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Neurologie · Maladie rare du motoneurone

Maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique)

Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · Sources institutionnelles citées en fin de page · Publiée le 27 août 2026 · Mise à jour : 2 octobre 2026

On vous a parlé de maladie de Charcot, ou de sclérose latérale amyotrophique, et vous cherchez des réponses claires. Cette fiche dit ce qu'est cette maladie, comment elle commence, comment on la diagnostique, ce que les traitements font et ne font pas en 2026, et ce qui change concrètement le pronostic. Pas de faux espoir, mais pas de porte fermée non plus. Nous levons aussi la confusion avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Qu'est-ce que la maladie de Charcot exactement ?

En bref : la maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique, détruit les neurones qui commandent les muscles volontaires. La sensibilité, les yeux, les sphincters et le plus souvent l'intelligence sont épargnés.

Pour bouger un bras, deux neurones travaillent en série : le motoneurone central, du cortex à la moelle épinière, et le motoneurone périphérique, de la moelle ou du tronc cérébral jusqu'au muscle. La SLA est la seule maladie qui attaque les deux à la fois.

D'où un mélange de signes contradictoire en apparence. L'atteinte périphérique donne une fonte musculaire, des crampes, des fasciculations. L'atteinte centrale donne une raideur, une spasticité, des réflexes trop vifs. Les deux dans un même membre : un neurologue pense aussitôt à une maladie du motoneurone.

Schéma du motoneurone central et du motoneurone périphérique Le motoneurone central part du cortex et descend dans la moelle épinière, le motoneurone périphérique part de la moelle et rejoint le muscle. Dans la SLA, les deux dégénèrent, d'où à la fois raideur et fonte musculaire. Cerveau cortex moteur Motoneurone central Moelle épinière Motoneurone périphérique Muscle Central : raideur, réflexes vifs Atteinte périphérique : fonte, crampes, fasciculations

Ce que la maladie n'attaque pas

Information capitale, trop rarement dite à l'annonce : la SLA ne touche que la commande motrice volontaire. Restent intacts :

  • ✓
    La sensibilité : toucher, chaud, froid, position des membres.
  • ✓
    Les muscles des yeux : le regard reste mobile très longtemps, d'où la communication par commande oculaire.
  • ✓
    Les sphincters et le cœur : la continence est conservée, le muscle cardiaque n'est pas une cible.
  • ✓
    Les fonctions intellectuelles, le plus souvent : la personne reste elle-même et décide de tout. Environ la moitié des patients ont des modifications cognitives légères, une minorité une démence frontotemporale associée, sans rapport avec la maladie d'Alzheimer.
Les chiffres en France

Environ 8 000 personnes vivent avec une SLA en France, pour 1 000 à 1 500 nouveaux diagnostics par an. L'âge moyen de début est d'environ 60 ans, avec des cas plus jeunes. Les hommes sont un peu plus touchés (INSERM, ARSLA).

Maladie de Charcot ou Charcot-Marie-Tooth, quelle différence ?

En bref : la maladie de Charcot désigne en France la sclérose latérale amyotrophique. La maladie de Charcot-Marie-Tooth est une neuropathie héréditaire, à évolution lente et à espérance de vie normale.

Les deux portent le nom de Jean-Martin Charcot, neurologue de la Salpêtrière. C'est leur seul point commun, et cette homonymie provoque des paniques inutiles. La maladie de Charcot-Marie-Tooth touche les nerfs périphériques. Héréditaire, liée à plus de 80 gènes, elle concerne 30 000 à 50 000 personnes en France. Elle commence souvent dans l'enfance par des pieds creux, progresse très lentement, et ne modifie pas l'espérance de vie.

Maladie de Charcot (SLA) Maladie de Charcot-Marie-Tooth
Ce qui est atteint Motoneurones central et périphérique Nerfs périphériques
Origine Sporadique dans 90 % des cas Héréditaire
Âge de début Le plus souvent après 55 ans Enfance ou adulte jeune
Sensibilité Conservée Souvent atteinte
Parole, déglutition Fréquemment atteintes Habituellement épargnées
Respiration Atteinte, enjeu vital principal Rarement concernée
Vitesse d'évolution Rapide, en mois et en années Très lente, sur des décennies
Espérance de vie Réduite, survie médiane 3 à 5 ans Normale
Prévalence en France Environ 8 000 personnes 30 000 à 50 000 personnes

Si un médecin vous a parlé de « Charcot-Marie-Tooth », vous n'avez pas de SLA. En cas de doute, demandez le nom complet sur votre compte rendu.

Quels sont les premiers symptômes de la SLA ?

