Vous venez de recevoir les résultats de la prise de sang prescrite par votre médecin généraliste. Vous l'avez vu tout de suite : vous avez du cholestérol. Mais est-ce que c'est le bon cholestérol, le mauvais ? Vous n'en savez rien du tout ! Le verdict tombe : votre médecin confirme vos craintes, c'est du mauvais cholestérol. Vous en avez entendu parler toute votre vie sans vraiment savoir de quoi il s'agit. Bon cholestérol, mauvais cholestérol, triglycérides, statines — cette fiche vous explique tout clairement.
Le cholestérol est une substance grasse naturellement présente dans votre corps. La fabrication du cholestérol se passe dans votre foie, pour 75 % du total qui circule dans votre corps. Le reste vient de ce que vous mangez. Le cholestérol est indispensable : il sert à la fabrication de certaines hormones, de la vitamine D, et il est un composant essentiel de toutes les membranes de vos cellules.
En quantité normale, le cholestérol n'est pas un problème. Toutefois, en excès, et surtout dans une certaine forme, le cholestérol peut avoir des effets tragiques sur votre vie.
Le cholestérol ne circule pas seul dans le sang. Il se déplace dans de petites particules appelées lipoprotéines. C'est le type de lipoprotéine qui détermine si le cholestérol est "bon" ou s'il est "mauvais".
Environ 20 millions de Français ont un bilan lipidique anormal. Les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC) restent la première cause de mortalité dans le monde. Un cholestérol LDL trop élevé est l'un des principaux facteurs modifiables. (Source : Fédération Française de Cardiologie, 2024)
Votre laboratoire d'analyses médicales vous a probablement remis une feuille de résultats avec des chiffres. Voici comment les lire simplement.
| Paramètre | Valeur souhaitée | Ce que ça veut dire |
|---|---|---|
| Cholestérol total | < 2 g/L | La somme de tout le cholestérol dans le sang. Moins informatif seul que les fractions LDL et HDL. |
| LDL-cholestérol | Variable selon le risque cardiovasculaire* | Le "mauvais" cholestérol. C'est la valeur la plus importante. L'objectif dépend de votre risque global. |
| HDL-cholestérol | > 0,40 g/L (homme) / > 0,50 g/L (femme) | Le "bon" cholestérol. Plus c'est élevé, mieux c'est. En dessous de ces seuils, le risque cardiovasculaire augmente. |
| Triglycérides | < 1,50 g/L | Graisses sanguines. Élevées si alimentation sucrée excessive ou alcool. Aggravent le risque si associées à un HDL bas. |
Il n'y a pas un seul chiffre de LDL "normal" pour tout le monde. Votre médecin calcule votre risque avec le score SCORE2 (recommandé par la Société Européenne de Cardiologie) en tenant compte du LDL, de la tension artérielle, de la glycémie, du tabagisme, de l'âge et des antécédents familiaux. Objectifs : < 1,16 g/L pour un risque modéré, < 0,70 g/L pour un risque élevé, < 0,55 g/L après un infarctus ou un AVC.
L'excès de LDL abîme les artères de façon progressive et silencieuse — souvent pendant des années sans le moindre symptôme. Voici comment ce processus fonctionne.
Quand le LDL est en excès dans le sang, il s'infiltre dans la paroi interne des artères. Le corps envoie des cellules de défense qui "avalent" le cholestérol, mais finissent par mourir sur place. Il se forme alors une plaque d'athérome — une bosse graisseuse à l'intérieur de l'artère — qui rétrécit progressivement le passage du sang. L'athérosclérose est le terme médical pour indiquer que votre corps est atteint de plaques qui bouchent vos artères.
Avec le temps, il arrive que cette plaque se fissure. Un caillot se forme alors pour "réparer" la fissure. Malheureusement, le mécanisme déraille parfois. Si ce caillot bouche complètement l'artère, c'est l'infarctus du myocarde (artère coronaire) ou l'AVC (artère cérébrale).
L'athérosclérose est réversible en partie. Un traitement efficace abaissant le LDL peut stabiliser, voire réduire la taille des plaques. Chaque réduction de 1 mmol/L du LDL réduit le risque d'événement cardiovasculaire majeur d'environ 22 %. (Source : méta-analyse Cholesterol Treatment Trialists, Lancet, 2010)
Le cholestérol élevé est souvent le résultat d'une combinaison de facteurs — pas d'une seule mauvaise habitude isolée.
