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Les migraines : comprendre pourquoi elles reviennent, et comment les reprendre en main

Une migraine va bien au-delà d'un simple mal de tête. La douleur met la vie en pause, parfois plusieurs fois par mois, souvent accompagnée de nausées, d'une sensibilité à la lumière qui oblige à s'enfermer dans le noir.
Beaucoup de patients migraineux entendent encore "prends un doliprane et ça ira" de leur entourage, alors qu'ils vivent avec une maladie neurologique reconnue, aux mécanismes bien identifiés.
Ce guide explique ce qui se passe dans votre cerveau pendant une crise, les différents types de migraines, ce qui fonctionne pour les traiter et les espacer, et un lien trop souvent ignoré : celui entre votre mâchoire et vos crises. Votre médecin ou neurologue reste votre interlocuteur pour adapter ces informations à votre situation.

[PLACEHOLDER IMAGE : personne allongée dans une pièce faiblement éclairée, main sur le front, ambiance calme et non dramatisée, lumière douce et tamisée]

Que contient ce guide sur la migraine ?

  1. Quels sont les différents types de migraine ?
  2. Que se passe-t-il dans le cerveau pendant une migraine ?
  3. Quels sont les symptômes d'une crise de migraine ?
  4. Comment le médecin reconnaît-il une migraine ?
  5. Quel traitement pour soulager et prévenir la migraine ?
  6. La mâchoire peut-elle déclencher des migraines ?
  7. Qu'est-ce qui déclenche une crise de migraine ?
  8. Quand une migraine doit-elle mener aux urgences ?
  9. Quiz à imprimer
  10. Questions fréquentes
  11. Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

Quels sont les différents types de migraine ?

En bref : la migraine touche environ 15 % des adultes, deux fois plus souvent les femmes que les hommes, surtout entre 20 et 50 ans (Inserm, 2020). Elle ne se résume pas à une seule forme : la migraine sans aura représente 70 à 80 % des cas, la migraine avec aura environ un quart des patients. Reconnaître sa forme aide à choisir le bon traitement.

La migraine touche environ 15 % des adultes, avec une nette prédominance féminine : environ 20 % des femmes contre 10 % des hommes (Inserm, 2020). Elle touche surtout les personnes entre 20 et 50 ans. Elle ne se résume pas à une seule forme : plusieurs types coexistent, avec des caractéristiques et parfois des traitements différents.

La migraine sans aura

C'est la forme la plus fréquente, représentant environ 70 à 80 % des migraines. La crise survient sans signes neurologiques annonciateurs : douleur pulsatile, souvent d'un seul côté de la tête, nausées, gêne à la lumière et au bruit.

La migraine avec aura

Environ un quart des patients migraineux présentent une aura : des symptômes neurologiques transitoires qui précèdent ou accompagnent la douleur. L'aura visuelle est la plus fréquente (taches lumineuses scintillantes, lignes en zigzag, parfois perte partielle du champ visuel), durant généralement 20 à 60 minutes. Des auras sensitives (fourmillements) ou du langage sont également possibles, plus rarement.

La migraine chronique

On parle de migraine chronique à partir de 15 jours de céphalée par mois, dont au moins 8 jours avec des caractéristiques migraineuses, pendant plus de trois mois. Cette forme, particulièrement invalidante, nécessite le plus souvent un traitement de fond et une prise en charge globale, incluant parfois la recherche d'un abus médicamenteux qui entretient le cercle vicieux des crises.

La migraine vestibulaire

La migraine vestibulaire associe des épisodes de vertiges ou d'instabilité à un terrain migraineux, avec ou sans céphalée au moment du vertige. Cette forme est souvent sous-diagnostiquée, car elle peut se manifester en l'absence de mal de tête typique, ce qui égare parfois le diagnostic vers d'autres causes de vertige.

