HTA et diabète : double peine : ce qui vous arrive si vous ne contrôlez pas les deux
Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · Validé médicalement par le Dr Christophe Grocholski, PH Néphrologie.
Votre dernier bilan sanguin est très mauvais ! Votre glycémie à jeun était a été confirmée à 2,1g, un seuil critique. Ces dernières semaines, vous aviez tout le temps soif. Une sensation constante. Et cette fatigue qui ne vous quittait pas.
Mauvaise nouvelle : le diabète de type 2 vient de rentrer dans votre vie. En plus de votre hypertension, et d'une sédentarité liée à votre mode de vie, vous culpabilisez. L'hypertension, qui se cumule à un diabète, est complexe à gérer.
Vous vous sentez peut-être bien. Vous ne comprenez pas l'urgence. Cette fiche est là pour vous expliquer, simplement, pourquoi les deux ensemble sont bien plus dangereux que l'un ou l'autre : et ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui.
Praticien Hospitalier en Néphrologie · Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse
Auteur de travaux publiés sur PubMed · Relecture médicale indépendante
Dernière mise à jour : 1er mai 2026
📂 Dans ce dossier : Hypertension artérielle (HTA)
HTA : Fiche principale HTA + Diabète Régime DASH Observance patient Glomérulonéphrite Dialyse Pyélonéphrites Version imprimablePourquoi l'hypertension artérielle et le diabète ensemble c'est plus grave ?
Quand l'hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont présents en même temps, leurs effets ne s'additionnent pas : ils se multiplient. Le risque d'infarctus ou d'AVC est environ 4 fois plus élevé. Le risque d'insuffisance rénale grave, pouvant mener à la dialyse, est 8 fois plus élevé qu'une personne sans ces deux maladies.
Votre médecin a sûrement évoqué avec vous les résultats de votre tension artérielle élevée. Un petit 15/10 qui ne semble pas être grand chose. Et pourtant... Un peu de tension... un peu trop de sucre dans le sang. Ça paraît presque banal mais ça ne l'est pas.
Quand l'hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont là en même temps, ils ne s'additionnent pas. Leurs effets néfastes se multiplient.
Risque d'infarctus du myocarde ou d'AVC par rapport à une personne sans ces deux maladies
Risque d'insuffisance rénale grave, pouvant mener à la dialyse
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé classent le patient diabétique hypertendu en très haut risque cardiovasculaire. L'objectif tensionnel est donc plus strict que pour les autres patients : la tension doit être en dessous de 130/80 mmHg.
Michel, 58 ans. Chauffeur routier. Il a découvert son HTA à 52 ans lors d'une visite médicale. Son médecin lui a prescrit un médicament. Il l'a pris 6 mois, puis arrêté : "je me sentais bien".
Trois ans plus tard, lors d'un bilan de routine, on découvre une glycémie à 1,45 g/L. Diabète de type 2. Et sa tension ? Remontée à 158/97 mmHg.
Résultat du bilan rénal : sa créatinine a augmenté. Ses reins travaillent déjà moins bien. Le cardiologue note une hypertrophie du ventricule gauche.
Michel ne ressentait rien. Les deux maladies ont avancé en silence pendant trois ans. Il va falloir faire admettre cette maladie à Michel pour qu'il prenne son traitement.
Comment le diabète agit sur la tension ?
C'est la partie que les patients comprennent rarement. Il est néanmoins essentiel de comprendre le mécanisme.
🔄 Le cercle vicieux
- Trop de sucre dans le sang → abîme les parois des artères → les artères deviennent rigides → la tension monte.
- Tension trop haute → endommage les petits vaisseaux des reins → les reins fonctionnent moins bien → ils retiennent plus de sel et d'eau → la tension monte encore.
- Reins abîmés → éliminent moins bien le sucre → la glycémie monte → le diabète s'aggrave.
- On recommence à l'étape 1. Plus fort. Tout le temps.
C'est ça, le piège. Contrôler une seule des deux maladies, c'est laisser l'autre travailler tranquillement. Votre médecin insiste sur les deux en même temps : pas parce qu'il veut vous donner plus de médicaments : votre médecin ne gagne rien à vous donner plus de médicament. Il insiste sur ce qui vous arrive parce que c'est la seule façon d'enrayer le cercle.
Peut-on avoir une HTA et un diabète sans le savoir ?
