Cette fiche est un guide d'orientation. Votre médecin ou diététicien adapte les conseils à votre situation.
Faut-il un régime strict après un infarctus ?
En bref : il n'existe pas de régime cardiaque strict. Aucun aliment n'est interdit, aucun n'est miraculeux : ce qui protège votre cœur, c'est la régularité dans la durée. Le modèle méditerranéen est celui qui dispose des meilleures preuves scientifiques.
Il n'existe pas de « régime cardiaque » strict. Il y a un mode alimentaire à construire progressivement, sans frustration. Le modèle méditerranéen est celui qui a le plus de preuves scientifiques pour la prévention cardiovasculaire (étude PREDIMED, ESC 2023).
Principe de base Aucun aliment n'est interdit. Aucun aliment n'est miraculeux. Ce qui protège votre cœur, c'est de bien manger dans la durée. Trois semaines de restriction ne suffisent pas.
Chez des personnes déjà malades du cœur, l'étude espagnole CORDIOPREV (1 002 patients suivis 7 ans, publiée en 2022) a trouvé moins d'accidents cardiovasculaires avec le modèle méditerranéen qu'avec un régime pauvre en graisses.
Que manger après un infarctus ?
En bref : du poisson deux fois par semaine dont un poisson gras, huile d'olive en assaisonnement tous les jours, légumes à chaque repas, deux à trois fruits entiers plutôt qu'en jus, féculents complets et légumineuses. Ce sont les aliments qui font baisser le LDL et la tension.
Aliment
Fréquence
Pourquoi
Poisson, dont poissons gras (sardine, maquereau, saumon, hareng)
2 fois par semaine, dont 1 fois un poisson gras
Oméga-3 : réduisent les triglycérides et l'inflammation vasculaire
Huile d'olive extra vierge
Assaisonnement quotidien
Acides gras mono-insaturés protecteurs. En assaisonnement, pas en friture.
Légumes frais ou surgelés
À chaque repas (avec les fruits, au moins 5 portions par jour)
Fibres, potassium, antioxydants. Réduisent le LDL et la tension.
Fruits frais (pas en jus)
2 à 3 par jour
Fibres solubles, vitamines. Le jus ne compte pas comme un fruit : il est sucré et pauvre en fibres. Préférez le fruit entier.
Index glycémique bas, fibres solubles qui réduisent le LDL
Noix, amandes, noisettes (non salées)
Une poignée par jour (30 g)
Bons gras, réduction démontrée du LDL sur le long terme
Yaourt nature (sans sucre ajouté)
1 à 2 par jour
Probiotiques, calcium. Préférer 0 % ou demi-écrémé.
Légumineuses (lentilles, haricots, pois chiches)
2 à 3 fois par semaine
Protéines végétales, fibres, faible index glycémique
Herbes aromatiques, épices, citron
Au quotidien
Remplacent le sel pour aromatiser sans risque
Quels aliments limiter sans les supprimer ?
En bref : moins de 5 g de sel par jour, charcuterie une fois par semaine au maximum (150 g), une portion de fromage de 30 g par jour, viande rouge deux fois par semaine, beurre sous 10 g. Vous pouvez en manger, mais moins souvent.
Aliment
Objectif
Pourquoi
Sel (cuisine + table + produits transformés)
Moins de 5 g par jour au total (repère OMS)
Chaque gramme de sel en moins aide à baisser la tension artérielle
Charcuteries (jambon blanc compris)
1 fois par semaine maximum, 150 g par semaine au plus (environ 3 tranches de jambon)
Sel caché, graisses saturées, nitrites
Fromages gras (camembert, brie, gruyère)
Une portion (30 g) par jour maximum
Graisses saturées en excès élèvent le LDL
Viande rouge (bœuf, agneau, porc)
Maximum 2 fois par semaine
Remplacer par volaille, poisson, légumineuses
Beurre
Moins de 10 g par jour
Acides gras saturés. L'huile d'olive ou de colza reste la référence
Sucre et produits sucrés
Occasion, pas quotidien
Favorise les triglycérides et la résistance à l'insuline
Alcool
Le moins possible, avec des jours sans alcool. Repère pour tous : 10 verres par semaine au maximum et 2 verres par jour au plus
Aucune consommation d'alcool n'est sans risque. En excès, l'alcool abîme le cœur. Votre cardiologue vous dit ce qui est possible pour vous.
