Quatre résidentes âgées réunies autour d'une table de goûter dans la salle commune d'un EHPAD
Le tarif hébergement paie la table, la chambre, le linge et l'animation. C'est la part la plus lourde, et c'est celle qui reste à la charge du résident.

En bref

  • Trois tarifs, trois payeurs. L'hébergement est payé par le résident, la dépendance par le résident avec l'aide de l'APA, les soins intégralement par l'Assurance maladie. Le tarif soins n'est jamais facturé.
  • Prix de référence 2024 : 2 164 euros par mois en moyenne pour une chambre habilitée à l'aide sociale, 3 128 euros pour une chambre non habilitée, jusqu'à 3 345 euros dans le privé lucratif (CNSA, mars 2026).
  • Écarts départementaux considérables. Chambre non habilitée : 5 106 euros par mois à Paris, 3 599 euros dans le Rhône, 2 055 euros en Lozère.
  • Reste à charge moyen de 1 957 euros par mois avant aide sociale à l'hébergement, et 79 % des résidents ne peuvent pas financer leur séjour sur leurs seules ressources courantes (DREES, données 2019).
  • La réduction d'impôt est de 25 % des frais de dépendance et d'hébergement, dans la limite de 10 000 euros de dépenses, soit 2 500 euros au maximum. C'est une réduction, pas un crédit d'impôt : sans impôt à payer, elle ne rapporte rien.
Pour les résidents

Ce que vous payez ici, et ce que vous ne payez pas

Votre facture n'est pas une facture d'hôtel. Elle est découpée en trois, et vous ne payez pas les trois.

  • L'hébergement. C'est votre chambre, vos repas, le lavage de votre linge, le ménage, les animations. C'est vous qui le payez. C'est la part la plus grosse.
  • La dépendance. C'est l'aide pour vous laver, vous habiller, manger. Vous en payez une petite partie. Le département paie le reste avec une aide qui s'appelle l'APA.
  • Les soins. Les infirmières, les médicaments donnés ici, le matériel médical. Vous ne payez rien. C'est la Sécurité sociale qui paie, directement à l'établissement.

Vous avez le droit de comprendre votre facture. Demandez qu'on vous l'explique ligne par ligne. Si quelque chose vous paraît bizarre, dites-le. Si vous voyez une ligne « soins » à payer, ce n'est pas normal.

Si vous n'arrivez pas à payer, il existe des aides. L'APA pour la dépendance. L'aide au logement, comme dans un appartement. L'aide sociale à l'hébergement quand les revenus ne suffisent pas. Demandez à voir l'assistante sociale de l'établissement. C'est son métier, et c'est gratuit.

Si vous bénéficiez de l'aide sociale, la loi vous garantit de garder de l'argent pour vous. En 2026, ce minimum est de 125 euros par mois. Personne ne peut vous laisser sans rien.

Ne restez pas seul avec ces questions. Beaucoup de gens n'osent pas parler d'argent. C'est pourtant ce qui détermine votre tranquillité.

Ce texte s'adresse aux personnes qui vivent en EHPAD. Si vous le lisez pour un proche, la suite de cette page vous concerne directement.

La tarification ternaire : qui paie quoi

Un EHPAD facture trois choses distinctes, et une seule est intégralement à la charge du résident. Comprendre ce découpage change la lecture de toutes les factures et de tous les devis.

Les trois tarifs d'un EHPAD et leurs payeurs respectifs
TarifCe qu'il couvreQui paie
HébergementAccueil hôtelier, chambre, restauration (trois repas, goûter, collation nocturne), blanchissage du linge personnel, animation, administration généraleLe résident, ou l'aide sociale à l'hébergement si l'établissement est habilité
DépendanceAide aux actes de la vie quotidienne (toilette, habillage, repas, déplacements), surveillance. Trois niveaux : GIR 1-2, GIR 3-4, GIR 5-6Le résident, avec prise en charge partielle par l'APA versée par le conseil départemental
SoinsSoins médicaux, personnel soignant, matériel médicalL'Assurance maladie via l'ARS. Jamais facturé au résident

Le talon dépendance. Quel que soit le GIR du résident, le tarif dépendance du niveau GIR 5-6 reste toujours à sa charge. On l'appelle talon dépendance ou ticket modérateur. Il s'élevait en moyenne à 6,11 euros par jour en 2024, soit environ 186 euros par mois. L'APA ne le couvre jamais. L'ASH peut le prendre en charge, sous conditions.

