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Dialyse péritonéale : comment ça marche ?

La dialyse péritonéale est une technique de nettoyage du sang qui se fait chez vous, à votre domicile. Pas besoin de venir trois fois par semaine à l'hôpital. Votre propre corps devient le filtre : une membrane naturelle dans votre ventre, appelée le péritoine, fait le travail. Un cathéter (un petit tube) est placé dans votre abdomen pour y faire entrer et sortir un liquide spécial qui absorbe les déchets.

Ce guide vous explique comment ça fonctionne, quelles sont les deux méthodes possibles, et comment éviter les complications.

Contenu relu par : Dr Christophe Grocholski, Praticien Hospitalier en Néphrologie, Centre Hospitalier de Fleyriat, Bourg-en-Bresse (RPPS 10101541018).

Comment marche la dialyse péritonéale à domicile ?

En bref : votre péritoine, la membrane qui tapisse votre ventre, sert de filtre naturel. On y introduit un liquide propre par un cathéter, il capte les déchets de votre sang, puis on le vide. Ce cycle s'appelle un échange.

Votre péritoine est une fine membrane qui tapisse l'intérieur de votre ventre et recouvre vos organes. Elle est naturellement traversée par des vaisseaux sanguins. En dialyse péritonéale, on utilise cette membrane comme un filtre naturel.

Le principe est simple :

  1. On introduit un liquide spécial (appelé dialysat) dans votre ventre via le cathéter.
  2. Ce liquide reste quelques heures dans votre ventre. Pendant ce temps, les déchets et l'excès d'eau de votre sang passent à travers le péritoine dans le liquide.
  3. On vide ensuite ce liquide chargé de déchets, et on recommence avec un liquide propre.

Ce cycle s'appelle un "échange". Le nombre d'échanges par jour dépend de votre méthode et de votre prescription médicale.

DPCA ou DPA : quelle méthode choisir ?

En bref : deux façons de faire. La DPCA, 3 à 5 échanges manuels par jour, environ 30 minutes chacun, sans machine. La DPA, une machine fait les échanges pendant que vous dormez. Votre néphrologue choisit avec vous selon votre mode de vie.

Il existe deux grandes façons de faire la dialyse péritonéale. Votre néphrologue choisit avec vous selon votre mode de vie et votre état de santé.

La DPCA (Dialyse Péritonéale Continue Ambulatoire)

Vous faites les échanges vous-même, à la main, 3 à 5 fois par jour, dont une la nuit (le liquide reste dans le ventre pendant que vous dormez). Chaque échange dure environ 30 minutes. Pas de machine. Vous êtes autonome.

Avantage : simple, peu de matériel. Inconvénient : il faut planifier ses journées et faire les échanges à heure fixe.

La DPA (Dialyse Péritonéale Automatisée)

Une machine appelée "cycleur" fait les échanges pendant que vous dormez, pendant 8 à 10 heures. La journée, vous êtes libre. Certains patients ont une petite poche dans la journée, d'autres non.

Avantage : vos journées sont libres, idéal pour travailler ou avoir une vie active. Inconvénient : la machine est volumineuse, il faut la connecter chaque soir.

Quelle différence avec l'hémodialyse en centre ?

En bref : la dialyse péritonéale se fait chez vous tous les jours, l'hémodialyse en centre 3 fois par semaine. La première laisse plus d'autonomie et un régime un peu moins strict, la seconde évite les manipulations quotidiennes.
Critère Dialyse péritonéale Hémodialyse
Lieu Domicile Centre médical (ou domicile si formé)
Fréquence Tous les jours 3 fois/semaine
Accès au sang Cathéter abdominal Fistule ou cathéter veineux
Régime alimentaire Légèrement moins strict Strict (potassium, phosphore, eau)
Autonomie Très grande (surtout DPA) Contraignante (déplacements)
Risque principal Péritonite Infection de fistule, chute de pression

En France, fin 2023, 2 891 personnes étaient soignées par dialyse péritonéale. Cela représente 5,5 % des patients dialysés. Elle est le premier traitement pour 10 % des nouveaux patients (Agence de la biomédecine, rapport REIN 2023).

