savoir. Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent avec votre médecin traitant, votre gynécologue, votre sage-femme ou un centre de santé sexuelle.

Qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?

En bref : le col est la partie basse de l'utérus, au fond du vagin. Presque tous les cancers du col sont dus à une infection qui dure par un papillomavirus. Il faut en général une dizaine d'années, ou plus, pour passer d'une lésion à un cancer.

Le col de l'utérus est l'entrée de l'utérus. Il se trouve au fond du vagin. Le cancer du col naît de cellules de ce col qui changent peu à peu. La cause est presque toujours un papillomavirus humain, ou HPV, un virus qui se transmet pendant les relations sexuelles.

Ce virus est très fréquent. La plupart des femmes le rencontrent dans leur vie, souvent dès les premiers rapports. Dans la grande majorité des cas, le corps l'élimine seul en un ou deux ans. Parfois, le virus reste. Il peut alors abîmer les cellules du col et créer des lésions dites précancéreuses. Sans traitement, certaines deviennent un cancer, en général après plus de dix ans.

Ce délai très long est une chance. Il laisse le temps de trouver les lésions et de les soigner, souvent par un petit geste fait en ambulatoire. Le tabac rend l'élimination du virus plus difficile : arrêter de fumer protège aussi le col. Notre fiche Mois sans tabac vous aide à franchir le pas.

Combien de femmes sont touchées en France ?

En bref : environ 3 159 nouveaux cas en 2023 et 1 117 décès en 2018. En 2024, seules 60,9 % des femmes concernées ont fait leur dépistage. L'Europe fixe un minimum de 70 %.
3 159nouveaux cas estimés en 2023
1 117décès en 2018
60,9 %des femmes dépistées en 2024
63 %de survie à 5 ans, tous stades confondus

Le nombre de cas baisse depuis 1990 grâce au dépistage, mais il ne baisse plus depuis 2010. La raison principale est connue : près de quatre femmes sur dix ne se font pas dépister au bon rythme. Les écarts sont forts entre les départements, avec 73,5 % de participation dans les Hautes-Alpes et 45,7 % en Seine-Saint-Denis.

Le pronostic dépend du moment où la maladie est trouvée. Selon Santé publique France, la survie à 5 ans est de 63 % en moyenne. Elle atteint 88 % chez les femmes diagnostiquées vers 30 ans. Une lésion trouvée par le dépistage, avant le cancer, se soigne dans la quasi-totalité des cas.

Qui doit se faire dépister, et à quel rythme ?

En bref : toutes les femmes de 25 à 65 ans, vaccinées ou non. De 25 à 29 ans, un examen des cellules tous les trois ans. De 30 à 65 ans, un test HPV tous les cinq ans.
Votre âgeExamenRythme
25 à 29 ansExamen cytologique : on regarde les cellules du col au microscopeDeux examens à un an d'écart, puis tous les 3 ans s'ils sont normaux
30 à 65 ansTest HPV : on cherche le virus dans le prélèvement3 ans après le dernier examen normal, puis tous les 5 ans si le test est négatif

Depuis 2019, la HAS recommande le test HPV à partir de 30 ans. Il repère mieux les femmes à risque que l'examen des cellules seul. Avant 30 ans, le virus est très fréquent et part souvent tout seul : on garde donc l'examen des cellules.

Le dépistage concerne aussi les femmes vaccinées contre le HPV, les femmes ménopausées, les femmes qui n'ont plus de rapports et les femmes qui ont des rapports avec des femmes. Après une ablation complète de l'utérus, ou en cas de suivi déjà en cours pour une lésion, votre médecin vous dira quoi faire. Si vous n'avez pas fait de dépistage depuis trois ans (avant 30 ans) ou cinq ans (après 30 ans), vous recevez un courrier d'invitation de l'Assurance Maladie.

Comment se passe le prélèvement ?

En bref : le prélèvement dure quelques secondes et se fait avec une petite brosse. Il peut être réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste, une sage-femme ou un laboratoire sur ordonnance. Dès 30 ans, un autoprélèvement à faire chez soi peut être proposé aux femmes qui ne se font pas dépister.
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    Vous êtes allongée, comme pour un examen gynécologique. Le professionnel place un spéculum, un petit instrument qui écarte doucement les parois du vagin.
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    Il frotte le col avec une petite brosse pendant quelques secondes. C'est en général indolore, parfois un peu désagréable.
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    Le prélèvement part au laboratoire. Vous recevez le résultat en quelques jours à quelques semaines.

Évitez de faire le prélèvement pendant les règles. Évitez aussi les rapports sexuels et les traitements vaginaux, comme les ovules ou les crèmes, dans les 48 heures avant.

Dans le dépistage organisé, l'analyse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais, sur présentation du courrier d'invitation. La consultation est remboursée dans les conditions habituelles.

L'autoprélèvement

La HAS propose, dès 30 ans, un autoprélèvement vaginal aux femmes qui ne se font pas dépister ou pas assez souvent. Vous faites vous-même le prélèvement chez vous, avec un écouvillon, une sorte de long coton-tige. Les modalités varient selon les régions : demandez à votre médecin ou à votre pharmacien.

Que veut dire un test HPV positif ?

En bref : un test positif veut dire que le virus est présent. Il ne signifie pas que vous avez un cancer. Le laboratoire analyse alors les cellules du même prélèvement. Selon le résultat, on refait un test dans un an ou on regarde le col de plus près.