Les prix réels, chiffres officiels 2024

Il faut poser un avertissement d'entrée : il n'existe aucun prix national officiel pour 2025 ni pour 2026. La donnée publique la plus récente porte sur 2024 et a été publiée par la CNSA en mars 2026. Les sites qui affichent un « prix moyen 2026 » s'appuient sur des relevés commerciaux, pas sur la statistique publique.

Deuxième précaution de lecture : la CNSA raisonne en prix de référence, c'est-à-dire chambre seule en hébergement permanent, tarif hébergement plus tarif dépendance GIR 5-6. Ce n'est pas la facture d'un résident en GIR 2.

Prix de référence mensuel 2024, chambre seule, hébergement permanent. Source : CNSA, Repères statistiques n° 27, mars 2026
CatégorieMoyenneMédianeÉvolution 2023-2024
Chambre habilitée à l'aide sociale, tout statut2 164 €2 138 €+3,6 %
dont établissement public2 125 €+4,0 %
dont privé non lucratif2 242 €+3,5 %
Chambre non habilitée, tout statut3 128 €3 016 €+4,3 %
dont privé lucratif3 345 €3 186 €+4,0 %
dont privé non lucratif2 630 €2 527 €+5,2 %

La dispersion est très inégale selon la catégorie. Pour les chambres habilitées, le premier décile est à 1 901 euros et le neuvième à 2 463 euros, soit un rapport interdécile de 1,30. Pour les chambres non habilitées, l'écart va de 2 270 euros à 3 903 euros, soit un rapport de 1,72. Autrement dit : plus le marché est libre, plus les écarts sont grands.

Le chiffre qui doit déterminer votre recherche. Dans le privé lucratif, 10 % seulement des places sont habilitées à l'aide sociale, contre 98 % dans le public et 82 % dans le privé non lucratif. Si les ressources de votre proche sont limitées, ou risquent de le devenir, l'habilitation à l'aide sociale n'est pas un détail administratif : c'est le critère de sélection principal.

Les écarts par département

L'écart moyen national entre chambre habilitée et non habilitée approche 1 000 euros par mois. À l'échelle d'un département, il peut dépasser 1 900 euros par mois, soit plus de 23 000 euros par an.

Prix mensuel 2024, chambres non habilitées à l'aide sociale, extrêmes départementaux. Source : CNSA
Les plus chersPrixLes moins chersPrix
Paris5 106 €Lozère2 055 €
Hauts-de-Seine4 186 €Aveyron2 142 €
Yvelines3 890 €Haute-Loire2 264 €
Haute-Savoie3 750 €Landes2 282 €
Rhône3 599 €Deux-Sèvres2 332 €

Pour les chambres habilitées, l'éventail est nettement plus resserré : de 1 881 euros en Mayenne à 2 921 euros à Paris. L'encadrement tarifaire produit son effet.

Le reste à charge réel, et le non-recours massif

La statistique publique ne publie pas de reste à charge médian. Elle publie une moyenne, issue du modèle Autonomix de la DREES, sur données 2019. Ces chiffres sont anciens, mais ce sont les seuls officiels, et leur ordre de grandeur reste parlant.

  • Reste à charge moyen en établissement, avant aide sociale à l'hébergement : 1 957 euros par mois.
  • Aides moyennes perçues : 428 euros par mois au total, dont 338 euros d'APA, 44 euros d'aides au logement et 46 euros de réduction d'impôt.
  • 79 % des résidents sont dans l'impossibilité de financer leur séjour à partir de leurs seules ressources courantes, avant ASH. Seuls 18 % y recourent effectivement.
  • Même en excluant les bénéficiaires de l'ASH, 61 % des résidents ont un reste à charge supérieur à leurs ressources courantes. Ils financent par le patrimoine ou par la famille.
  • Taux d'effort avant ASH : 146 % en GIR 1, entre 134 % et 147 % selon le GIR.