D'autres formes plus rares existent
La migraine hémiplégique (avec une faiblesse d'un côté du corps pendant l'aura) ou la migraine ophtalmoplégique sont des formes rares, nécessitant systématiquement un avis neurologique spécialisé pour confirmer le diagnostic et écarter d'autres causes.
La migraine en quelques repères
15 %
des adultes touchés (Inserm, 2020)
2:1
rapport femmes/hommes environ (Inserm, 2020)
4-72h
durée habituelle d'une crise non traitée
15j/mois
seuil définissant la migraine chronique

Que se passe-t-il dans le cerveau pendant une migraine ?

En bref : la migraine est un trouble du cerveau et de ses vaisseaux. Un cerveau migraineux réagit plus fortement à certains changements, fatigue, stress ou hormones. Les nerfs qui entourent les vaisseaux de la tête libèrent alors des substances inflammatoires, ce qui dilate ces vaisseaux et déclenche la douleur.

La migraine est aujourd'hui comprise comme un trouble neurovasculaire : le cerveau d'une personne migraineuse est plus sensible à certains changements internes ou externes (fatigue, stress, hormones, certains aliments), ce qui déclenche une cascade d'événements.

Lors d'une crise, une vague d'activation électrique anormale se propage à la surface du cerveau (c'est ce qui provoque l'aura chez certains patients), suivie d'une activation du système trigéminovasculaire : les nerfs qui entourent les vaisseaux sanguins de la tête libèrent des substances inflammatoires, provoquant une dilatation de ces vaisseaux et une inflammation locale. C'est cette inflammation, et non simplement la dilatation vasculaire comme on le pensait autrefois, qui explique la douleur pulsatile caractéristique.

Le tronc cérébral joue également un rôle central : certaines zones qui régulent normalement la douleur fonctionnent différemment chez les patients migraineux, ce qui explique en partie pourquoi le cerveau migraineux réagit de façon excessive à des stimuli que la plupart des gens tolèrent sans problème (lumière vive, bruit, certaines odeurs).

Le rôle du CGRP

Une molécule appelée CGRP (peptide relié au gène de la calcitonine) est aujourd'hui identifiée comme un acteur central de la crise migraineuse : elle est libérée en excès autour des vaisseaux sanguins de la tête et contribue directement à l'inflammation et à la douleur. Cette découverte a conduit au développement d'une nouvelle classe de traitements, les anticorps anti-CGRP, qui ciblent spécifiquement ce mécanisme pour prévenir les crises chez les patients les plus sévèrement touchés.

Un terrain plutôt qu'une maladie ponctuelle

Entre les crises, le cerveau d'une personne migraineuse n'est pas identique à celui d'une personne non migraineuse : il conserve une sensibilité particulière aux variations (sommeil, hormones, stress), ce qui explique que la migraine reste une maladie chronique de fond, même quand les crises sont espacées de plusieurs semaines. C'est cette compréhension qui justifie, chez certains patients, un traitement de fond visant à stabiliser ce terrain plutôt qu'à traiter uniquement chaque crise isolément.

Quels sont les symptômes d'une crise de migraine ?

En bref : la douleur bat au rythme du pouls, touche souvent un seul côté et s'aggrave au moindre effort. Elle s'accompagne presque toujours de nausées et d'une gêne forte à la lumière et au bruit. Beaucoup de patients repèrent des signes annonciateurs dans les heures qui précèdent : fatigue inhabituelle, irritabilité, bâillements répétés.

L'impact sur la vie quotidienne et professionnelle

La migraine est reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé comme l'une des maladies les plus invalidantes au monde en nombre d'années de vie perdues en bonne santé, en raison de sa fréquence et de son retentissement direct sur l'activité pendant les crises. Absentéisme, difficulté à se concentrer même les jours sans crise par appréhension de la suivante, isolement social lors des épisodes répétés : ce retentissement est réel et mérite d'être nommé auprès du médecin du travail ou du médecin traitant, plutôt que minimisé sous prétexte que "ce n'est qu'un mal de tête".

