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Asthme : formes, diagnostic, traitements et carnet de suivi

Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients adultes, aux parents d'enfants asthmatiques et aux adolescents · Relecture par un pneumologue ou un allergologue recommandée avant diffusion institutionnelle

Sifflements, essoufflement, toux qui traîne la nuit : l'asthme prend des formes différentes selon l'âge et la personne. Cette fiche explique comment il se diagnostique, ce que montrent réellement les examens (sans vous faire peur), quels traitements existent, et comment reconnaître une crise avant qu'elle ne devienne grave. Une version enfant et une version adulte sont distinguées à chaque étape utile, avec un carnet de suivi à imprimer.

C'est quoi, l'asthme, exactement ?

En bref : l'asthme est une inflammation chronique des bronches. Même quand vous vous sentez bien, l'inflammation est présente en fond. Certains déclencheurs font réagir les bronches de façon excessive : elles se resserrent, gonflent et produisent du mucus, ce qui gêne le passage de l'air.

Vos bronches sont des tubes qui conduisent l'air jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Chez une personne asthmatique, la paroi de ces bronches est inflammée en permanence, et particulièrement sensible (on parle d'hyperréactivité bronchique). Face à un déclencheur, trois phénomènes se combinent : les muscles qui entourent les bronches se contractent (bronchospasme), la paroi interne gonfle (œdème), et du mucus épais est produit en excès. Résultat : l'air passe moins bien, surtout à l'expiration, ce qui explique le sifflement caractéristique.

  • 1
    Les sifflements (sibilants) : un son aigu à l'expiration, parfois audible sans stéthoscope lors d'une crise.
  • 2
    L'essoufflement : difficulté à respirer normalement, surtout à l'effort ou en position allongée.
  • 3
    L'oppression thoracique : sensation de poids ou de serrement sur la poitrine.
  • 4
    La toux sèche : souvent nocturne, ou déclenchée par le rire, le froid, l'effort. Chez certaines personnes, la toux est le seul symptôme visible, ce qui retarde parfois le diagnostic.

Quelles sont les différentes formes d'asthme ?

En bref : l'asthme allergique domine chez l'enfant, l'asthme non allergique et l'asthme d'apparition tardive sont plus fréquents chez l'adulte. Ces formes se traitent différemment, d'où l'importance d'un diagnostic précis, pas seulement d'un diagnostic d'asthme "en général".
  • 1
    Asthme allergique : déclenché par des allergènes précis (acariens, pollens, poils d'animaux, moisissures). C'est la forme la plus fréquente chez l'enfant et l'adulte jeune, souvent associée à un eczéma ou une rhinite allergique.
  • 2
    Asthme non allergique : sans allergène identifié, déclenché plutôt par les infections virales, le stress, les changements de température, certains irritants. Plus fréquent chez l'adulte, en particulier après 40 ans.
  • 3
    Asthme d'effort : les symptômes apparaissent pendant ou juste après un exercice physique, surtout par temps froid et sec. Il peut exister seul ou s'ajouter à une autre forme d'asthme.
  • 4
    Asthme professionnel : déclenché ou aggravé par une exposition au travail (farine, isocyanates, latex, produits de nettoyage). Sa reconnaissance en maladie professionnelle ouvre des droits spécifiques.
  • 5
    Asthme sévère : environ 5 % des asthmatiques (Inserm, 2023), mal contrôlé malgré un traitement de fond bien pris et bien conduit. Il relève d'une prise en charge spécialisée, parfois par biothérapie. Le rapport GINA 2026 ajoute deux options : le dépémokimab, une injection tous les 6 mois environ, et un premier biosimilaire de l'omalizumab. Leur accès en France dépend des autorisations et du remboursement.

Qu'est-ce qui déclenche une crise d'asthme ?