Quels aliments éviter pour protéger son cœur ?
En bref : graisses trans des viennoiseries et fritures industrielles, tabac sous toutes ses formes, boissons sucrées, plats ultra-transformés. La réglisse et le pamplemousse interagissent avec certains traitements : vérifiez avec votre pharmacien.
Graisses trans (margarines dures, viennoiseries industrielles, fritures industrielles) : elles augmentent le LDL et diminuent le HDL
Tabac sous toutes ses formes : aucune dose n'est sûre après un infarctus
Boissons sucrées (sodas, jus de fruits du commerce) : elles font monter les triglycérides et le poids
Produits ultra-transformés (plats cuisinés industriels, snacks) : ils contiennent du sel caché et des graisses trans
Réglisse en quantité (interaction avec certains diurétiques et la cortisone)
Pamplemousse (interaction documentée avec certaines statines : vérifiez avec votre pharmacien)
Comment repérer le sel caché ?
En bref : dans certains pays d'Europe, jusqu'à 75 à 80 % du sel que nous mangeons vient des produits transformés (OMS Europe, 2022) : pain de mie, plats cuisinés, soupes en briquette, bouillons cubes. Sur une étiquette, moins de 0,3 g de sel pour 100 g est faible, plus de 1,5 g est élevé.
La plus grande partie du sel ne vient pas de la salière. Selon l'OMS Europe (2022), dans certains pays d'Europe, jusqu'à 75 à 80 % du sel mangé chaque jour vient des aliments transformés. Les principales sources cachées :
Aliment
Sel approximatif
Tranche de pain de mie (30 g)
0,4 à 0,6 g
Plat cuisiné industriel (300 g)
1,5 à 3 g
Soupe en briquette (1 bol)
0,8 à 1,5 g
30 g de fromage
0,3 à 0,6 g
Tranche de jambon blanc
0,7 à 1 g
Poignée de chips (30 g)
0,5 g
Bouillon cube (1 cube)
2 à 3 g
Astuce pratique Lire les étiquettes : moins de 0,3 g de sel pour 100 g = faible teneur. Plus de 1,5 g pour 100 g = teneur élevée. Le sel peut être listé comme « sodium » : multiplier par 2,5 pour obtenir l'équivalent sel. Ces seuils sont ceux du service de santé britannique (NHS, 2026). Le Nutri-Score aide aussi. Depuis 2025, il est calculé de façon plus sévère pour les produits salés et sucrés, et plus favorable aux huiles d'olive et de colza et aux poissons gras. Les entreprises qui l'affichent ont deux ans, à partir de mars 2025, pour passer au nouveau calcul sur leurs emballages (Santé publique France, 2025).
À quoi ressemble une semaine méditerranéenne ?
En bref : sept dîners simples, construits avec des produits courants, plus un petit-déjeuner identique chaque jour : flocons d'avoine ou pain complet, yaourt nature, fruit frais et café ou thé peu sucré. À adapter à vos goûts, pas à suivre à la lettre.
LunPoulet grillé légumes vapeur pain complet
MarSardines grillées salade verte huile d'olive
MerLentilles carottes filet de cabillaud
JeuOmelette aux herbes légumes rôtis
VenMaquereau pommes vapeur épinards
SamPoulet citron riz complet courgettes
DimRôti de bœuf (portion modérée) légumes haricots verts
Petit-déjeuner chaque jour : flocons d'avoine ou pain complet + yaourt nature + fruit frais + café ou thé (sans sucre ou très peu).
Faut-il perdre du poids après un infarctus ?
En bref : si vous êtes en surpoids, perdre 5 à 10 % de votre poids fait baisser la tension et améliore le cholestérol. Les régimes drastiques après un infarctus sont contre-productifs : visez 0,5 à 1 kg par semaine au maximum, en mangeant varié et en restant rassasié.
Si vous êtes en surpoids, une perte progressive de 5 à 10 % du poids corporel peut réduire la tension, améliorer le cholestérol et réduire la résistance à l'insuline. Mais les régimes drastiques après un infarctus sont contre-productifs : la fatigue qu'ils induisent peut perturber l'observance du traitement. Visez une perte de 0,5 à 1 kg par semaine maximum, en mangeant varié et satisfaisant.