Oui, et c'est bien le problème. Les deux maladies peuvent passent complètement inaperçues pendant des mois, voire des années. Il est commun qu'il n'y ait absolument aucun symptôme et c'est un véritable problème avec les problématiques d'accès aux soins dans certaines régions de France. Mais certains signes doivent vous alerter immédiatement :
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!Maux de tête le matin, surtout à l'arrière de la tête : peut indiquer une tension trop élevée pendant la nuit.
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!Soif intense et envies fréquentes d'uriner : signe classique d'un diabète mal contrôlé.
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!Fatigue inhabituelle, vision floue : peuvent indiquer une glycémie trop haute.
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!Urine avec de la mousse : signe possible de protéines dans les urines. Les reins commencent à "fuir". Consultez sans attendre.
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!Douleur ou serrement dans la poitrine, essoufflement au moindre effort : appelez le 15 immédiatement.
Cela peut être un signe de neuropathie diabétique : les nerfs des pieds sont atteints. Si vous êtes dans une situation de diabète, montrez vos pieds à votre médecin à chaque consultation. Une plaie non soignée sur un pied diabétique peut devenir très grave très vite.
Quel est l'objectif de tension artérielle quand on est diabétique ?
Quand vous avez HTA et diabète de type 2, l'objectif de tension est strict : moins de 130/80 mmHg. L'HbA1c doit rester en dessous de 7 %. Le LDL-cholestérol doit descendre sous 0,7 g/L. La microalbuminurie doit rester sous 30 mg/g de créatinine. Ces quatre valeurs protègent vos reins, votre cœur et vos artères.
Vous avez HTA et diabète. Voici les valeurs cibles que vous devez atteindre : et maintenir.
Ces objectifs sont issus des recommandations HAS 2023. Votre médecin peut les adapter à votre âge et à votre situation personnelle.
Quels sont les médicaments pour un diabète combiné à une hypertension artérielle ?
La bonne nouvelle : il existe des médicaments qui traitent les deux en même temps, ou qui protègent les organes des deux maladies à la fois.
Les IEC (ramipril, périndopril) et les ARA II (losartan, valsartan) sont les médicaments de première intention quand vous avez HTA + diabète. Pourquoi ?
- Ils baissent la tension artérielle.
- Ils protègent les reins contre les dommages du diabète.
- Ils protègent le cœur.
Si votre médecin vous prescrit l'un de ces médicaments, c'est pour les trois raisons à la fois. Ne l'arrêtez pas parce que vous "vous sentez bien".
L'empagliflozine et la dapagliflozine (famille des iSGLT2) sont maintenant recommandées chez les diabétiques à haut risque cardiovasculaire. Ces molécules font plusieurs choses en même temps. Elles :
- baissent la glycémie (en élimiant le sucre dans les urines).
- baissent légèrement la tension.
- protègent les reins : réduction prouvée du risque d'insuffisance rénale.
- réduisent le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque.
Quoi manger quand on a de l'HTA et un diabète ? Les deux règles qui changent tout
Vous avez deux contraintes alimentaires. Elles sont compatibles. Voici comment les respecter sans vous rendre la vie impossible.
Règle n°1 : moins de sel
Objectif : moins de 3 g de sel par jour (l'équivalent d' "une cuillère à café rase"). Pas "moins de sel sur les pâtes". Vraiment moins de sel en tout : y compris dans le pain, les plats préparés, les fromages, la charcuterie. Prenez l'habitude de ne supprimer le sel à table et de ne pas saler en cuisinant. Vos papilles gustatives vont s'habituer en 3 semaines environ. Supprimez tout simplement le sel et remplacer par de l'ail, du persil, ou tout autre aromate de votre choix.
Règle n°2 : moins de sucres rapides
Sucres rapides = sodas, jus de fruit, pain blanc, pâtisseries, riz blanc, pommes de terre. Ils font monter la glycémie très vite. Remplacez-les par des sucres lents : pain complet, légumineuses (lentilles, pois chiches), riz complet.
Légumes verts (tous), poissons gras (sardines, maquereau, saumon), viandes blanches, œufs, légumineuses, herbes aromatiques pour remplacer le sel, huile d'olive en quantité raisonnable, oléagineux (amandes, noix : une petite poignée par jour).