En bref : les déclencheurs varient beaucoup d'une personne à l'autre. Les identifier précisément aide à les éviter quand c'est possible, et à mieux anticiper les périodes à risque.
  • 1
    Les infections virales : rhume, grippe, bronchiolite chez le nourrisson. Le déclencheur le plus fréquent de crise, à tout âge.
  • 2
    Les allergènes : acariens (literie, moquette), pollens (saisonniers), poils d'animaux, moisissures dans les logements humides.
  • 3
    L'effort physique, surtout intense et par air froid et sec.
  • 4
    La pollution atmosphérique et les irritants domestiques (parfums d'intérieur, produits ménagers, peintures fraîches).
  • 5
    Le tabac, actif ou passif. C'est un déclencheur et un facteur aggravant documenté, sans lien avec la volonté ou la responsabilité personnelle : la dépendance au tabac est une maladie à part entière. Si vous fumez, des solutions existent pour vous accompagner, sans jugement : Tabac Info Service (3989, gratuit) ou votre médecin traitant peuvent vous orienter vers un sevrage adapté à votre rythme.
  • 6
    Le reflux gastro-œsophagien : chez certains patients, l'acidité remontant vers l'œsophage irrite les voies respiratoires et aggrave l'asthme, en particulier la toux nocturne.
  • 7
    Le stress et les émotions fortes : ils n'inventent pas l'asthme, mais peuvent déclencher ou aggraver une crise chez une personne déjà asthmatique.
  • 8
    Certains médicaments : aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens chez une minorité de patients sensibles, bêta-bloquants dans certains cas.

Quels examens pour diagnostiquer l'asthme ?

En bref : aucun de ces examens n'est douloureux. Ils mesurent seulement votre souffle. La spirométrie est l'examen de référence à partir de 5 à 6 ans, quand l'enfant est en âge de comprendre et suivre la consigne de souffle.

La spirométrie

C'est l'examen de référence. Vous soufflez fort et longtemps dans un embout relié à un appareil, qui mesure le volume d'air que vous expirez et la vitesse à laquelle il sort. L'examen dure une dizaine de minutes, se répète 3 fois pour fiabiliser la mesure, et ne fait absolument pas mal. Il peut donner une sensation de tête qui tourne quelques secondes, sans danger.

Souvent, l'examen est refait après inhalation d'un bronchodilatateur (test de réversibilité) : si le souffle s'améliore nettement après ce médicament, cela confirme que le rétrécissement des bronches est réversible, caractéristique de l'asthme.

Le débitmètre de pointe (peak-flow)

Un petit appareil portable et peu coûteux, utilisable à la maison. Vous soufflez d'un coup sec dedans, il affiche un chiffre (en litres par minute) qui reflète votre souffle du moment. Utilisé en suivi quotidien, il permet de repérer une dégradation avant même de ressentir des symptômes, un peu comme un thermomètre pour les bronches.

Les tests allergologiques

Les prick-tests consistent à déposer une petite goutte de chaque allergène testé sur l'avant-bras, puis à piquer légèrement la peau à travers la goutte avec une pointe fine, sans saigner. Si vous êtes allergique à cet allergène, une petite boursouflure apparaît en 15 à 20 minutes, comme une piqûre de moustique. C'est rapide, peu désagréable, et donne un résultat immédiat pour plusieurs allergènes à la fois. Un dosage sanguin des IgE spécifiques peut compléter ou remplacer ces tests dans certaines situations (eczéma étendu, jeune âge, traitement antihistaminique en cours).

Le FeNO (oxyde nitrique exhalé)

Un examen simple et indolore : vous soufflez régulièrement dans un embout pendant environ 10 secondes. L'appareil mesure la quantité d'oxyde nitrique dans votre souffle, un marqueur de l'inflammation des bronches. Utile pour confirmer le diagnostic et ajuster le traitement de fond dans certains cas.

La radiographie thoracique

Elle n'est pas systématique pour diagnostiquer un asthme, mais sert à éliminer une autre cause aux symptômes (infection, corps étranger inhalé chez le jeune enfant, autre maladie pulmonaire). Un thorax normal n'exclut pas un asthme.

L'asthme est-il différent chez l'enfant et l'adulte ?

Chez l'enfant

Avant 3 ans, on ne parle pas encore officiellement d'asthme mais de "bronchiolites à répétition" ou de "sifflements récidivants", car les bronches très fines de cette période sifflent facilement lors de simples rhumes, sans devenir asthmatiques pour autant. Le diagnostic d'asthme devient plus solide quand les épisodes se répètent, surviennent en dehors des infections (au contact d'un animal, à l'effort, la nuit), et qu'il existe un terrain familial ou personnel allergique (eczéma, rhinite).