La migraine chez la femme : cycle, grossesse, ménopause

Une part importante des femmes migraineuses rapporte un lien entre leurs crises et leur cycle menstruel, en particulier dans les jours précédant les règles, en lien avec la chute du taux d'œstrogènes. Certaines contraceptions hormonales peuvent aggraver ou améliorer les crises selon les femmes et le type de migraine (avec ou sans aura) : ce point doit être discuté avec le médecin, car la migraine avec aura constitue une contre-indication à certaines pilules œstroprogestatives en raison d'un risque vasculaire accru. Autre point important si vous pouvez être enceinte : le topiramate, un antiépileptique parfois prescrit en traitement de fond, est contre-indiqué pendant la grossesse et chez la femme sans contraception efficace (ANSM, 2023). Pendant la grossesse, les migraines s'améliorent souvent, en particulier au deuxième et troisième trimestre, avant de réapparaître fréquemment après l'accouchement. À la ménopause, l'évolution est variable : certaines femmes voient leurs crises s'espacer avec la stabilisation hormonale, d'autres les voient s'aggraver dans la période de transition.

Comment le médecin reconnaît-il une migraine ?

En bref : le diagnostic repose sur votre récit, pas sur un examen. Aucune imagerie n'est nécessaire pour une migraine typique. Une IRM n'est demandée qu'en cas de signes inhabituels ou de premier épisode après 50 ans. Tenir un agenda des crises reste l'outil le plus utile pour votre médecin.

Le diagnostic de la migraine est clinique, basé sur l'interrogatoire précis des caractéristiques de la douleur, sa fréquence, sa durée et les symptômes associés. Aucun examen d'imagerie n'est nécessaire pour diagnostiquer une migraine typique. Une IRM cérébrale peut être demandée en cas de signes atypiques, d'aura inhabituelle, ou de premier épisode après 50 ans, pour éliminer une autre cause.

Tenir un agenda des crises
Noter la date, la durée, l'intensité, les éventuels déclencheurs et le traitement pris à chaque crise aide considérablement le médecin à ajuster la prise en charge et à évaluer si un traitement de fond devient nécessaire.

Migraine ou céphalée de tension : comment les distinguer

CaractéristiqueMigraineCéphalée de tension
Type de douleur Pulsatile, souvent unilatérale Diffuse, en bandeau, des deux côtés
Intensité Modérée à sévère Légère à modérée
Effort physique Aggrave la douleur N'aggrave pas ou peu
Symptômes associés Nausées, sensibilité lumière/bruit Généralement absents

En cas de doute persistant sur la nature de vos maux de tête, seul un médecin peut trancher : les deux types de céphalées peuvent aussi coexister chez une même personne.

Quel traitement pour soulager et prévenir la migraine ?

En bref : pris dès les tout premiers signes, le paracétamol ou un anti-inflammatoire suffisent souvent pour les crises légères à modérées. Les triptans sont faits pour les crises plus fortes. Un piège à connaître : prendre un traitement de crise plus de 8 jours par mois peut entretenir les maux de tête (Assurance Maladie, 2026).

Le traitement de crise

Pour les crises légères à modérées, les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens) suffisent souvent, à condition d'être pris le plus tôt possible dès les premiers signes de la crise. Pour les crises plus intenses ou résistantes, les triptans, une classe de médicaments spécifiquement développée pour la migraine, agissent en ciblant les mécanismes vasculaires et inflammatoires impliqués.

Le piège de l'abus médicamenteux
Prendre un traitement de crise plus de 8 jours par mois, de façon régulière, peut paradoxalement entretenir et aggraver les céphalées : on parle de céphalée par abus médicamenteux. L'Assurance Maladie conseille de ne pas dépasser 8 jours de prise par mois (2026). Ce cercle vicieux nécessite d'en parler à votre médecin plutôt que d'augmenter les doses de son propre chef.

Le traitement de fond

Un traitement de fond, pris quotidiennement, est envisagé quand les crises sont fréquentes (généralement plus de 3 à 4 crises invalidantes par mois) ou qu'elles altèrent significativement la qualité de vie malgré un traitement de crise bien conduit. Plusieurs classes de médicaments existent (bêta-bloquants, certains antiépileptiques, antidépresseurs à faible dose, anticorps anti-CGRP pour les formes les plus sévères), à choisir avec le médecin selon le profil de chaque patient. L'objectif n'est pas de faire disparaître totalement les crises, mais de réduire nettement leur fréquence et leur intensité.