Vous n'êtes pas obligé de tout faire seul. Un infirmier peut venir chez vous pour faire les échanges. C'est le cas pour 48 % des patients en DPCA et 17 % des patients en DPA (rapport REIN 2023).

La Haute Autorité de santé demande que l'on vous présente toutes les méthodes de dialyse et la greffe, pour choisir avec votre néphrologue. Vous pouvez aussi changer d'avis plus tard (guide HAS sur la maladie rénale chronique, mis à jour en 2023).

Quelles complications et comment les éviter ?

En bref : la principale est la péritonite, une infection du ventre. Elle se reconnaît à un liquide de sortie trouble, une douleur au ventre, parfois de la fièvre. Elle se soigne bien avec des antibiotiques si vous appelez votre centre tout de suite.

La dialyse péritonéale est généralement bien tolérée. Mais comme toute technique médicale, elle a des risques qu'il faut connaître pour réagir vite.

La péritonite

C'est l'infection la plus redoutée. Elle arrive quand des microbes entrent dans le ventre lors des manipulations. Elle se reconnaît à un liquide trouble dans la poche de sortie, une douleur abdominale et parfois de la fièvre. Appelez votre centre immédiatement. Elle se traite bien avec des antibiotiques, mais une péritonite récidivante peut obliger à arrêter la dialyse péritonéale.

Infection du cathéter

La peau autour du cathéter peut s'infecter. Rougeur, gonflement, écoulement : signes à surveiller et à signaler sans délai.

Prévenir les infections : les bons gestes

Les recommandations internationales sur la dialyse péritonéale (ISPD, 2022 et 2023) insistent sur quelques gestes simples.

Prise de poids liée au glucose

Les poches de dialysat contiennent du glucose (du sucre). Avec le temps, une partie est absorbée par le corps. Certains patients prennent du poids ou développent un diabète. Votre diététicien adapte votre alimentation en conséquence.

Fuites

Le liquide peut parfois fuir dans des zones proches (hernies, par exemple). Votre équipe soignante surveille ce point lors des consultations.

Quand appeler son centre de dialyse en urgence ?

En bref : appelez votre centre immédiatement si le liquide qui ressort est trouble, si vous avez mal au ventre ou de la fièvre, si la peau autour du cathéter est rouge ou suinte, ou si le liquide ne coule plus. Ne gérez jamais une péritonite seul.
Appelez votre centre de dialyse immédiatement si :
  • Le liquide qui ressort de la poche est trouble ou opaque (signe de péritonite)
  • Vous avez mal au ventre, surtout si la douleur est diffuse
  • Vous avez de la fièvre
  • La peau autour de votre cathéter est rouge, gonflée ou suinte
  • Le liquide ne coule plus ou coule mal

Ne gérez pas seul une péritonite. Chaque heure compte.

Ne jetez pas une poche trouble. Votre centre vous dira comment l'apporter, car le liquide doit être analysé au laboratoire (ISPD, 2022).

Comment vivre au quotidien en dialyse péritonéale ?

En bref : le travail reste possible dans la grande majorité des cas, surtout en DPA. Les voyages se préparent avec une livraison des poches sur place. La douche est autorisée avec un pansement étanche. Pour la piscine ou la mer, demandez d'abord l'avis de votre équipe.

Contrairement à l'hémodialyse en centre, la dialyse péritonéale s'intègre dans la vie. Voici ce que vivent la plupart des patients :

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la dialyse péritonéale ?