En bref : la SLA commence dans deux tiers des cas par un membre (main qui lâche, pied qui tombe), dans un tiers par la parole ou la déglutition. Le diagnostic prend 12 à 18 mois en moyenne.

Le début est presque toujours localisé et asymétrique, ce qui rend les premiers mois trompeurs : on l'attribue à la fatigue ou à un nerf coincé.

Début spinal, deux tiers des cas

  • 1
    La main qui lâche : difficulté à tourner une clé, boutonner une chemise, ouvrir un bocal, souvent d'un côté.
  • 2
    Le pied qui tombe : on accroche le bout du pied sur les trottoirs, on trébuche sans raison. C'est le steppage.
  • 3
    Les crampes : nocturnes, dans les mollets, parfois la langue. Banales isolément, elles comptent si une faiblesse les accompagne.
  • 4
    Les fasciculations : de petites secousses sous la peau. Isolées, très fréquentes chez des gens en parfaite santé, elles ne signifient rien. Associées à une fonte musculaire, elles comptent.

Début bulbaire, environ un tiers des cas

  • →
    La voix change : nasonnée, traînante, moins articulée. Les proches le remarquent souvent avant le patient. C'est la dysarthrie.
  • →
    La déglutition se complique : on tousse en buvant, les repas s'allongent, la salive déborde parce qu'elle est moins bien avalée.
Le délai diagnostique

Il s'écoule en moyenne 12 à 18 mois entre les premiers symptômes et le diagnostic. Cette lenteur s'explique : aucun examen ne suffit seul, et il faut souvent voir la maladie s'étendre pour être sûr. Mais cette errance retarde l'accès aux traitements. Si vous consultez sans réponse devant une faiblesse qui progresse, demandez un avis en neurologie.

La maladie de Charcot a-t-elle une cause connue ?

En bref : dans 90 % des cas la SLA est sporadique, sans cause identifiée. Dans 5 à 10 % elle est familiale (C9orf72, SOD1, TARDBP, FUS). Vous n'avez rien fait pour la déclencher.

D'abord : vous n'êtes responsable de rien. La question « qu'est-ce que j'ai fait ? » revient toujours, et la réponse est : rien.

Les formes familiales, 5 à 10 % des cas

Une trentaine de gènes ont été associés à la SLA. Les quatre principaux :

  • 1
    C9orf72 : le plus fréquent en Occident, muté dans plus de 30 % des formes familiales. Il relie la SLA à la démence frontotemporale.
  • 2
    SOD1 : première mutation identifiée, en 1993. Environ 2 % de l'ensemble des SLA. Seule forme disposant d'un traitement ciblé, le tofersen.
  • 3
    TARDBP : code la protéine TDP-43, dont on retrouve des agrégats anormaux dans la quasi-totalité des SLA.
  • 4
    FUS : environ 4 % des formes familiales, avec des débuts parfois très précoces.

Le test génétique n'est pas systématique. Il est proposé, avec conseil génétique dédié, en cas d'antécédent familial de SLA ou de démence frontotemporale, de début très précoce, ou si un traitement ciblé est envisageable. Vous êtes libre de refuser.

Les formes sporadiques, 90 % des cas

On y suppose une combinaison de susceptibilités génétiques et d'expositions environnementales sur un terrain de vieillissement cellulaire : défauts de maturation des ARN messagers, agrégation de protéines toxiques, dysfonctions mitochondriales, inflammation chronique. Pistes environnementales étudiées : tabac, pesticides, métaux lourds, solvants, traumatismes crâniens répétés, sport intensif. Aucune n'est établie comme cause suffisante : ce sont des associations statistiques, pas des explications individuelles.

Les fausses pistes

La SLA n'est ni contagieuse, ni provoquée par un vaccin, ni causée par le stress. Aucun régime, aucun complément, aucune cure vendue sur internet n'a démontré le moindre effet. Ces propositions coûtent cher et certaines sont toxiques. Parlez de tout produit envisagé à votre neurologue : voir notre fiche sur la polypharmacie.

Quels symptômes apparaissent quand la SLA avance ?

En bref : au-delà de la faiblesse musculaire, la SLA touche la parole, la déglutition, la respiration, le poids, et provoque fatigue et douleurs. Chacun de ces symptômes a des solutions concrètes.

L'atteinte respiratoire, l'enjeu vital

Le diaphragme est un muscle comme les autres, il s'affaiblit aussi. Les premiers signes apparaissent la nuit et passent inaperçus : réveils fréquents, maux de tête au réveil, somnolence diurne, gêne à respirer allongé, toux inefficace. La fonction respiratoire, mesurée à chaque consultation, guide la mise en place de la ventilation non invasive, un masque relié à un appareil, utilisé d'abord la nuit. C'est le geste qui allonge le plus la survie.