La spirométrie devient fiable à partir de 5 à 6 ans, quand l'enfant comprend et suit la consigne de souffle. Avant cet âge, le diagnostic repose surtout sur l'histoire clinique racontée par les parents, l'examen du médecin, et parfois un test thérapeutique : on essaie un traitement de fond, et on observe s'il améliore les symptômes.

Chez l'adulte

L'asthme peut apparaître à tout âge, y compris tardivement après 40 ou 50 ans, souvent sous une forme non allergique. Chez l'adulte, la question du diagnostic différentiel avec la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) devient centrale, en particulier chez les fumeurs ou anciens fumeurs : les deux maladies peuvent coexister (asthme-BPCO overlap), ce qui complique le traitement et justifie un avis pneumologique précis.

Chez l'adulte, un asthme qui apparaît soudainement après 40 ans, sans antécédent allergique, mérite une recherche de cause associée : reflux gastro-œsophagien, exposition professionnelle, ou plus rarement une autre pathologie pulmonaire à éliminer par l'examen.

Quel traitement de fond pour l'asthme ?

En bref : le traitement de fond agit sur l'inflammation chronique, même en dehors des crises. Il se prend tous les jours, pas seulement quand ça va mal. C'est là que se joue le contrôle réel de la maladie, bien plus que dans le traitement de la crise elle-même.

Les recommandations internationales (GINA) organisent le traitement en paliers, du plus léger au plus intensif, ajustés selon le niveau de contrôle des symptômes.

PalierSituationTraitement type
1Symptômes très occasionnelsCorticoïde inhalé faible dose associé au bronchodilatateur pris à la demande
2Symptômes réguliers mais légersCorticoïde inhalé faible dose en traitement quotidien
3Symptômes plus fréquentsCorticoïde inhalé + bronchodilatateur de longue durée d'action, en un seul inhalateur
4Asthme mal contrôlé au palier 3Doses plus élevées, ajout possible d'un antileucotriène
5Asthme sévèreAvis spécialisé, biothérapie ciblée selon le profil inflammatoire

Chez l'adulte et l'adolescent, le rapport GINA 2026 privilégie un seul inhalateur qui associe un corticoïde à faible dose et du formotérol. Aux paliers 1 et 2, il se prend seulement à la demande, quand les symptômes apparaissent. Aux paliers suivants, il se prend chaque jour et sert aussi de traitement de secours. Ce schéma réduit le risque de crise grave par rapport aux traitements qui reposent sur le seul bronchodilatateur de courte durée d'action. Votre médecin choisit le schéma adapté à votre situation.

Le passage d'un palier à l'autre se décide avec le médecin, généralement après réévaluation du contrôle sur plusieurs semaines. L'objectif est toujours le palier le plus bas possible qui maintient un bon contrôle, pour limiter l'exposition cumulée aux traitements. Un asthme bien contrôlé pendant plusieurs mois peut permettre de redescendre d'un palier, jamais de façon spontanée sans avis médical.

Corticoïdes inhalés : une inquiétude fréquente, une réponse simple

Beaucoup de patients, et beaucoup de parents, s'inquiètent de donner "des corticoïdes" au long cours. À dose inhalée et bien utilisée, l'effet reste local sur les bronches, avec un passage dans le reste du corps très limité, sans comparaison avec un corticoïde oral. Rincez-vous la bouche et recrachez l'eau après chaque prise : avaler l'eau de rinçage fait passer des résidus de corticoïde dans le système digestif, ce qui contredit l'intérêt d'une action purement locale. Ce geste limite aussi les effets locaux (candidose buccale, voix rauque). Un traitement de fond bien pris expose à beaucoup moins de risques qu'un asthme mal contrôlé au long cours.

Comment bien utiliser son inhalateur ?

En bref : jusqu'à 8 patients sur 10 n'utilisent pas correctement leur inhalateur, selon le rapport GINA 2026. Un traitement de fond bien choisi mais mal inhalé perd une grande partie de son effet. La technique compte autant que la molécule.

Aérosol-doseur (spray) chez l'adulte

  • 1
    Secouez l'inhalateur juste avant la bouffée, puis expirez à fond, loin de l'embout, pour vider vos poumons avant la prise.
  • 2
    Placez l'embout entre les lèvres, bien serré, et déclenchez une bouffée en même temps que vous commencez à inspirer lentement et profondément.
  • 3
    Continuez à inspirer jusqu'à remplir complètement les poumons.
  • 4
    Bloquez votre respiration 10 secondes pour laisser le médicament se déposer dans les bronches, puis expirez doucement.
  • 5
    Attendez 30 secondes avant une deuxième bouffée si elle est prescrite, et secouez de nouveau l'inhalateur juste avant. Selon le rapport GINA 2026, un inhalateur laissé au repos, même 30 secondes, peut délivrer une dose trop forte ou trop faible.