Anticorps anti-CGRP et atogépant : pour qui ?

Les anticorps anti-CGRP bloquent l'action du CGRP, une molécule très active pendant la crise. Ils sont réservés aux migraines sévères, avec au moins 8 jours de migraine par mois, après l'échec d'au moins deux traitements de fond (Assurance Maladie, 2026). La Fédération européenne des céphalées les recommande pour prévenir la migraine épisodique et la migraine chronique (EHF, 2022). L'atogépant agit sur la même cible, sous forme de comprimé à prendre chaque jour.

Un coût à connaître avant de commencer
En France, les anticorps anti-CGRP et l'atogépant ne sont pas remboursés par l'Assurance Maladie (situation vérifiée en septembre 2026). Parlez du prix avec votre neurologue avant de commencer.

Les approches non médicamenteuses

La gestion du stress, une bonne hygiène de sommeil, une activité physique régulière et certaines techniques de relaxation ou de biofeedback ont montré un effet bénéfique sur la fréquence des crises chez de nombreux patients, en complément des traitements médicamenteux.

SituationTraitement habituellement envisagé
Crise légère à modérée Antalgique ou anti-inflammatoire, pris tôt dans la crise
Crise sévère ou résistante aux antalgiques Triptan, prescrit et ajusté par le médecin
Nausées importantes associées Antiémétique en complément, sur prescription
Crises fréquentes ou très invalidantes Traitement de fond quotidien, à discuter avec le médecin
Migraine sévère résistante aux traitements de fond classiques Anticorps anti-CGRP ou atogépant, prescription spécialisée, non remboursés en France

La mâchoire peut-elle déclencher des migraines ?

En bref : chez certains patients, les tensions de la mâchoire participent aux crises. Serrer ou grincer des dents la nuit, souvent sans le savoir, crée une tension qui remonte le long des muscles de la tête et du cou. Une douleur ou un craquement de la mâchoire au réveil sont des signes qui méritent d'en parler.

Chez certains patients, un lien existe entre les tensions de la mâchoire et les crises de migraine. Le bruxisme (serrement ou grincement des dents, souvent nocturne et inconscient) et les dysfonctions de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) créent une tension musculaire qui se propage le long de la chaîne musculaire de la tête et du cou, jusqu'aux muscles impliqués dans le déclenchement ou l'aggravation de certaines crises de migraine.

Ce mécanisme reste souvent méconnu, y compris de certains patients qui ignorent grincer des dents la nuit. Des signes peuvent alerter : douleur ou craquement de la mâchoire au réveil, usure anormale des dents constatée par le dentiste, tension dans les tempes ou la nuque associée aux crises. Face à ces signes, une évaluation par un kinésithérapeute spécialisé en rééducation maxillo-faciale peut identifier ce mécanisme et proposer des techniques de relâchement musculaire, en complément, jamais en remplacement, du suivi neurologique habituel.

Ce n'est pas la solution pour tout le monde
Ce lien mâchoire-migraine ne concerne qu'une partie des patients migraineux. Il ne remplace pas un diagnostic neurologique ni un traitement de fond quand celui-ci est nécessaire ; il constitue une piste complémentaire à explorer, en particulier en cas de tension mandibulaire associée aux crises. Pour en savoir plus : notre guide sur la kinésithérapie maxillo-faciale.

Ce que fait concrètement le kinésithérapeute spécialisé

La prise en charge en kinésithérapie maxillo-faciale associe généralement un bilan de la mobilité et de la posture de la mâchoire, des techniques manuelles de relâchement des muscles masticateurs (masséters, temporaux) et de la chaîne cervicale associée, des conseils de posture (notamment devant les écrans, une position prolongée qui aggrave les tensions cervico-mandibulaires), et parfois une coordination avec un chirurgien-dentiste pour évaluer la nécessité d'une gouttière de protection nocturne en cas de bruxisme confirmé. Cette prise en charge se construit sur plusieurs séances, avec des résultats qui s'installent progressivement plutôt qu'en une seule fois.