La dysarthrie, quand la parole se dérobe

L'articulation se brouille, les phrases longues deviennent épuisantes. L'orthophoniste intervient tôt : économie du souffle, ralentissement du débit, puis communication alternative et améliorée, du tableau de lettres aux tablettes à commande oculaire. Certains centres proposent une banque de voix, enregistrée pendant qu'elle est claire et réutilisée en synthèse vocale. Demandez-la tôt. Voir notre fiche orthophonie.

La dysphagie et la dénutrition

Avaler mobilise plus de trente muscles. Quand ils faiblissent, les fausses routes se multiplient et le poids chute : la perte de poids est un facteur pronostique péjoratif indépendant. Leviers : textures adaptées, liquides épaissis, positions de sécurité, compléments nutritionnels, puis gastrostomie, une sonde posée dans l'estomac à travers la paroi abdominale. Elle n'empêche pas de manger par la bouche pour le plaisir et se pose bien plus facilement quand la respiration est encore bonne.

Le rire et le pleurer spasmodiques

Des accès de rire ou de larmes sans rapport avec ce que vous ressentez, impossibles à arrêter. C'est un symptôme neurologique lié à l'atteinte du motoneurone central. Ce n'est ni une dépression ni une perte de contrôle de soi. Souvent tu par honte. Des traitements existent : parlez-en.

Douleur, fatigue, sommeil

La SLA n'attaque pas les nerfs de la sensibilité, mais elle fait mal : crampes, spasticité, épaules que les muscles ne tiennent plus, rétractions, immobilité. Cette douleur est sous-traitée parce que personne ne la signale. Elle relève d'antalgiques, de décontracturants, de mobilisations passives et d'une bonne installation : voir gérer la douleur. La fatigue est multifactorielle : effort décuplé, sommeil fragmenté, dénutrition. Corriger la respiration nocturne est souvent le levier le plus efficace.

Et l'angoisse ?

L'anxiété et l'insomnie sont quasi constantes, chez le patient comme chez les proches, et légitimes. Elles se traitent : un psychologue est présent dans chaque centre SLA. Voir notre fiche sur le trouble anxieux généralisé.

Est-ce que toutes les SLA évoluent de la même façon ?

En bref : non. Il existe des formes rapides et des formes qui évoluent sur des décennies, comme la sclérose latérale primitive. La vitesse observée sur les premiers mois est le meilleur indicateur.

« La SLA, c'est trois ans » est faux. Trois à cinq ans est une médiane : la moitié des patients sont au-dessus, et la dispersion est considérable.

Forme Ce qui la caractérise Évolution habituelle
SLA à début spinal Débute par un membre, deux motoneurones atteints Survie médiane plus longue qu'en forme bulbaire
SLA à début bulbaire Débute par la parole et la déglutition Plus rapide, enjeux nutritionnels précoces
SLA à progression lente Déclin fonctionnel très étalé Dix ans et plus, parfois beaucoup plus
Sclérose latérale primitive (PLS) Motoneurone central seul : raideur, spasticité, sans fonte musculaire Très lente, espérance de vie souvent peu affectée
Amyotrophie musculaire progressive (PMA) Motoneurone périphérique seul : fonte et faiblesse, sans spasticité Plus lente, peut évoluer vers une forme complète

Ces deux derniers diagnostics demandent plusieurs années de recul. Les facteurs d'évolution lente : âge de début jeune, forme spinale, délai long avant le diagnostic, respiration conservée, poids stable. Aucun ne permet de prédiction individuelle fiable : méfiez-vous de qui vous annonce une durée précise.

Comment diagnostique-t-on la maladie de Charcot ?

En bref : aucun examen ne suffit seul. Le diagnostic repose sur l'examen neurologique, l'électromyogramme et l'élimination des autres causes, selon les critères de Gold Coast adoptés en 2020.

Les critères de Gold Coast

Publiés en 2020, ils ont simplifié les anciens critères d'El Escorial qui retardaient l'accès aux essais. Le diagnostic est retenu devant :

  • 1
    Une faiblesse motrice progressive, documentée par l'histoire ou des examens répétés.
  • 2
    Une atteinte des deux motoneurones dans au moins une région, ou du motoneurone périphérique dans deux régions.
  • 3
    L'absence d'une autre explication après un bilan approprié.