Quiz : connaissez-vous bien la dialyse péritonéale ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. La dialyse péritonéale se fait à la maison.
    VraiFaux
  2. En DPA, une machine fait les échanges pendant la nuit.
    VraiFaux
  3. Un liquide de sortie trouble peut attendre le prochain rendez-vous.
    VraiFaux
  4. Si la poche est trouble, je la jette tout de suite.
    VraiFaux
  5. Mon chat peut rester dans la pièce pendant mes échanges.
    VraiFaux
  6. Je me lave les mains avant et après chaque échange.
    VraiFaux
  7. Après une fausse manœuvre, je préviens l'équipe seulement si j'ai de la fièvre.
    VraiFaux
  8. La peau autour du cathéter se nettoie au moins deux fois par semaine et après la douche.
    VraiFaux
  9. Avec une dialyse péritonéale, il faut arrêter de travailler.
    VraiFaux
  10. Les poches de dialyse contiennent du sucre.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Vrai. Les échanges se font chez vous. Vous allez au centre pour les consultations et les contrôles.
  2. Vrai. La machine, appelée cycleur, travaille 8 à 10 heures pendant que vous dormez.
  3. Faux. Un liquide trouble peut être le signe d'une péritonite. Appelez votre centre tout de suite.
  4. Faux. Gardez la poche. Le liquide doit être analysé au laboratoire.
  5. Faux. Les animaux restent hors de la pièce des échanges et du matériel. Lavez-vous les mains après les avoir touchés.
  6. Vrai. C'est le geste le plus simple pour éviter une péritonite.
  7. Faux. Appelez l'équipe tout de suite, même si vous allez bien. Un antibiotique peut éviter l'infection.
  8. Vrai. Nettoyez-la aussi après un sport qui fait transpirer.
  9. Faux. Beaucoup de patients continuent à travailler, surtout en DPA.
  10. Vrai. Le glucose des poches peut faire prendre du poids. Votre diététicien adapte votre alimentation.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

La dialyse péritonéale est-elle douloureuse ?

Non, la dialyse péritonéale en elle-même n'est pas douloureuse. La pose du cathéter se fait sous anesthésie. Les échanges de liquide peuvent parfois provoquer une légère sensation de plénitude, surtout au début. Si vous ressentez une vraie douleur, consultez sans attendre.

Peut-on travailler avec une dialyse péritonéale ?

Oui, c'est même l'un des grands avantages. Avec la DPA (dialyse automatique la nuit), vous dormez branché et vous êtes libre la journée. De nombreux patients continuent à travailler. En DPCA, il faut prévoir des pauses pour les échanges, ce qui est à gérer selon votre emploi.

Quelle est la différence entre DPCA et DPA ?

La DPCA se fait à la main, 3 à 5 fois par jour, avec des sacs que vous échangez vous-même. La DPA utilise une machine (cycleur) qui travaille la nuit pendant 8 à 10 heures pendant que vous dormez. Le néphrologue choisit selon votre situation.

Peut-on voyager avec une dialyse péritonéale ?

Oui, c'est possible, mais cela demande une organisation sérieuse. Il faut faire envoyer les poches à destination à l'avance, vérifier les conditions de stockage, et prévenir votre centre. Des associations comme Renaloo et France Reins peuvent vous aider à préparer votre voyage.

Qu'est-ce qu'une péritonite et est-ce grave ?

La péritonite est une infection du péritoine, la membrane utilisée pour filtrer votre sang. Elle se reconnaît à un liquide trouble dans la poche en sortie, une douleur abdominale et parfois de la fièvre. C'est une urgence : appelez votre centre de dialyse immédiatement. Traitée vite, elle guérit bien. Si elle se répète, il faudra peut-être changer de méthode de dialyse.

Maillage interne : ce guide fait partie d'un ensemble de fiches sur la dialyse et l'insuffisance rénale.
Vous dirigez un établissement ou un cabinet ?

Cette fiche est un exemple de contenu MediScribe : structuré, sourcé, validé médicalement, lisible par les patients et cité par les IA. Vos pages, elles, sont sans doute invisibles là où les patients cherchent aujourd'hui.

Être cité par les IA → Produire mes fiches ETP → Combien de patients je perds ?

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : maladie rénale chronique de l'adulte (MRC), version validée en septembre 2023. Ancienne version de 2012 : sfndt.org.
  2. Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation. Publications néphrologiques à destination du public et des patients. sfndt.org
  3. Agence de la biomédecine. Registre REIN : rapport annuel 2023 sur le traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale, publié en 2025. agence-biomedecine.fr
  4. Li PK, Chow KM et coll. (International Society for Peritoneal Dialysis). ISPD peritonitis guideline recommendations : 2022 update on prevention and treatment. Perit Dial Int 2022;42(2):110-153. doi:10.1177/08968608221080586
  5. Chow KM, Li PK et coll. (International Society for Peritoneal Dialysis). ISPD catheter-related infection recommendations : 2023 update. Perit Dial Int 2023;43(3):201-219. doi:10.1177/08968608231172740