Qu'est-ce qui déclenche une crise de migraine ?

En bref : les déclencheurs varient tellement d'une personne à l'autre qu'aucune liste universelle n'a de sens. Les plus souvent cités : le manque de sommeil mais aussi les grasses matinées, le relâchement qui suit le stress, le cycle menstruel, le jeûne prolongé, et chez certains l'alcool ou les fromages affinés. C'est votre agenda des crises qui identifiera les vôtres.

Les déclencheurs varient énormément d'une personne à l'autre, ce qui explique pourquoi il n'existe pas de liste universelle à appliquer à tous les patients. Les plus fréquemment rapportés incluent : le manque de sommeil ou, à l'inverse, un excès de sommeil (les grasses matinées du week-end sont un classique), le stress et surtout la phase de relâchement après le stress, les variations hormonales (une part importante des femmes migraineuses rapportent un lien avec le cycle menstruel), certains aliments (alcool, notamment le vin rouge, chocolat, fromages affinés, chez certains patients), le jeûne prolongé, les changements météorologiques, et les stimuli sensoriels intenses (lumière vive, écrans prolongés).

Ne pas chasser un coupable inexistant
Beaucoup de patients cherchent frénétiquement "l'aliment responsable" en s'imposant des régimes d'exclusion stricts, souvent sans bénéfice réel. Un agenda des crises sur plusieurs mois est plus fiable qu'une intuition ponctuelle pour identifier de vrais déclencheurs personnels.

Stratégies pratiques au quotidien

Quand une migraine doit-elle mener aux urgences ?

En bref : consultez sans attendre devant un mal de tête brutal et d'une intensité jamais ressentie, une céphalée avec fièvre et nuque raide, des troubles neurologiques qui ne ressemblent pas à votre aura habituelle, ou une douleur qui s'aggrave jour après jour. En dehors de ces situations, une crise de migraine ne relève pas des urgences.

Certains signes doivent amener à consulter en urgence, car ils peuvent signaler une cause plus grave qu'une migraine : un premier mal de tête brutal et d'une intensité inhabituelle, décrit comme "la pire céphalée de ma vie" (évoquant une possible hémorragie cérébrale), une céphalée associée à de la fièvre et une raideur de la nuque (évoquant une méningite), l'apparition de troubles neurologiques nouveaux qui ne ressemblent pas à l'aura habituelle du patient (faiblesse d'un côté du corps, trouble de la parole, confusion), ou une céphalée qui s'aggrave progressivement sur plusieurs jours sans amélioration.

Ce n'est pas "juste une grosse migraine"
Si vos crises habituelles ont toujours la même allure et que ce mal de tête est franchement différent, plus violent ou accompagné de symptômes nouveaux, ne minimisez pas et consultez rapidement.

Quiz à imprimer : connaissez-vous bien la migraine ?