Les examens

  • →
    L'électromyogramme (EMG) : l'examen clé. Il montre la dénervation active, y compris dans des régions cliniquement normales. Désagréable, pas dangereux, souvent répété.
  • →
    L'IRM encéphalique et médullaire : elle ne montre pas la SLA, elle élimine ce qui la mime (compression de la moelle cervicale, tumeur). Voir notre fiche sur l'imagerie médicale.
  • →
    Le bilan sanguin : CPK, TSH, vitamine B12, électrophorèse, sérologies, anticorps, pour écarter une cause traitable. La ponction lombaire n'est pas systématique.
  • →
    Le test génétique et le dosage des neurofilaments à chaîne légère, marqueur de destruction neuronale qui conforte le diagnostic et évalue la vitesse de progression.

Ce qu'on élimine

Plusieurs maladies imitent la SLA et certaines se traitent : la neuropathie motrice multifocale, qui répond aux immunoglobulines ; la myélopathie cervicarthrosique, parfois chirurgicale ; la myasthénie ; certaines myosites ; la maladie de Kennedy ; des atteintes thyroïdiennes ou carentielles. Un déficit brutal n'est jamais une SLA et évoque un accident vasculaire cérébral.

Demandez un second avis

Devant un diagnostic de cette gravité, un second avis en centre SLA labellisé est recommandé. Aucun neurologue sérieux ne s'en offusquera.

Quels traitements contre la SLA existent en 2026 ?

En bref : le riluzole reste le seul médicament disponible pour toutes les formes, avec un gain de survie de quelques mois. Le tofersen ne concerne que les formes SOD1. Aucun traitement ne guérit la SLA.
Médicament Pour qui Statut en France en 2026 Ce qu'il fait réellement
Riluzole Toutes les formes AMM et remboursement, standard de traitement Allonge la survie de quelques mois, ne restaure aucune force. Surveillance hépatique.
Tofersen (Qalsody) SLA avec mutation SOD1, environ 2 % des cas AMM européenne. Avis HAS du 1er avril 2026 : SMR faible conditionnel, ASMR V, avis favorable au remboursement. Initiation en centre FILSLAN. Antisens injecté chaque mois par ponction lombaire. Fait chuter les neurofilaments. Bénéfice clinique non démontré de façon robuste.
Édaravone Certaines formes précoces Pas d'AMM européenne, dossier retiré Approuvé aux États-Unis et au Japon, preuves jugées insuffisantes en Europe. La recommandation européenne de 2024 la déconseille en dehors d'un essai.
AMX0035 (Relyvrio) Aucun Retiré du marché nord-américain en 2024, autorisation américaine retirée le 29 août 2025 Échec de l'essai de phase 3 PHOENIX, jamais autorisé en Europe.
Masitinib Aucun en dehors des essais AMM refusée par l'Agence européenne des médicaments en juin 2024, refus confirmé en octobre 2024 Pas de différence avec le placebo sur le critère principal de l'essai. Pas de place dans la stratégie actuelle.

Le riluzole

Il réduit l'excès de glutamate, toxique pour les motoneurones. Bénéfice réel mais modeste : quelques mois de survie. Il ne fait rien sentir, ce qui déroute les patients qui ne « voient » pas leur médicament agir. Effets indésirables fréquents : fatigue, nausées, élévation des enzymes du foie imposant un contrôle sanguin. Il existe en suspension buvable. Ne l'arrêtez pas seul : voir l'arrêt d'un traitement.

Le tofersen

C'est un oligonucléotide antisens qui bloque à la source la fabrication de la protéine SOD1 anormale. Il s'administre par injection intrathécale mensuelle, en centre spécialisé, et ne concerne que les porteurs d'une mutation SOD1, soit environ 2 % des SLA. Le parcours réglementaire européen a été laborieux. L'essai pivot de phase 3 n'a pas montré de bénéfice statistiquement significatif sur le critère clinique principal à 28 semaines, alors qu'il faisait chuter nettement les marqueurs biologiques de destruction neuronale. Après un refus d'accès précoce en octobre 2024, la HAS a réexaminé le dossier en 2026 au vu de nouvelles données en vie réelle et a rendu le 1er avril 2026 un service médical rendu faible, conditionnel, avec une ASMR de niveau V, c'est-à-dire nulle. Cet avis ouvre la voie à un remboursement, sous réserve de nouvelles données dans un délai maximal d'un an. L'instauration est réservée aux neurologues des centres FILSLAN, après réunion de concertation pluridisciplinaire. Effets indésirables sérieux rapportés : myélites, radiculites, hypertension intracrânienne.