1. Les sodas et jus de fruit : du sucre pur, sans aucun intérêt.
2. La charcuterie : riche en sel et en graisses saturées.
3. L'alcool : fait monter tension ET glycémie.
4. La réglisse : fait monter la tension de façon directe. Même en bonbons.
Comment surveiller vos deux maladies à domicile
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1Prenez votre tension 3 fois matin et soir, 3 jours de suite : avant les médicaments. Vous devez être assis depuis 5 minutes. Notez chaque chiffre. → Méthode complète sur notre fiche HTA
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2Mesurer la glycémie à jeun le matin (si votre médecin vous l'a prescrit). Objectif : moins de 1,26 g/L.
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3Consulter tous les 3 mois minimum : pas quand vous avez mal quelque part. Régulièrement. C'est le seul moyen de détecter une dégradation avant qu'elle soit irréversible. Anticipez vos rendez-vous.
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4Bilan sanguin tous les 6 mois : HbA1c, créatinine, microalbuminurie, bilan lipidique. Ce sont ces chiffres qui disent si vos reins et votre cœur sont en train de se dégrader.
Vos questions fréquentes
Plus strict que pour quelqu'un qui n'a que de l'HTA : moins de 130/80 mmHg. Pas 140/90. 130/80. Vos reins et votre cœur ont besoin de cette protection supplémentaire.
Oui. Le risque d'infarctus est environ 4 fois plus élevé. Le risque d'insuffisance rénale chronique terminale est 8 fois plus élevé. Les deux maladies ensemble ne s'additionnent pas : elles se multiplient.
Oui, directement. Le sucre abîme les parois des artères. Les reins retiennent plus de sel et d'eau. La tension monte. C'est un cercle vicieux. C'est pour ça qu'il faut contrôler les deux en même temps.
Absolument : et c'est le vrai danger. L'HTA est silencieuse dans 70 % des cas. Le diabète peut passer inaperçu pendant des années. Une prise de sang et une mesure de tension chez votre médecin : c'est tout ce qu'il faut pour savoir.
Pour aller plus loin dans le dossier HTA
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→Fiche complète sur l'hypertension artérielle : définition, causes, traitements, automesure, nutrition. Le point de départ.
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→Glomérulonéphrite : quand HTA et diabète abîment les filtres du rein. Comprendre les atteintes rénales.
-
→Régime DASH : le régime alimentaire qui fait le plus baisser la tension.
-
→Observance patient : pourquoi on arrête son traitement, et ce que ça coûte vraiment.
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→Fiche HTA imprimable : à emporter chez votre médecin ou à donner à vos proches.
Sources et références
Recommandations officielles françaises
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HASStratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2
Haute Autorité de Santé : Recommandation de bonne pratique, juin 2024.
Consulter sur has-sante.fr → -
HASPrise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte
Haute Autorité de Santé : Recommandations, objectifs tensionnels et automesure.
Consulter sur has-sante.fr →
Sociétés savantes
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ESCESC Guidelines 2024 : Hypertension artérielle
European Society of Cardiology. Objectif tensionnel 120-129/70-79 mmHg. Diabète = indication au traitement dès 120/70 mmHg.
Synthèse ESC 2024 → -
SFDSociété Francophone du Diabète : Recommandations
Position 2023 sur les iSGLT2 et GLP-1 en prévention chez les patients à très haut risque cardiovasculaire.
Consulter sur sfdiabete.org → -
SFHTASociété Française d'HTA : HTA & diabète
Cibles tensionnelles chez le patient diabétique. Ne pas descendre sous 120/70 mmHg.
Consulter sur frhta.org →
Organisation mondiale de la santé (OMS)
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OMSCardiovascular diseases : WHO Fact Sheet
Traitement combiné HTA + diabète + dyslipidémie pour réduire le risque cardiovasculaire global.
Consulter sur who.int → -
OMSHypertension and Diabetes: Entry Points for Prevention and Control
Mendis S. et al., WHO Geneva : PubMed Central 2013. Association HTA + diabète + maladie rénale : approche combinée indispensable.
Lire sur PubMed Central →
Association de patients
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FFDFédération Française des Diabétiques
Fondée en 1938, reconnue d'utilité publique. 100 associations locales en France. Ligne Écoute Solidaire 7j/7 de 10h à 20h.
federationdesdiabetiques.org →
Ce contenu est un exemple de fiche pathologie rédigée par MediScribe selon les critères E-E-A-T. Relue et validée bénévolement par le Dr Christophe Grocholski, PH en Néphrologie, CH Fleyriat, Bourg-en-Bresse.
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