Quiz : connaissez-vous bien la migraine ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. La migraine est juste un mal de tête un peu plus fort que les autres.
    VraiFaux
  2. Pour une migraine typique, une IRM du cerveau est indispensable.
    VraiFaux
  3. Un traitement de crise marche mieux s'il est pris dès les premiers signes.
    VraiFaux
  4. Prendre un traitement de crise plus de 8 jours par mois peut entretenir les maux de tête.
    VraiFaux
  5. Les grasses matinées du week-end peuvent déclencher une crise.
    VraiFaux
  6. Toutes les personnes migraineuses doivent arrêter le chocolat et le fromage.
    VraiFaux
  7. Un mal de tête brutal, le plus violent de votre vie, doit faire consulter en urgence.
    VraiFaux
  8. Un traitement de fond fait disparaître toutes les crises.
    VraiFaux
  9. En cas de migraine avec aura, certaines pilules contraceptives sont déconseillées.
    VraiFaux
  10. En France, les anticorps anti-CGRP sont remboursés par l'Assurance Maladie.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. La migraine est une maladie du cerveau reconnue. La douleur s'accompagne souvent de nausées et d'une gêne à la lumière et au bruit.
  2. Faux. Le diagnostic repose sur votre récit. Une IRM sert en cas de signes inhabituels ou d'un premier épisode après 50 ans.
  3. Vrai. Pris tôt, le traitement agit mieux. Gardez-le toujours sur vous.
  4. Vrai. C'est la céphalée par abus médicamenteux. L'Assurance Maladie conseille de ne pas dépasser 8 jours de prise par mois.
  5. Vrai. Trop dormir peut déclencher une crise, comme le manque de sommeil. Gardez les mêmes horaires, même le week-end.
  6. Faux. Les déclencheurs changent d'une personne à l'autre. Un agenda des crises sur plusieurs mois aide à trouver les vôtres.
  7. Vrai. Ce signe peut cacher une cause plus grave qu'une migraine, comme une hémorragie dans le cerveau.
  8. Faux. Il réduit nettement le nombre et la force des crises. Il ne les fait pas toujours disparaître.
  9. Vrai. Les pilules œstroprogestatives augmentent le risque vasculaire en cas d'aura. Parlez-en à votre médecin.
  10. Faux. En septembre 2026, ils ne sont pas remboursés. Ils sont réservés aux migraines sévères.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Quelle est la différence entre une migraine et un simple mal de tête ?

Un mal de tête ordinaire (céphalée de tension) donne une douleur diffuse, souvent en bandeau, sans autres symptômes marqués. La migraine se caractérise par une douleur pulsatile, souvent d'un seul côté de la tête, aggravée par l'effort physique, accompagnée de nausées et d'une gêne à la lumière ou au bruit, et dure de quelques heures à trois jours. C'est cette combinaison de critères qui permet de poser le diagnostic de migraine.

Qu'est-ce que l'aura migraineuse ?

L'aura est un ensemble de symptômes neurologiques transitoires qui précèdent ou accompagnent la crise migraineuse chez environ un quart des patients migraineux. La plus fréquente est l'aura visuelle : taches lumineuses scintillantes, lignes en zigzag, parfois une perte partielle du champ visuel, durant en général 20 à 60 minutes avant que le mal de tête ne s'installe.

La migraine peut-elle venir de la mâchoire ?

Oui, chez certains patients. Le bruxisme (serrement ou grincement des dents, souvent nocturne) et les dysfonctions de l'articulation temporo-mandibulaire créent une tension musculaire qui se propage aux muscles de la tête et du cou, pouvant déclencher ou aggraver des crises de migraine. Une évaluation par un kinésithérapeute spécialisé en rééducation maxillo-faciale peut identifier ce mécanisme quand les traitements classiques ne suffisent pas.

Combien de crises de migraine par mois faut-il pour parler de migraine chronique ?

On parle de migraine chronique à partir de 15 jours de céphalée par mois, dont au moins 8 jours avec des caractéristiques migraineuses, pendant plus de trois mois. En dessous de ce seuil, on parle de migraine épisodique. Cette distinction est importante car elle oriente vers des traitements de fond différents.

Quel traitement prendre pendant une crise de migraine ?

Les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires) suffisent pour de nombreuses crises légères à modérées, pris le plus tôt possible dès les premiers signes. Pour les crises plus intenses ou ne répondant pas aux antalgiques usuels, les triptans, une classe de médicaments spécifique à la migraine, sont prescrits par le médecin. Prendre le traitement trop tard réduit son efficacité. Le prendre trop souvent expose à une céphalée par abus médicamenteux : l'Assurance Maladie conseille de ne pas dépasser 8 jours de prise par mois.

Faut-il un traitement de fond pour la migraine ?

Un traitement de fond, pris quotidiennement pour réduire la fréquence et l'intensité des crises, est envisagé quand celles-ci sont fréquentes (généralement plus de 3 à 4 crises invalidantes par mois) ou qu'elles altèrent significativement la qualité de vie malgré un traitement de crise bien conduit. Plusieurs classes de médicaments existent, à choisir avec le médecin selon le profil du patient et les autres pathologies éventuelles.