La recommandation européenne de l'European Academy of Neurology, publiée en 2024, propose le tofersen en premier choix aux personnes dont la SLA progresse et qui portent une mutation SOD1. Elle demande aussi de les prévenir du risque d'effets indésirables graves. La même recommandation propose le riluzole à toutes les personnes atteintes de SLA, dès le diagnostic et sans limite de durée.

Ce qui n'a pas marché

Le Relyvrio, présenté en 2022 comme une percée, a échoué en phase 3 et a été retiré du marché nord-américain en 2024. L'autorisation américaine a été formellement retirée le 29 août 2025. En 2024, l'Agence européenne des médicaments a aussi refusé le masitinib. L'édaravone, autorisée aux États-Unis et au Japon, n'a jamais obtenu d'autorisation européenne. Ces échecs sont douloureux pour ceux qui les attendaient, mais ils montrent que l'évaluation fait son travail. Méfiez-vous des annonces spectaculaires qui précèdent les résultats.

Qu'est-ce qui allonge le plus la survie dans la SLA ?

En bref : le suivi en centre SLA, la ventilation non invasive et la gastrostomie posées au bon moment allongent la survie plus que tout médicament. C'est la partie sur laquelle vous avez le plus de prise.

Si vous ne retenez qu'une chose : faites-vous suivre dans un centre SLA labellisé. La France en compte une vingtaine dans la filière FILSLAN, coordonnée depuis le CHU de Limoges : 10 centres de référence et 12 centres de ressources et de compétences. On y voit dans la même journée neurologue, pneumologue, nutritionniste, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue et assistante sociale.

Frise du parcours de prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique Le parcours va des premiers symptômes au diagnostic en centre SLA, puis au riluzole et aux rééducations, puis à la ventilation non invasive et à la gastrostomie anticipées, enfin à l'adaptation du domicile. L'accompagnement palliatif court en parallèle. 1 Premiers signes Avis neurologique 2 Diagnostic EMG, IRM, centre SLA 3 Riluzole, ALD 9 Kiné, orthophonie, ergo 4 VNI, gastrostomie Anticipées, pas en urgence 5 Adaptation MDPH, domicile Accompagnement palliatif et directives anticipées : dès le diagnostic, en parallèle de tout le reste Un soutien continu, tout au long du parcours Le parcours de prise en charge, étape par étape

Ventilation et nutrition

La ventilation non invasive est le geste dont le bénéfice sur la survie est le mieux établi. Elle se met en place la nuit d'abord, avec un temps d'adaptation au masque parfois frustrant. Tenez bon : ceux qui la supportent décrivent presque tous un retour de l'énergie diurne. Une aide au désencombrement complète le dispositif quand la toux faiblit. Côté nutrition, le poids est surveillé à chaque consultation et la gastrostomie prend le relais avant que la respiration ne complique le geste.

Les rééducateurs

  • →
    Kinésithérapeute : entretien articulaire, prévention des rétractions et des douleurs d'épaule, travail respiratoire et désencombrement. Il ne s'agit pas de « muscler », le renforcement intensif est contre-productif. Voir notre fiche kinésithérapie.
  • →
    Orthophoniste : parole, déglutition, communication alternative, banque de voix. Intervient tôt, pas quand la voix a disparu.
  • →
    Ergothérapeute : la profession la plus sous-utilisée ici. Aides techniques, orthèses, fauteuil adapté, aménagement du domicile. Il anticipe les besoins de six mois.
  • →
    Psychologue et diététicien : pour vous, vos proches, et le suivi du poids.

Les soins palliatifs, tôt

Le mot fait peur et il est mal compris. Une équipe de soins palliatifs vient traiter les symptômes qui gênent : douleur, encombrement, angoisse, essoufflement, insomnie. Introduite tôt, en parallèle du suivi neurologique, elle améliore la qualité de vie sans rien enlever aux soins actifs.

Quelle est l'espérance de vie avec une SLA ?

En bref : la survie médiane est de 3 à 5 ans après les premiers symptômes, et environ une personne sur dix vit plus de dix ans. Les longs survivants ne sont ni des miracles ni des erreurs de diagnostic.

Posons les chiffres sans détour : c'est la question que tout le monde tape la nuit sans oser la poser en consultation. La survie médiane après les premiers symptômes se situe entre trois et cinq ans, la cause de décès la plus fréquente étant l'insuffisance respiratoire. Ces chiffres décrivent une population, pas une personne.

Autour de 10 % des patients vivent au-delà de dix ans, une minorité au-delà de vingt. Ces longs survivants ont surtout des formes à progression lente, avec un début jeune et une respiration longtemps préservée.