L'alimentation agit directement sur le LDL, le HDL et les triglycérides. Les changements alimentaires peuvent réduire le LDL de 15 à 20 % — suffisant pour de nombreux patients à risque faible à modéré. Pour les autres, ils restent indispensables en complément des médicaments.
Les graisses saturées (viandes grasses, charcuteries, beurre, fromages, huile de palme) augmentent directement le LDL. Les graisses trans (huiles partiellement hydrogénées dans les produits industriels) font encore pire : elles augmentent le LDL ET diminuent le HDL simultanément. Il est fortement conseillé d'éviter tous les produits d'alimentation industrielle et de leur préférer une alimentation "faite maison".
Les graisses insaturées — huile d'olive, noix, amandes, avocat, poissons gras — ont l'effet inverse : elles diminuent le LDL et augmentent le HDL. Les oméga-3 des poissons gras (saumon, sardines, maquereau, hareng) réduisent aussi les triglycérides de façon significative.
Les fibres solubles captent le cholestérol dans les intestins et empêchent sa réabsorption dans le sang. Les meilleures sources : flocons d'avoine, psyllium, légumineuses, pommes, poires. Des études montrent qu'une consommation régulière d'avoine (40 g de flocons par jour) réduit le LDL de 5 à 10 %. (Source : British Medical Journal, méta-analyse 2016)
Les phytostérols sont des substances naturelles présentes dans certaines margarines enrichies (Fruit d'Or Pro-activ, Danacol…). Consommés quotidiennement à la dose recommandée, ils peuvent réduire le LDL de 10 à 15 % supplémentaires. Ils ne remplacent pas les médicaments pour les patients à haut risque, mais peuvent être utiles en première intention. Demandez l'avis de votre médecin avant de les utiliser.
L'exercice physique a un effet direct sur votre bilan lipidique : il augmente le HDL (bon cholestérol) et diminue les triglycérides. Son effet sur le LDL seul est modeste, mais il s'ajoute aux bénéfices de l'alimentation et réduit le risque cardiovasculaire global de façon très significative.
Une méta-analyse publiée dans le Journal of the American Heart Association (2019) montre qu'une activité physique régulière de 150 minutes par semaine augmente le HDL d'environ 5 % et réduit les triglycérides de 10 à 20 %, indépendamment des autres traitements.
Quand l'alimentation et l'activité physique ne permettent pas d'atteindre l'objectif de LDL, ou quand le risque cardiovasculaire est élevé, votre médecin peut proposer un traitement médicamenteux.
Les statines (atorvastatine, rosuvastatine, simvastatine…) bloquent partiellement la production de cholestérol par le foie. Le foie compense en captant davantage de LDL dans le sang, ce qui abaisse le LDL sanguin de 30 à 55 % selon la molécule et la dose. Les statines figurent parmi les médicaments les plus étudiés de l'histoire de la médecine, avec un bénéfice cardiovasculaire solidement démontré.
Si vous avez des douleurs musculaires ou un autre symptôme que vous pensez lié à votre statine, appelez votre médecin. Ne l'arrêtez jamais seul : le risque d'événement cardiovasculaire augmente rapidement après l'arrêt d'une statine chez les patients à haut risque.
| Examen | Fréquence | Pourquoi |
|---|---|---|
| Bilan lipidique complet | 4 à 8 semaines après le début du traitement, puis 1 fois par an | Vérifier que l'objectif de LDL est atteint et adapter la dose si besoin. |
| Enzymes hépatiques (ASAT, ALAT) | Au début du traitement, puis si symptômes | Surveiller la tolérance hépatique du traitement par statine. |
| CPK (créatine phosphokinase) | Si douleurs musculaires apparaissent | Évaluer l'atteinte musculaire éventuelle liée aux statines. |
| Glycémie à jeun | 1 fois par an | Les statines peuvent légèrement augmenter le risque de diabète : surveillance nécessaire. |
| Tension artérielle | À chaque consultation | HTA + cholestérol élevé = risque cardiovasculaire très augmenté. Les deux se traitent en parallèle. |
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