Qu'est-ce que la migraine vestibulaire ?

La migraine vestibulaire associe des épisodes de vertiges ou d'instabilité à un terrain migraineux, avec ou sans mal de tête associé au moment du vertige. Elle est souvent sous-diagnostiquée car elle peut se manifester sans céphalée typique, ce qui retarde parfois le diagnostic. Un neurologue ou un ORL formé aux troubles de l'équilibre peut poser ce diagnostic après avoir éliminé d'autres causes de vertige.

Quand une migraine doit-elle amener aux urgences ?

Un premier mal de tête brutal et d'une intensité inhabituelle ('la pire céphalée de ma vie'), une céphalée associée à de la fièvre et une raideur de la nuque, ou l'apparition de troubles neurologiques nouveaux (faiblesse d'un côté du corps, trouble de la parole, confusion) qui ne ressemblent pas à l'aura habituelle du patient doivent amener à consulter en urgence, car ils peuvent signaler une cause plus grave qu'une migraine.

Les anticorps anti-CGRP sont-ils remboursés en France ?

Non. En septembre 2026, les anticorps anti-CGRP et l'atogépant ne sont pas remboursés par l'Assurance Maladie. Ils sont réservés aux migraines sévères, avec au moins 8 jours de migraine par mois, après l'échec d'au moins deux traitements de fond. Parlez du coût avec votre neurologue avant de commencer.

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

Ce guide s'appuie notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge de la migraine et sur les ressources de la Société Française d'Étude des Migraines et Céphalées (SFEMC), société savante de référence sur le sujet en France (Sources : HAS, SFEMC, Inserm, ANSM, Assurance Maladie).

L'Assurance Maladie propose également une page d'information vérifiée sur le diagnostic et le traitement de la migraine (Source : ameli.fr).

  1. Haute Autorité de Santé (ANAES). Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l'adulte et chez l'enfant : aspects cliniques et économiques. Recommandation validée en octobre 2002.
  2. Haute Autorité de Santé. Migraine, synthèse des recommandations (document PDF, date non indiquée sur la page).
  3. Demarquay G et coll. Revised guidelines of the French Headache Society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 1: Diagnosis and assessment. Revue neurologique 2021;177(7):725-733. doi:10.1016/j.neurol.2021.07.001.
  4. Ducros A et coll. Revised guidelines of the French headache society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 2: Pharmacological treatment. Revue neurologique 2021;177(7):734-752. doi:10.1016/j.neurol.2021.07.006.
  5. Sacco S et coll. European Headache Federation guideline on the use of monoclonal antibodies targeting the calcitonin gene related peptide pathway for migraine prevention, 2022 update. The Journal of Headache and Pain 2022;23(1):67. doi:10.1186/s10194-022-01431-x.
  6. Assurance Maladie. Migraine : diagnostic et traitement. Mise à jour du 22 janvier 2026.
  7. Inserm. Dossier Migraine. Publié en 2017, modifié le 25 septembre 2020.
  8. ANSM. Topiramate (Epitomax et génériques) et troubles neurodéveloppementaux : mesures pour limiter l'utilisation pendant la grossesse. 11 septembre 2023.
  9. Base de données publique des médicaments. AQUIPTA 60 mg (atogépant), comprimé. Fiche mise à jour le 29 septembre 2026, consultée le 2 octobre 2026.
  10. Assemblée nationale. Question écrite n° 18340 sur le remboursement des traitements anti-CGRP. Journal officiel du 22 septembre 2026.
  11. Société Française d'Étude des Migraines et Céphalées. Site de la SFEMC. Consulté le 2 octobre 2026.
Quand la migraine devient un handicap reconnu
Dans les formes chroniques les plus sévères, en particulier quand le retentissement professionnel est important malgré un traitement bien conduit, une démarche auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut être envisagée, notamment pour une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) facilitant des aménagements de poste. Cette démarche reste rare et réservée aux formes les plus invalidantes ; elle se discute avec le médecin traitant ou le neurologue.

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