Ce qui fait la différence

1. Le suivi régulier en centre SLA labellisé.
2. La ventilation non invasive mise en place au bon moment, pas sous la contrainte de l'urgence.
3. Le maintien du poids et la gastrostomie avant la dénutrition sévère.
4. La prévention des complications évitables : fausses routes, chutes, infections respiratoires, escarres.
5. L'anticipation. Chaque équipement demandé six mois trop tôt est un équipement disponible quand il devient nécessaire.

Où en est la recherche sur la SLA en 2026 ?

En bref : la recherche se concentre sur les thérapies géniques, les oligonucléotides antisens ciblant SOD1, FUS et C9orf72, et les biomarqueurs sanguins comme les neurofilaments.

Les oligonucléotides antisens

C'est la voie la plus avancée : introduire une courte séquence d'ARN qui empêche la fabrication de la protéine anormale. Le tofersen, ciblant SOD1, est le premier arrivé jusqu'au patient. Le jacifusen (ou ulefnersen), qui cible les formes liées au gène FUS, a fait l'objet d'une série de 12 cas publiée dans The Lancet en 2025. Un marqueur de la destruction des neurones a fortement baissé dans le liquide qui entoure la moelle. La plupart des patients ont continué à perdre de la force, mais une personne a récupéré et une autre est restée sans symptôme. Un essai de phase 3 est en cours (INSERM, 2026). Des programmes ciblant C9orf72 sont en développement, avec des résultats jusqu'ici décevants. Limite commune : ces traitements ne s'adressent qu'aux formes génétiquement identifiées. Ils ouvrent en revanche la perspective d'un traitement présymptomatique chez des porteurs de mutation encore indemnes.

Les neurofilaments

Ce sont des protéines de structure des neurones, libérées dans le liquide céphalorachidien puis dans le sang quand les neurones sont détruits. Leur dosage sert à conforter un diagnostic difficile, estimer la vitesse de progression et mesurer l'effet biologique d'un traitement. Une partie de l'argumentaire du tofersen repose sur cette chute des neurofilaments.

Ce qui se passe en France

La filière FILSLAN coordonne des études portant surtout sur la physiopathologie et les marqueurs : biomarqueurs plaquettaires et macrophagiques, facteurs de perte de poids, signatures présymptomatiques, modèles à partir de fibroblastes de peau. Centres coordonnateurs : Bordeaux, Dijon, Limoges, Lyon, Paris, Tours.

Participer à un essai clinique

C'est possible et utile, mais les critères d'inclusion sont stricts et souvent liés à l'ancienneté des symptômes. Demandez à votre centre SLA quels protocoles sont ouverts. Attention aux essais payants : un essai clinique légitime ne se facture jamais au patient.

Quelles aides et quels droits avec une SLA ?

En bref : la SLA relève de l'ALD n° 9, avec une prise en charge à 100 %. Le dossier MDPH et la prestation de compensation du handicap se déposent dès le diagnostic, avant même d'en avoir besoin.

La prise en charge financière

  • 1
    ALD n° 9 : la SLA est une affection de longue durée exonérante, les soins liés à la maladie étant pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l'Assurance Maladie. Votre médecin traitant établit le protocole dès le diagnostic.
  • 2
    Dossier MDPH : à déposer sans attendre, les délais d'instruction étant de plusieurs mois. Faites-vous aider par l'assistante sociale du centre SLA, c'est son métier.
  • 3
    Prestation de compensation du handicap (PCH) : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement et du véhicule. La carte mobilité inclusion est instruite par la même MDPH.
  • 4
    Volet professionnel : travailleur handicapé, mi-temps thérapeutique, invalidité. À engager tôt.

Les aidants

Un proche aidant assure ici une charge qui relève de plusieurs métiers, sept jours sur sept. Son épuisement est une cause fréquente de rupture du maintien à domicile. Pendant un congé de proche aidant, l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) est de 66,64 € par journée ou 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 66 jours par personne aidée (service-public.gouv.fr, juin 2026). Les autres leviers : aide humaine financée par la PCH, services à domicile, accueil de répit, groupes de parole. Nos repères pour les proches aidants valent au-delà de leur contexte d'origine.

Les associations

  • →
    ARSLA : information, soutien aux familles, prêt de matériel, financement de la recherche. Premier réflexe après le diagnostic.
  • →
    Filière FILSLAN et son portail : annuaire des centres, essais cliniques.
  • →
    AFM-Téléthon : maladies neuromusculaires, référents parcours de santé.

