Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · Validation médicale par le Dr C. Grocholski, Praticien Hospitalier en néphrologie au CH de Bourg-en-Bresse
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La tension artérielle (ou pression artérielle) est la pression que le sang exerce sur les parois de vos artères à chaque battement du cœur. Elle est exprimée par deux chiffres :
On parle d'hypertension artérielle (HTA) quand ces chiffres dépassent 140/90 mmHg en consultation médicale, constatés à plusieurs reprises. En automesure à domicile, le seuil est plus strict : 135/85 mmHg.
17 millions d'adultes français sont hypertendus — soit un adulte sur trois. Parmi eux, 6 millions ne le savent pas. Et parmi ceux qui sont traités, 4 millions ne sont pas correctement contrôlés. L'HTA est responsable de plus d'un tiers des hospitalisations pour maladies cardiovasculaires ou rénales.
C'est la question que posent la plupart des patients au moment du diagnostic. Et la réponse est simple : l'hypertension artérielle ne fait pas mal. C'est pour ça qu'on l'appelle le "tueur silencieux".
Vous pouvez avoir une tension à 16/10 ou même 18/11 sans rien ressentir du tout. Et pendant ce temps, cette pression excessive abîme progressivement et silencieusement les parois de vos artères, votre cœur, vos reins, votre cerveau et vos yeux.
Certains symptômes peuvent parfois apparaître en cas d'HTA sévère : maux de tête (surtout le matin à la nuque), vertiges, bourdonnements d'oreilles, troubles visuels, saignements de nez. Mais l'intensité des symptômes n'est pas proportionnelle au niveau de pression — on peut avoir une tension très élevée sans aucun signe.
Puisqu'il n'y a pas de symptôme fiable, la mesure régulière de la tension est le seul moyen de détecter une HTA. La Haute Autorité de Santé recommande une mesure au minimum tous les 5 ans à partir de 18 ans, et une fois par an après 40 ans.
Non. L'hypertension n'est pas une faute. Elle résulte d'une combinaison de facteurs sur lesquels vous avez eu plus ou moins de contrôle.
Dans 90 à 95 % des cas, il s'agit d'une HTA essentielle (ou primaire) : sans cause unique identifiable. Dans 5 à 10 % des cas, l'HTA est secondaire à une autre maladie — rénale, surrénalienne, thyroïdienne — ou à certains médicaments.
“La surconsommation de sel est de manière générale dangereuse pour votre santé. Le sel nuit au maintien d'une bonne fonction rénale et joue défavorablement sur votre tension artérielle. Supprimer le sel de votre alimentation est vivement conseillé.” — Dr Christophe Grocholski, néphrologue
C'est la question centrale. L'hypertension non traitée ou mal contrôlée est un facteur de risque majeur pour plusieurs maladies graves :
Un traitement antihypertenseur bien suivi réduit le risque d'AVC de 35 à 40 % et le risque d'infarctus de 20 à 25 %. Le traitement ne supprime pas le risque, il le ramène à un niveau proche de celui d'une personne non hypertendue.
Source : HAS — Prise en charge de l'HTA de l'adulte · The Lancet 2021 — Global burden of hypertension
Le traitement de l'HTA repose sur deux piliers complémentaires qui ne s'excluent pas : les mesures hygiéno-diététiques et, si nécessaire, les médicaments.
Elles sont toujours recommandées, que vous preniez des médicaments ou non. Elles peuvent parfois suffire à normaliser une tension légèrement élevée. Selon le Dr Christophe Grocholski, néphrologue:
Veillez à bien suivre ces recommandations. Le non-respect de ces indications peut entraver l'effet des médicaments anti-hypertenseurs, s'ils vous sont prescrits.
Si les mesures seules sont insuffisantes — ou si la tension est trop élevée pour attendre — un traitement médicamenteux est prescrit. Il existe cinq grandes classes :
IEC (inhibiteurs de l'enzyme de conversion) — Ramipril, Périndopril… Protègent aussi les reins.
ARA II / sartans — Losartan, Valsartan… Alternative aux IEC, même action protectrice sur les reins.
Inhibiteurs calciques — Amlodipine, Félodipine… Dilatent les artères.
Diurétiques thiazidiques — Hydrochlorothiazide, Indapamide… Éliminent le sel et l'eau en excès.
Bêta-bloquants — Bisoprolol, Nébivolol… Ralentissent le cœur et réduisent sa force de contraction.
Le traitement est souvent une combinaison de 2 ou 3 médicaments. L'objectif tensionnel habituel est inférieur à 140/90 mmHg, voire 130/80 mmHg chez les patients à haut risque cardiovasculaire (diabétiques, insuffisants rénaux).
L'alimentation est l'un des leviers les plus efficaces contre l'hypertension. Le régime le plus documenté est le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), qui peut faire baisser la tension de 8 à 14 mmHg.
Un régime sans sel strict (suppression totale du sel) n'est pas recommandé en dehors d'une hospitalisation pour poussée hypertensive sévère. L'objectif est une réduction raisonnée des apports, pas une suppression totale. Si vous avez un doute sur votre alimentation, demandez à être orienté vers un diététicien spécialisé.
Pour aller plus loin : NEJM — DASH dietary pattern and blood pressure (Sacks et al.)