Une chambre d'inhalation (avec ou sans masque) simplifie et fiabilise ce geste à tout âge : elle supprime le besoin de synchroniser parfaitement le déclenchement et l'inspiration, et réduit le dépôt du produit dans la bouche et la gorge.

Le mauvais geste le plus fréquent : déclencher la bouffée puis inspirer trop vite, ou avaler l'air au lieu d'inspirer. Dans les deux cas, l'essentiel du médicament reste dans la bouche au lieu d'atteindre les bronches. Demandez à votre médecin, votre pharmacien ou votre infirmier de vérifier votre geste au moins une fois : c'est rapide, et souvent révélateur.

Comment reconnaître une crise d'asthme grave ?

Appelez le 15 sans attendre si :

La respiration reste difficile malgré 2 bouffées de bronchodilatateur répétées à 10 minutes d'intervalle, si parler ou marcher devient difficile, si les lèvres ou le bout des doigts bleuissent, si la personne est épuisée par l'effort de respirer, ou chez l'enfant si le ventre "se creuse" sous les côtes à chaque respiration. Ces signes indiquent une crise sévère qui nécessite une prise en charge en urgence.

Le 15 (SAMU) reste le numéro de référence en France. Le 112, numéro d'urgence européen, fonctionne aussi depuis un mobile, y compris à l'étranger. Pour les personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques, le 114 est accessible par SMS ou visio.

Le traitement de secours dépend de ce que votre médecin a prescrit. Le plus souvent, c'est un bronchodilatateur de courte durée d'action (salbutamol) : il détend rapidement les muscles autour des bronches. Utilisé avec une chambre d'inhalation, il est plus efficace, en particulier chez l'enfant, car cela permet de mieux synchroniser l'inspiration avec la diffusion du médicament.

Chez l'adulte et l'adolescent, le rapport GINA 2026 préfère comme traitement de secours un inhalateur qui associe un corticoïde et du formotérol. Si c'est votre cas, suivez les doses de votre plan d'action écrit. Le même rapport rappelle qu'à partir de 6 ans, un bronchodilatateur seul, sans corticoïde inhalé, n'est plus recommandé pour traiter l'asthme.

  • 1
    Face à une gêne légère à modérée : 2 à 4 bouffées de bronchodilatateur, à répéter si besoin après 10 à 20 minutes, ou la dose prévue par votre plan d'action. Rester au calme, en position assise plutôt qu'allongée.
  • 2
    Si l'amélioration est nette : surveiller les heures suivantes et reprendre contact avec le médecin traitant dans les jours qui suivent. Selon le rapport GINA 2026, une seule crise qui a demandé des soins en urgence ou des corticoïdes en comprimés suffit pour revoir le traitement de fond.
  • 3
    Si la gêne persiste ou s'aggrave malgré le traitement : consulter en urgence, ne pas attendre le lendemain.
Le plan d'action personnalisé

Beaucoup de médecins remettent un plan d'action écrit, avec des zones de couleur selon le niveau de contrôle : ce document est précieux, en particulier pour l'école ou la crèche d'un enfant asthmatique. Demandez-le si vous n'en avez pas. Ce plan doit être rédigé et signé avec votre médecin traitant ou votre pneumologue, pas rempli seul : il fixe vos doses de secours et vos seuils d'alerte personnels, propres à votre traitement.

Zone verte : bien contrôlé, traitement habituel
Zone orange : symptômes présents, augmenter selon le plan prévu
Zone rouge : signes de gravité, traitement de secours et appel médical immédiat

Que noter dans son carnet de suivi de l'asthme ?

En bref : noter son débit de pointe, ses symptômes et ses éventuelles crises sur plusieurs semaines donne à votre médecin une image bien plus fiable qu'un souvenir approximatif en consultation.