Directives anticipées et fin de vie

Dans la SLA, les décisions importantes arrivent souvent au moment où la communication devient difficile. D'où la nécessité de les prendre tôt, à froid, et par écrit. Les directives anticipées disent ce que vous acceptez et ce que vous refusez : ventilation non invasive, trachéotomie, gastrostomie, réanimation, hospitalisation, lieu de vie. Elles s'imposent au médecin, sauf urgence vitale et directives manifestement inappropriées, et restent révocables à tout moment. Désignez aussi une personne de confiance, par écrit.

La loi française permet le refus de tout traitement, l'arrêt des traitements qui maintiennent artificiellement en vie, et une sédation profonde et continue jusqu'au décès dans des situations précises de souffrance réfractaire en phase avancée ou terminale. Formuler ses volontés n'accélère rien et ne signifie pas renoncer : cela évite que d'autres décident à votre place dans la précipitation.

La loi du 18 août 2026 sur l'aide à mourir

Une loi crée en France un droit à l'aide à mourir. Le Conseil constitutionnel l'a validée le 14 août 2026, avec quelques réserves. Elle a été publiée au Journal officiel le 19 août 2026. Pour faire la demande, il faut remplir toutes ces conditions :

  • avoir au moins 18 ans ;
  • être français ou vivre en France de façon stable ;
  • avoir une maladie grave et incurable qui menace la vie, en phase avancée ou terminale ;
  • avoir des souffrances que les traitements ne calment pas, ou que vous jugez insupportables ;
  • pouvoir dire votre volonté de façon libre et éclairée.

Un médecin étudie la demande avec d'autres soignants. Si vous ne pouvez pas prendre le produit vous-même, un médecin ou un infirmier peut vous l'administrer. Les soignants peuvent refuser d'y participer. À la publication de la loi, des décrets devaient encore préciser l'application pratique : demandez à votre équipe ce qui s'applique aujourd'hui. Le refus de traitement et la sédation restent possibles, comme avant.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la maladie de Charcot ?

Quiz : connaissez-vous bien la maladie de Charcot ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. La maladie de Charcot et la maladie de Charcot-Marie-Tooth sont la même maladie.
    VraiFaux
  2. Dans la SLA, le toucher et la sensation du chaud et du froid restent en général intacts.
    VraiFaux
  3. De petites secousses sous la peau, sans faiblesse ni fonte des muscles, suffisent à faire penser à une SLA.
    VraiFaux
  4. Dans la plupart des cas, la SLA n'est pas héréditaire.
    VraiFaux
  5. Le riluzole guérit la maladie de Charcot.
    VraiFaux
  6. Le tofersen concerne seulement les personnes qui portent une mutation du gène SOD1.
    VraiFaux
  7. Être suivi dans un centre SLA aide à vivre plus longtemps.
    VraiFaux
  8. Il vaut mieux attendre l'urgence pour mettre en place la ventilation ou la gastrostomie.
    VraiFaux
  9. Avec une gastrostomie, on ne peut plus rien manger par la bouche.
    VraiFaux
  10. Des rires ou des pleurs impossibles à arrêter peuvent venir de la maladie elle-même.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. Elles portent le même nom, c'est tout. La maladie de Charcot-Marie-Tooth touche les nerfs, évolue très lentement et ne raccourcit pas la vie.
  2. Vrai. La SLA touche la commande des muscles. La sensibilité et les mouvements des yeux sont en général épargnés.
  3. Faux. Ces secousses sont très fréquentes chez les gens en bonne santé. Elles comptent seulement avec une faiblesse ou une fonte des muscles.
  4. Vrai. Environ 9 cas sur 10 n'ont aucun autre cas dans la famille. Les formes familiales représentent 5 à 10 % des cas.
  5. Faux. Il ne guérit pas et ne rend pas la force perdue. Il allonge la survie de quelques mois, donc on le prend sans l'arrêter seul.
  6. Vrai. Il vise la protéine SOD1 anormale. Il concerne environ 2 % des SLA.
  7. Vrai. Le suivi en équipe, avec la ventilation et la nutrition au bon moment, compte plus que tout médicament.
  8. Faux. Ces gestes se préparent à l'avance. La gastrostomie se pose plus facilement quand la respiration est encore bonne.
  9. Faux. Vous pouvez continuer à manger pour le plaisir, si votre équipe juge que c'est sans danger.
  10. Vrai. Ces accès viennent de l'atteinte des neurones par la maladie. Il existe des traitements, parlez-en à votre neurologue.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Est-ce que la maladie de Charcot est la même chose que la maladie de Charcot-Marie-Tooth ?

Non. En France, maladie de Charcot désigne la sclérose latérale amyotrophique, une maladie des motoneurones dont la survie médiane est de 3 à 5 ans. La maladie de Charcot-Marie-Tooth est une neuropathie héréditaire des nerfs périphériques, qui évolue très lentement et n'affecte pas l'espérance de vie.