Quiz à imprimer : connaissez-vous bien l'alimentation après un infarctus ?
Quiz : connaissez-vous bien l'alimentation après un infarctus ?
Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.
Après un infarctus, certains aliments sont interdits à vie.
VraiFaux
Le modèle méditerranéen protège aussi les personnes déjà malades du cœur.
VraiFaux
La plus grande partie du sel que nous mangeons vient de la salière.
VraiFaux
Il est conseillé de manger moins de 5 g de sel par jour.
VraiFaux
Un verre de jus de fruits vaut autant qu'un fruit entier.
VraiFaux
On conseille du poisson deux fois par semaine, dont une fois un poisson gras comme la sardine.
VraiFaux
Le pamplemousse peut gêner certains médicaments contre le cholestérol.
VraiFaux
Un ou deux verres de vin chaque jour protègent le cœur.
VraiFaux
Sur une étiquette, plus de 1,5 g de sel pour 100 g veut dire que l'aliment est très salé.
VraiFaux
Pour perdre du poids après un infarctus, un régime très strict est la meilleure solution.
VraiFaux
Voir les réponses
Faux. Aucun aliment n'est interdit. Ce sont vos habitudes de tous les jours qui protègent votre cœur.
Vrai. L'étude CORDIOPREV (2022) a trouvé moins d'accidents cardiovasculaires chez des malades du cœur qui suivaient ce modèle.
Faux. Dans certains pays d'Europe, jusqu'à 75 à 80 % du sel vient des aliments transformés, comme le pain ou les plats cuisinés.
Vrai. C'est le repère de l'Organisation mondiale de la santé pour les adultes.
Faux. Le jus est sucré et pauvre en fibres. Il ne compte pas comme un fruit. Préférez le fruit entier.
Vrai. C'est le repère national. Les poissons gras apportent des oméga-3.
Vrai. Il interagit avec certaines statines. Demandez à votre pharmacien.
Faux. Aucune consommation d'alcool n'est sans risque. Gardez des jours sans alcool et parlez-en à votre cardiologue.
Vrai. Au-dessus de 1,5 g pour 100 g, la teneur en sel est élevée. En dessous de 0,3 g, elle est faible.
Faux. Un régime très strict fatigue et se tient mal. Visez une perte lente, en mangeant varié.
Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.
Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?
European Society of Cardiology, 2023 ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes, 2023. escardio.org, DOI 10.1093/eurheartj/ehad191
Assurance Maladie, Vivre après un infarctus du myocarde, mise à jour du 8 juin 2026. ameli.fr
Fédération française de cardiologie, Après l'accident coronaire : ce que je dois faire pour prévenir la récidive, brochure, 2019. fedecardio.org
Delgado-Lista J. et al., Long-term secondary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet and a low-fat diet (CORDIOPREV): a randomised controlled trial, The Lancet, 2022. DOI 10.1016/S0140-6736(22)00122-2
Estruch R. et al., Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts (PREDIMED), The New England Journal of Medicine, 2018. DOI 10.1056/NEJMoa1800389
Santé publique France, Manger Bouger, Aller vers les poissons gras et maigres en alternance (repères alimentaires pour les adultes, 2019). mangerbouger.fr
Santé publique France, Manger Bouger, Réduire la charcuterie (repères alimentaires pour les adultes, 2019). mangerbouger.fr
Santé publique France, Manger Bouger, Augmenter les fruits et légumes (repères alimentaires pour les adultes, 2019). mangerbouger.fr
Santé publique France, Comment réduire les risques de la consommation d'alcool ?, mise à jour du 26 janvier 2026. santepubliquefrance.fr
Organisation mondiale de la santé, Réduction de l'apport en sodium, aide-mémoire, 2026. who.int
OMS Europe, 5 recommandations pour réduire la consommation de sel et ainsi vivre plus longtemps et en meilleure santé, 2022. who.int
NHS (service de santé britannique), Food labels, revu le 30 juin 2026. nhs.uk
Santé publique France, Signature de l'arrêté Nutri-Score : un pas de plus vers une meilleure information nutritionnelle des consommateurs, 2025. santepubliquefrance.fr