Un test HPV positif signifie qu'un papillomavirus à risque est présent sur le col. Il ne dit pas qu'il y a un cancer. Le plus souvent, le virus disparaît seul. Le test sert à repérer les femmes qui ont besoin d'un suivi plus proche.

Test HPV négatifLe prochain test se fait dans 5 ans. Consultez avant si un signe d'alerte apparaît.
Test HPV positif, cellules normalesOn refait un test HPV dans un an. Négatif, vous revenez au rythme de 5 ans. Encore positif, on fait une colposcopie.
Test HPV positif, cellules anormalesUne colposcopie est prévue. Le médecin regarde le col avec une sorte de loupe, et peut faire une petite biopsie, c'est-à-dire prélever un minuscule morceau de tissu.

Une lésion précancéreuse se traite souvent par conisation : on retire une petite partie du col, en ambulatoire. Après une conisation, un suivi régulier est nécessaire. Parlez de votre projet de grossesse avec votre gynécologue, car ce geste peut avoir des effets sur une grossesse future.

Le vaccin HPV dispense-t-il du dépistage ?

En bref : non. Le vaccin protège contre les virus les plus dangereux, mais pas contre tous. Il est recommandé aux filles et aux garçons dès 11 ans. Depuis décembre 2025, le rattrapage est remboursé jusqu'à 26 ans révolus.

Le vaccin agit avant toute rencontre avec le virus. C'est pourquoi on le propose tôt : deux doses entre 11 et 14 ans, trois doses entre 15 et 26 ans. Depuis le 12 décembre 2025, le vaccin Gardasil 9 est remboursé pour toutes les jeunes femmes et tous les jeunes hommes non vaccinés, jusqu'à 26 ans révolus.

En France, la couverture reste trop faible. Pour les enfants nés en 2012, 54 % des filles avaient reçu au moins une dose et 35 % un schéma complet, selon Santé publique France. L'objectif national est de 80 % en 2030.

Une femme vaccinée suit le même dépistage qu'une femme non vaccinée. Pour les autres vaccins utiles à l'âge adulte, voir notre fiche vaccination de l'adulte.

Quel lien avec Octobre Rose et les autres dépistages ?

En bref : Octobre Rose est le bon moment pour vérifier tous vos dépistages. Entre 50 et 65 ans, une femme est concernée par trois dépistages organisés, résumés ci-dessous. Notez vos dates dans un même carnet.
Dépistage organiséÂgeRythme
Col de l'utérus25 à 65 ans3 ans puis 5 ans
Sein (mammographie)50 à 74 ans2 ans
Côlon et rectum (test à domicile)50 à 74 ans2 ans

Vous avez des règles très douloureuses ? Elles ne sont pas « normales » et méritent un avis : lisez notre fiche endométriose. Le rendez-vous de dépistage est l'occasion d'en parler.

Vous êtes soignant ?

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Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Le frottis fait-il mal ?

Il est en général indolore. Il peut être un peu désagréable pendant quelques secondes. Dites-le si vous êtes tendue : le professionnel peut prendre un spéculum plus petit et aller plus doucement.

J'ai plus de 65 ans, dois-je continuer ?

Le dépistage organisé s'arrête à 65 ans si les derniers résultats étaient normaux. En cas de signe d'alerte, comme un saignement après la ménopause, consultez quel que soit votre âge.

Un test HPV positif veut-il dire que mon partenaire m'a trompée ?

Non. Le virus peut rester caché pendant des années avant d'être détecté. Un test positif ne permet pas de savoir quand ni avec qui l'infection a eu lieu.

Le dépistage est-il remboursé ?

Oui. Dans le dépistage organisé, l'analyse du prélèvement est prise en charge à 100 % sans avance de frais, avec le courrier d'invitation. La consultation est remboursée comme d'habitude.

Je suis vaccinée, dois-je quand même faire le test ?

Oui. Le vaccin ne protège pas contre tous les papillomavirus à risque. Le dépistage reste nécessaire de 25 à 65 ans.

Quelles fiches lire ensuite ?

Cette fiche est produite par MediScribe d'après la recommandation de la HAS et les données de Santé publique France. Cabinets de gynécologie, sages-femmes, CPTS et centres de santé : nous produisons des supports de dépistage sur mesure pour vos patientes.

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Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. Haute Autorité de santé. Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus, synthèse. Juillet 2019.
  2. Santé publique France. Cancer du col de l'utérus : données. Incidence 2023, mortalité 2018, survie nette des femmes diagnostiquées de 2010 à 2015. Consulté le 3 octobre 2026.
  3. Santé publique France. Participation au programme de dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, année 2024 et évolution depuis 2017. Bulletin national.
  4. Le Quotidien du médecin, d'après Santé publique France. HPV : la campagne de vaccination au collège 2024-2025 confirme l'efficacité du dispositif. 19 décembre 2025.
  5. Vidal. Le vaccin Gardasil 9 est désormais remboursé jusqu'à l'âge de 26 ans. 19 décembre 2025.
  6. Institut national du cancer. Cancer du col de l'utérus : facteurs de risque, diagnostic, traitements. Consulté le 3 octobre 2026.

Cette fiche informe. Elle ne remplace pas l'avis de votre médecin ou de votre sage-femme. Image d'illustration générée par ChatGPT sur un prompt de Florent Durand pour MediScribe, voir la licence des images.