L'hypertension artérielle est une maladie qui peut impliquer plusieurs spécialistes selon votre situation. Voici qui fait quoi :
L'hypertension artérielle est un facteur de risque majeur pour un ensemble de maladies. Voici les pathologies secondaires les plus fréquentes auxquelles vous pouvez être exposé :
Infarctus du myocarde — obstruction d'une artère coronaire · AVC ischémique ou hémorragique — première cause d'AVC en France · Insuffisance cardiaque — le cœur s'épuise à travailler contre une pression trop haute · Artériopathie des membres inférieurs (AOMI) — douleurs à la marche par manque de sang dans les jambes
Néphrosclérose hypertensive — lésion progressive des petits vaisseaux du rein · Glomérulonéphrite — inflammation des filtres rénaux pouvant être causée ou aggravée par l'HTA · Insuffisance rénale chronique — l'HTA est l'une des deux premières causes d'insuffisance rénale terminale en France
→ Lire notre fiche complète sur la glomérulonéphrite
Rétinopathie hypertensive — atteinte des vaisseaux de la rétine pouvant menacer la vision · Hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) — épaississement du muscle cardiaque · Démence vasculaire — l'HTA est un facteur de risque de déclin cognitif et de démence
C'est la question que tout patient se pose un jour. Et la réponse est non — du moins pas sans en parler d'abord à votre médecin.
Si votre tension est revenue à des valeurs normales, c'est parce que le traitement fonctionne. Ce n'est pas parce que la maladie a disparu. Le jour où vous arrêtez le traitement, la tension remonte — souvent en quelques jours — et le risque cardiovasculaire réaugmente avec elle.
Les bêta-bloquants, les inhibiteurs calciques et certains diurétiques ne s'arrêtent jamais brutalement. Un arrêt brutal peut provoquer un rebond tensionnel sévère ou des troubles du rythme cardiaque. Si vous souhaitez modifier votre traitement pour n'importe quelle raison, parlez-en toujours à votre médecin en premier.
→ Pourquoi l'observance thérapeutique est cruciale — notre fiche complète
L'automesure tensionnelle est fortement recommandée par tous les cardiologues. Elle permet d'éviter l'effet "blouse blanche" (tension qui monte par stress en consultation) et de détecter une hypertension masquée (normale en consultation, élevée à domicile). L'automesure à domicile vous permettra de vérifier régulièrement que votre tension reste sous contrôle, que ce soit par vos règles diététiques ou grâce à votre traitement.
La méthode validée, dite règle des 3 :
Notez tous les résultats et apportez-les à votre prochain rendez-vous. Votre médecin fait la moyenne des mesures pour évaluer votre tension réelle.
Choisissez un tensiomètre de bras (pas de poignet), validé cliniquement selon le protocole ISO 81060-2. La liste des appareils validés est disponible sur le site de la Fondation HTA. Le brassard doit être adapté à votre tour de bras.
Elle est fortement influencée par la génétique. Si vos deux parents sont hypertendus, votre risque de l'être est multiplié par deux à trois. Mais les facteurs environnementaux et d'hygiène de vie jouent un rôle aussi important — et vous pouvez agir dessus.
L'hypertension gestationnelle et la pré-éclampsie sont des formes spécifiques qui nécessitent une surveillance renforcée. Certains médicaments antihypertenseurs sont contre-indiqués pendant la grossesse (IEC et ARA II notamment). Si vous êtes enceinte ou que vous envisagez une grossesse, signalez votre HTA à votre obstétricien dès le début du suivi.
Oui — et c'est même fortement recommandé. L'activité physique aérobie régulière (marche, natation, vélo, danse) réduit la tension de 4 à 8 mmHg. En revanche, les sports de force intense (haltérophilie lourde, musculation en apnée) sont à discuter avec votre cardiologue car ils élèvent transitoirement la pression de façon importante.
Certains médicaments antihypertenseurs (diurétiques, IEC, ARA II) peuvent provoquer une déshydratation et une insuffisance rénale lors d'une forte chaleur. Si une canicule est annoncée, contactez votre médecin pour savoir si votre traitement doit être temporairement adapté. Ne l'arrêtez jamais de vous-même sans avis médical.
Ces cas cliniques sont des situations fictives représentatives de ce que rencontrent les médecins en pratique courante. Ils ont pour but d'illustrer, pas de remplacer un avis médical.
Michel vient consulter pour un rhume. Sa tension est prise par réflexe : 162/98 mmHg. Il n'a aucun symptôme. Bilan réalisé : légère élévation de la créatinine, pas d'atteinte cardiaque. Diagnostic : HTA essentielle stade 2 avec début d'atteinte rénale.
Prise en charge : régime hyposodé + marche 30 min/j + prescription d'un IEC (Ramipril 5 mg). Objectif tensionnel : 130/80 mmHg. Suivi créatinine à 1 mois. À 6 mois, tension à 128/82 mmHg, créatinine stable. Michel est contrôlé — à condition de ne pas arrêter son traitement.
Ce type de présentation est documenté dans les recommandations HAS 2016 sur la prise en charge de l'HTA.
Sylvie est traitée depuis 10 ans pour une HTA. Sa tension reste à 158/96 mmHg malgré 3 médicaments (IEC + inhibiteur calcique + diurétique). Bilan : insuffisance rénale chronique stade 3a (DFG à 52 ml/min/1,73m²), protéinurie à 0,8 g/24h. Elle est adressée au néphrologue.
Prise en charge : ajout d'un antagoniste des récepteurs aux minéralocorticoïdes + régime hyposodé strict (inférieur à 3g/j) + consultation diététicien. Objectif tensionnel abaissé à "inférieur à 130/80 mmHg". Suivi néphrologique trimestriel. La réduction de la protéinurie est l'objectif secondaire clé pour ralentir la progression rénale.
L'HTA est la 2e cause d'insuffisance rénale terminale en France — Rapport annuel REIN 2022. Pour en savoir plus sur les atteintes rénales de l'HTA : → notre fiche glomérulonéphrite.
Ce contenu est un exemple de fiche pathologie rédigée par MediScribe selon les critères E-E-A-T. La fiche est relue et validée bénévolement par le Docteur C. Grocholski, Praticien Hospitalier en Néphrologie au Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse.
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