L'écart entre 79 % de résidents qui ne peuvent pas payer et 18 % qui demandent l'aide est la donnée la plus importante de cette page. Le non-recours à l'ASH est massif, et il a deux causes identifiées : la crainte de la récupération sur succession et la mise en jeu de l'obligation alimentaire. Ces deux craintes reposent en partie sur des idées fausses.

Les quatre leviers de financement

Levier 1

L'APA en établissement

Couvre une partie du tarif dépendance, pour les GIR 1 à 4. Pas de condition de ressources pour l'ouverture du droit. Non récupérable sur succession. Attention : supprimée dans 23 départements qui expérimentent un forfait global depuis juillet 2025.

Levier 2

L'aide sociale à l'hébergement

Couvre tout ou partie du tarif hébergement, uniquement en établissement habilité. Le résident conserve au minimum 125 euros par mois en 2026. Récupérable sur succession et sur donation.

Levier 3

L'APL ou l'ALS

APL si l'établissement est conventionné, ALS sinon. Sous plafond de ressources. Demande à la CAF ou à la MSA, avec une attestation de résidence remplie par l'établissement. Non cumulables entre elles.

Levier 4

La réduction d'impôt

25 % des frais de dépendance et d'hébergement, dans la limite de 10 000 euros de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 euros maximum. Cases 7CD et 7CE de l'annexe 2042 RICI.

La réduction d'impôt n'est pas un crédit d'impôt. Elle vient diminuer un impôt dû. Un foyer non imposable n'en tire rien, et ne reçoit aucun remboursement. C'est la déception la plus fréquente des familles modestes, celles qui en auraient précisément le plus besoin. L'assiette est calculée après déduction de l'APA, de l'aide sociale et des aides au logement, et les frais de soins en sont exclus.

L'obligation alimentaire : qui peut vraiment être sollicité

Elle n'existe que dans le cadre d'une demande d'aide sociale à l'hébergement. Hors ASH, le département ne demande rien à personne.

  • Article 205 du code civil : les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants dans le besoin.
  • Article 206 : les gendres et belles-filles doivent également des aliments à leur beau-père et belle-mère. Cette obligation cesse lorsque celui des époux qui produisait l'affinité, et les enfants issus de son union avec l'autre époux, sont décédés.
  • Article 207 : le juge peut décharger le débiteur de tout ou partie de la dette quand le créancier a lui-même gravement manqué à ses obligations envers lui.

Les dispenses légales, prévues par l'article L132-6 du code de l'action sociale et des familles modifié par la loi du 8 avril 2024 :

  • Les petits-enfants sont dispensés dans le cadre d'une demande d'ASH pour un grand-parent, et la dispense s'étend à leurs propres descendants.
  • Les enfants retirés de leur milieu familial par décision judiciaire avant 18 ans, pendant au moins 36 mois cumulés.
  • Les enfants d'un parent condamné comme auteur, co-auteur ou complice d'un crime sur l'autre parent.
  • Les enfants d'un parent condamné comme auteur, co-auteur ou complice d'une agression sexuelle sur l'autre parent.

Ce qui ne peut jamais être réclamé à la famille : l'APA, qui ne fait l'objet d'aucune récupération, ni du vivant du bénéficiaire ni sur sa succession. Le tarif soins, financé par l'Assurance maladie. Et le patrimoine propre des héritiers : la récupération d'ASH porte sur l'actif net de la succession du défunt, pas sur les biens des enfants. S'il n'y a pas de succession, il n'y a pas de récupération.

Utiliser le comparateur officiel avant de choisir

Le comparateur public est intégré à l'annuaire des EHPAD du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Il est gratuit, anonyme et fiable. Deux outils s'y trouvent, et il faut utiliser les deux.