Carnet de suivi hebdomadaire

À noter chaque jourLunMarMerJeuVenSamDim
Débit de pointe matin
Débit de pointe soir
Symptômes dans la journéeO/NO/NO/NO/NO/NO/NO/N
Réveil nocturneO/NO/NO/NO/NO/NO/NO/N
Bronchodilatateur prisO/NO/NO/NO/NO/NO/NO/N
Traitement de fond prisO/NO/NO/NO/NO/NO/NO/N

Journal des crises

À remplir à chaque épisode notable, même léger : la répétition est une information en soi.

DateDéclencheur repéréIntensité /10Traitement prisConsultation ?

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Comment vivre avec l'asthme au quotidien ?

  • 1
    Le sport : recommandé, y compris à haut niveau, avec un traitement de fond adapté. Un échauffement progressif et parfois deux bouffées de bronchodilatateur 15 minutes avant l'effort préviennent l'asthme d'effort.
  • 2
    L'école et la crèche : un projet d'accueil individualisé (PAI) permet de laisser un traitement de secours sur place et d'informer l'équipe encadrante des gestes à faire en cas de crise.
  • 3
    La literie et le logement : housses anti-acariens, aération quotidienne, limitation de l'humidité réduisent l'exposition aux allergènes les plus fréquents.
  • 4
    La vaccination : le vaccin contre la grippe, chaque année, est recommandé pour toute personne asthmatique de plus de 6 mois, car les infections virales sont le principal déclencheur de crise. Le vaccin contre le pneumocoque est recommandé en cas d'asthme sévère, et pour toutes les personnes de 65 ans et plus depuis avril 2025 (Vaccination Info Service, 2026).
  • 5
    Le tabac : arrêter de fumer, ou éviter l'exposition à la fumée d'un proche, est important pour mieux contrôler l'asthme (OMS, 2026). Personne ne vous le reproche : arrêter reste un levier d'action parmi d'autres, à votre rythme et avec de l'aide si besoin.

Asthme ou BPCO : comment faire la différence ?

En bref : la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche surtout les fumeurs ou anciens fumeurs après 40 ans, avec une obstruction bronchique moins réversible que l'asthme. Les deux maladies peuvent coexister chez la même personne.

L'asthme est le plus souvent réversible sous traitement, avec des symptômes qui varient dans le temps, parfois absents pendant des semaines. La BPCO, elle, est une obstruction bronchique progressive et en grande partie irréversible, presque toujours liée au tabagisme, avec un essoufflement qui s'installe durablement, en particulier à l'effort. La spirométrie avec test de réversibilité permet de distinguer les deux : une amélioration nette après bronchodilatateur oriente vers l'asthme, une amélioration faible ou absente oriente vers la BPCO. Chez un fumeur de plus de 40 ans qui souffle mal, les deux hypothèses doivent être évaluées par un pneumologue, sans opposer l'une à l'autre : elles coexistent chez une partie des patients.

Que faut-il retenir sur l'asthme ?

  • →
    L'asthme est une inflammation chronique des bronches, présente même quand vous vous sentez bien.
  • →
    La spirométrie ne fait pas mal : elle mesure seulement votre souffle.
  • →
    Le traitement de fond, pris tous les jours, compte davantage que le traitement de la crise pour le contrôle réel de la maladie.
  • →
    Un plan d'action écrit, avec ses zones de couleur, aide à réagir vite et bien face à une crise.
  • →
    Bien contrôlé, l'asthme n'empêche ni le sport, ni une vie normale, à tout âge.

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Quiz à imprimer : connaissez-vous bien l'asthme ?

Quiz : connaissez-vous bien l'asthme ?

Cochez « vrai » ou « faux ». Les réponses sont en bas. Ce quiz sert aussi en atelier d'éducation thérapeutique.