Combien de temps vit-on avec une sclérose latérale amyotrophique ?

La survie médiane est de 3 à 5 ans après les premiers symptômes, mais cette moyenne cache d'énormes écarts : environ une personne sur dix vit plus de dix ans. Un début jeune, une forme spinale, une progression lente et un suivi en centre SLA sont associés aux survies les plus longues.

La maladie de Charcot est-elle héréditaire ?

Dans environ 90 % des cas elle est sporadique, sans autre cas dans la famille. Dans 5 à 10 % elle est familiale, liée à une mutation de C9orf72, SOD1, TARDBP ou FUS. Une consultation de génétique est proposée en cas d'antécédent familial ou de début précoce. Le test n'est jamais imposé.

Est-ce que la maladie de Charcot fait perdre la mémoire ou l'intelligence ?

Le plus souvent non : la personne comprend tout, décide de tout, et reste elle-même. Environ la moitié des patients ont des modifications cognitives légères, une minorité une démence frontotemporale associée. Cela ne doit jamais servir de prétexte pour décider à la place du patient.

Le riluzole sert-il vraiment à quelque chose ?

Oui, mais son effet est modeste. Il ne guérit pas et ne restaure aucune force perdue : il allonge la survie de quelques mois. C'est le seul médicament disponible pour toutes les formes de SLA. Il est bien toléré chez la plupart des patients et impose une surveillance du bilan hépatique.

Qu'est-ce qu'un centre SLA et comment y accéder ?

C'est une consultation hospitalière qui réunit dans la même journée neurologue, pneumologue, nutritionniste, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue et assistante sociale. La France en compte une vingtaine dans la filière FILSLAN. L'adressage se fait par votre médecin traitant ou votre neurologue.

Est-ce que je dois accepter la ventilation non invasive et la gastrostomie ?

Rien ne vous est imposé et vous pouvez changer d'avis à tout moment. Mises en place au bon moment, elles allongent la survie et améliorent le confort : la ventilation corrige les nuits mal respirées, la gastrostomie évite la dénutrition. Elles se posent avant l'urgence. Écrivez votre décision dans vos directives anticipées.

Quelles fiches lire ensuite ?

Nos autres fiches utiles

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  1. HAS, PNDS Sclérose latérale amyotrophique (2015)
  2. HAS, ALD n° 9, sclérose latérale amyotrophique
  3. HAS, PNDS Génétique de la SLA (2020)
  4. HAS, Qalsody (tofersen), avis de la Commission de la transparence (2026)
  5. HAS, réévaluation de Qalsody (2026)
  6. INSERM, dossier SLA / maladie de Charcot
  7. ARSLA, chiffres clés de la maladie de Charcot
  8. Portail SLA, filière nationale FILSLAN et réseau de centres
  9. Portail SLA, essais cliniques en cours en France (2026)
  10. AFM-Téléthon, maladie de Charcot-Marie-Tooth
  11. Gold Coast diagnostic criteria: implications for ALS diagnosis, PubMed (2021). Vucic S et coll. Muscle Nerve 2021;64(5):532-537. doi:10.1002/mus.27392.
  12. Service-public.gouv.fr, prestation de compensation du handicap (PCH)
  13. Van Damme P et coll. European Academy of Neurology (EAN) guideline on the management of amyotrophic lateral sclerosis in collaboration with ERN EURO-NMD. Eur J Neurol 2024;31(6):e16264. doi:10.1111/ene.16264.
  14. Haute Autorité de Santé. Qalsody (tofersen), refus d'autorisation d'accès précoce. 10 octobre 2024.
  15. Agence européenne des médicaments. Masitinib AB Science, refus d'autorisation de mise sur le marché dans la SLA. Avis du 27 juin 2024, réexamen du 17 octobre 2024.
  16. Food and Drug Administration. Withdrawal of Approval of RELYVRIO (NDA 216660). Federal Register, 29 août 2025.
  17. Shneider NA et coll. Antisense oligonucleotide jacifusen for FUS-ALS: an investigator-initiated, multicentre, open-label case series. Lancet 2025;405:2075-2086. doi:10.1016/S0140-6736(25)00513-6.
  18. Conseil constitutionnel. Décision n° 2026-910 DC du 14 août 2026, loi relative au droit à l'aide à mourir.
  19. Gouvernement. Aide à mourir : ce que dit la loi. Info.gouv.fr, 2026.
  20. Service-public.gouv.fr. Congé de proche aidant et allocation journalière du proche aidant (AJPA). Page vérifiée le 15 juin 2026.

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