Néphrologie
Insuffisance rénale chronique — fiche patient
L'insuffisance rénale chronique (IRC), c'est quand les reins fonctionnent de moins en moins bien sur une longue durée. Les reins filtrent le sang et fabriquent l'urine : quand ils s'abîment, les déchets s'accumulent dans le corps. La maladie est progressive et souvent silencieuse pendant des années. Elle se détecte par des prises de sang.
Comment reconnaître insuffisance rénale chronique ?
- Souvent aucun symptôme aux stades 1 à 3
- Fatigue persistante et essoufflement à l'effort
- Gonflement des chevilles et des jambes (oedèmes)
- Tension artérielle élevée difficile à contrôler
- Urines mousseuses (protéines dans les urines)
- Urines en petite quantité ou très claires
- Démangeaisons cutanées (stades avancés)
- Nausées, perte d'appétit, crampes nocturnes (stades 4-5)
- Pâleur (anémie liée à l'IRC)
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose sur deux prises de sang répétées à au moins 3 mois d'intervalle : la créatininémie (taux de créatinine dans le sang, un déchet musculaire normalement éliminé par les reins) et le DFG (débit de filtration glomérulaire, calculé à partir de la créatinine, de l'âge et du sexe). Un DFG bas = les reins filtrent moins. L'analyse d'urine (protéinurie, hématurie) complète le bilan. Une échographie rénale évalue la taille et la forme des reins. Une biopsie rénale peut être nécessaire pour identifier la cause.
Comment évolue la maladie ?
L'IRC évolue lentement sur des années ou des décennies. Deux facteurs accélèrent la progression : l'hypertension artérielle non contrôlée et la protéinurie élevée. Sans prise en charge, les reins perdent progressivement leur capacité à filtrer jusqu'au stade terminal (DFG sous 15 mL/min), où la dialyse ou la greffe devient indispensable pour survivre. Certains patients restent stables au stade 3 pendant des années.
Quel est le pronostic ?
L'IRC est une maladie chronique, pas forcément une maladie qui évolue vers la dialyse. Avec un contrôle strict de la pression artérielle (cible < 130/80 mmHg), une réduction de la protéinurie (IEC ou ARA II), une alimentation adaptée et l'arrêt du tabac, beaucoup de patients restent à un stade stable pendant très longtemps. La néphroprotection, c'est le mot-clé : protéger les reins qui restent.
Quels sont les traitements de référence ?
Les médicaments néphroprotecteurs (IEC comme le ramipril, ou ARA II comme le valsartan) réduisent la protéinurie et ralentissent la progression. Les nouveaux médicaments (inhibiteurs SGLT2, finerenone) montrent aussi un effet protecteur. Le régime alimentaire est ajusté par une diététicienne : réduction du sel, du potassium et du phosphore aux stades avancés. La prise en charge des complications est essentielle : anémie (EPO, fer), os (vitamine D, phosphore), acidose (bicarbonate). Aux stades 4-5, la préparation à la greffe ou à la dialyse commence.
Ce que le patient doit surveiller
Consultez en urgence si vous présentez :
- Essoufflement brutal au repos
- Gonflement rapide du visage ou des membres
- Confusion, somnolence inhabituelle (urémie)
- Urines absentes depuis plus de 12 heures
- Douleur thoracique
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