La méthode en cinq étapes

  • 1. Ouvrir l'annuaire des EHPAD sur le portail public et lancer une recherche géographique.
  • 2. Filtrer sur les établissements disposant de places habilitées à l'aide sociale, si les ressources sont limitées ou incertaines.
  • 3. Sélectionner deux ou trois établissements via le bouton « Ajouter au comparateur », puis ouvrir le comparateur. Le prix affiché correspond au tarif hébergement chambre simple multiplié par 30, plus le tarif dépendance GIR 5-6 multiplié par 30, hors aides publiques.
  • 4. Utiliser ensuite le bouton « Estimer le montant mensuel du reste à charge », qui déduit l'APA et l'aide au logement. Le formulaire est anonyme, il ne demande que la date de naissance et le revenu.
  • 5. Demander à l'établissement la liste des prestations facturées en sus : coiffeur, pédicure, transports, téléphone, protections, blanchisserie spécifique. C'est là que se creusent les écarts entre le devis et la première facture réelle.

Un dernier point de vigilance sur les tarifs : dans les établissements non habilités à l'aide sociale, le tarif hébergement est fixé librement à l'entrée, puis son évolution annuelle est encadrée par un pourcentage maximal fixé chaque année. Le contrat de séjour doit préciser les modalités de révision. Lisez cette clause avant de signer : c'est elle qui détermine ce que vous paierez dans cinq ans, pas le tarif affiché aujourd'hui.

Les questions que les familles posent le plus souvent

Quel est le prix moyen d'un EHPAD en France en 2026 ?

Il n'existe pas de prix national officiel pour 2025 ni pour 2026. La donnée officielle la plus récente porte sur 2024 et a été publiée par la CNSA en mars 2026 : 2 164 euros par mois en moyenne pour une chambre seule habilitée à l'aide sociale, 3 128 euros pour une chambre non habilitée, en hébergement permanent. La médiane est de 2 138 euros pour les places habilitées et de 3 016 euros pour les autres. Toute page annonçant un prix moyen national 2026 s'appuie sur une source privée, pas sur la statistique publique.

Le tarif soins est-il facturé au résident ?

Non, jamais. Le tarif soins couvre les soins médicaux, le personnel soignant et le matériel médical. Il est financé par l'Assurance maladie via l'agence régionale de santé, sous forme de dotation versée à l'établissement. Si une facture d'EHPAD comporte une ligne de soins à la charge du résident, elle doit être contestée.

Qu'est-ce que le talon dépendance ou ticket modérateur ?

C'est le tarif dépendance du niveau GIR 5-6, le plus bas, qui reste à la charge de tous les résidents quel que soit leur niveau réel de dépendance. Il s'élevait en moyenne à 6,11 euros par jour en 2024, soit environ 186 euros par mois. L'APA ne le couvre jamais, mais l'aide sociale à l'hébergement peut le prendre en charge sous conditions.

Mes enfants peuvent-ils être obligés de payer mon EHPAD ?

Uniquement dans le cadre d'une demande d'aide sociale à l'hébergement, au titre de l'obligation alimentaire des articles 205 à 207 du code civil. Sont concernés les enfants, ainsi que les gendres et belles-filles. Les petits-enfants en sont dispensés depuis la loi du 8 avril 2024, ainsi que leurs descendants. Hors demande d'ASH, aucune obligation de paiement ne pèse sur la famille, sauf engagement de caution signé dans le contrat de séjour, ce qui est un tout autre sujet.

La réduction d'impôt fonctionne-t-elle si je ne paie pas d'impôt ?

Non, et c'est la déception classique. Il s'agit d'une réduction d'impôt, pas d'un crédit d'impôt. Elle vient diminuer un impôt dû. Si le foyer n'est pas imposable, elle ne produit aucun effet et ne donne lieu à aucun remboursement. Son taux est de 25 % des frais de dépendance et d'hébergement effectivement supportés, après déduction de l'APA, de l'aide sociale et des aides au logement, dans la limite de 10 000 euros de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 euros de réduction maximale.

Comment savoir si un EHPAD est habilité à l'aide sociale ?

L'information figure dans l'annuaire officiel des EHPAD du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, avec un filtre dédié après recherche géographique. C'est le critère décisif quand les ressources sont limitées : dans le privé lucratif, seulement 10 % des places sont habilitées, contre 98 % dans le public et 82 % dans le privé non lucratif.

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