  1. L'inflammation des bronches disparaît quand je n'ai plus de symptômes.
    VraiFaux
  2. La spirométrie fait mal.
    VraiFaux
  3. Le rhume et la grippe sont les déclencheurs de crise les plus fréquents.
    VraiFaux
  4. Je peux soigner mon asthme seulement avec mon inhalateur de secours.
    VraiFaux
  5. Après mon corticoïde inhalé, je me rince la bouche et je recrache l'eau.
    VraiFaux
  6. Il faut secouer l'aérosol-doseur juste avant chaque bouffée.
    VraiFaux
  7. Mes lèvres deviennent bleues et j'ai du mal à parler : j'appelle le 15.
    VraiFaux
  8. Une personne asthmatique doit éviter le sport.
    VraiFaux
  9. Une crise qui m'a conduit aux urgences n'a pas d'importance si je vais mieux ensuite.
    VraiFaux
  10. Mon asthme va bien depuis des semaines : j'arrête seul mon traitement de fond.
    VraiFaux
Voir les réponses
  1. Faux. Elle reste présente en fond, même quand vous vous sentez bien. Le traitement de fond se prend donc tous les jours.
  2. Faux. Vous soufflez fort dans un embout. La tête peut tourner quelques secondes, sans danger.
  3. Vrai. Les infections virales sont le premier déclencheur, à tout âge. Le vaccin contre la grippe est recommandé chaque année.
  4. Faux. À partir de 6 ans, un bronchodilatateur seul, sans corticoïde inhalé, n'est plus recommandé. Le traitement de fond calme l'inflammation et réduit le risque de crise grave.
  5. Vrai. Ce geste limite les effets dans la bouche, comme le muguet ou la voix rauque.
  6. Vrai. Si l'inhalateur reste au repos, même 30 secondes, la dose reçue peut être trop forte ou trop faible.
  7. Vrai. Ce sont des signes de crise grave. N'attendez pas.
  8. Faux. Le sport est recommandé quand l'asthme est bien contrôlé. Un échauffement progressif aide à prévenir l'asthme d'effort.
  9. Faux. Une seule crise de ce type suffit pour revoir le traitement de fond avec votre médecin, dans les jours qui suivent.
  10. Faux. Il est parfois possible de baisser le traitement d'un palier, mais toujours avec l'avis de votre médecin.

Quiz MediScribe, mediscribe.fr. Ce document ne remplace pas l'avis de votre médecin.

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

La spirométrie fait-elle mal ?

Non, la spirométrie n'est pas douloureuse. Elle consiste à souffler fort dans un embout relié à un appareil, plusieurs fois de suite. L'examen peut donner une sensation de tête qui tourne ou d'essoufflement temporaire, sans danger, qui disparaît en quelques secondes.

Un enfant qui siffle en respirant est-il forcément asthmatique ?

Non. Beaucoup de jeunes enfants sifflent lors des épisodes viraux sans devenir asthmatiques par la suite. Le diagnostic d'asthme se pose sur la répétition des épisodes, leur déclenchement en dehors des infections (effort, allergènes) et un terrain familial ou personnel allergique.

Peut-on faire du sport quand on est asthmatique ?

Oui, et c'est même recommandé. Un asthme bien contrôlé, avec un traitement de fond adapté et une bonne connaissance des mesures de prévention pour l'asthme d'effort, permet une pratique sportive normale, y compris à haut niveau.

Peut-on soigner son asthme avec le seul inhalateur de secours ?

Non. Le rapport GINA 2026 ne recommande plus, à partir de 6 ans, de traiter l'asthme avec un bronchodilatateur de courte durée d'action seul, sans corticoïde inhalé. Le traitement de fond agit sur l'inflammation des bronches et réduit le risque de crise grave. Si vous n'utilisez que votre inhalateur de secours, parlez-en à votre médecin.

Sur quelles sources s'appuie cette fiche ?

  • S
    Global Initiative for Asthma (GINA), Global Strategy for Asthma Management and Prevention, 2026 update, GINA, 2026. ginasthma.org/2026-gina-strategy-report
  • S
    Haute Autorité de Santé (HAS), Recommandations pour le suivi médical des patients asthmatiques adultes et adolescents, HAS, 2004 (mise à jour 2006). has-sante.fr
  • S
    Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), référentiels et information patient. splf.fr
  • S
    Fondation du Souffle, information et accompagnement des maladies respiratoires. fondationdusouffle.org
  • S
    Inserm, Asthme, dossier d'information, Inserm, 2023. inserm.fr/dossier/asthme
  • S
    Santé publique France, Vaccination Info Service, Grippe, mise à jour du 30 septembre 2026. vaccination-info-service.fr
  • S
    Santé publique France, Vaccination Info Service, Infections à pneumocoques, mise à jour du 1er janvier 2026. vaccination-info-service.fr
  • S
    Organisation mondiale de la santé (OMS), Asthma, fact sheet, OMS, 28 avril 2026. who.int

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